
CHRONIQUE / REVIEW
Pymlico
Core

Releases information
Release date:
May 9, 2025
Format:
CD, Digital, Vinyl
Label:
From:
Apollon Records
Norvège / Norway
Thomas Szirmay - July 2025
8,7
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Voici donc déjà le huitième album pour ce projet instrumental norvégien mené par les frères BROTER, Oystein aux claviers et le batteur/multi-instrumentiste Arild qui, depuis 2011, se sont toujours entourés de la crème de la crème des artistes de leur pays natal. L'époque où l'on faisait constamment tourner le line-up est révolue, Pymlico dispose désormais d'une équipe permanente, inchangée par rapport à leur précédent album « Supermassive » de 2022, ce qui explique sûrement le titre « Core » réduisant ainsi toute dépendance vis-à-vis des besoins mercenaires.
Les deux guitares sont toujours une option des plus intéressantes et surtout lorsqu'elles sont parfaitement synchronisées (comme Wishbone Ash, Allman Brothers, Iron Maiden pour n'en nommer que quelques-uns). Les vétérans Stephan HVINDEN et Andreas Sjo ENGEN offrent une véritable démonstration sensorielle, encouragée par le bassiste Are NERLAND et le maestro du saxophone Robin Havem LOVOY, ce dernier apportant une forte touche jazzy à l'ensemble. Le percussionniste Oda RYDNING complète ce groupe homogène à la fois en studio et en concert. Huit titres d'exploration sonore, de plages cool et de solos chevronnés, le tout enveloppé dans une production aussi guilleret que l'air hivernal de Kirkenes.
Dès le début de « Welcome Back », la substantifique moelle est formée par une alliance rythmique de tambour et de piano, creusant un sillon mélodique exubérant, audacieusement exprimée par un saxophone qui respire autant la chaleur que la passion. Les guitares traînantes établissent le riff de souche, pour ensuite plonger dans une piscine d'introspection jazzy, menée par la basse haletante par sa fraîcheur. Et si vous aimez un bon saxophone, vous en sortirez ravi! Frais, joyeux et finalement engageant, c'est en effet une entrée en matière des plus fraternelle.
Une fois le moteur en marche, on se dirige vers l'autoroute avec « Ellipsis », virant dans des tournants serrés malgré un tempérament détendu, encore plus jazzy qu'auparavant, pour passer ensuite à la vitesse supérieure lorsque le groupe atteint l’éventuelle ligne droite. Comme une Saab turbo filant à haute vitesse de croisière sur une autostrade nordique, le voyage évolue inlassablement, en fonction de la géographie en constante évolution. La guitare électrique prend son heure de gloire au soleil, une vallée bluesy de subsistance émotionnelle avant d'appuyer une fois de plus sur l'accélérateur. La finale est d’une intrigante grandiloquence symphonique, des mellotrons hurlants à l'horizon, un bolide effréné et tonitruante, jusqu'au drapeau à damier.
L'ambiance devient colérique sur « Captain Teebs », où un rocker rauque muni de deux guitares brûlantes sculpte un arrangement plutôt « supermassif ». Pas pour les timides, car HVINDEN et ENGEN découpent en lambeaux le rideau de velours. Un autre accueil, mais différent.
Retour à une levée heavy-jazz plus expérimentale sur « Fair Play », alors que le groupe met en valeur ses compétences techniques innées, avec un barrage de prouesses instrumentales de chacun des membres, gardant tout le respect habituel pour les contrastes et le flux/ reflux, une incursion au saxophone outre-tombe qui atteint les aurores polaires que l'on peut visualiser régulièrement dans le Grand Nord. A la fois complexe, polyrythmique et véloce comme l'éclair.
Renforçant une dynamique mature déjà affichée, « Don't Do That » est exactement ce qu'ils font si bien, un collectif d'effort d'équipe qui peint la musique dans les airs, groovant quand a besoin de direction, jouant en solo là où c'est justifié, le bandit de cuivres LOVOY en écho faisant des merveilles pour le son car c'est l'instrument qui est le plus proche d'une voix. La section médiane du clavier électronique ressemble à de la transe, la base sur laquelle les deux guitaristes peuvent forger de nouvelles voies, brûlant d’une intensité vertigineuse. La basse de NERLAND garde le pouls agréable et serré.
Mon morceau préféré est sans aucun contredit « Point Nemo », car il prône de recréer une bande originale d’un film imaginaire, un scénario à la 007 qui suit un protagoniste dans la quête d'une solution finale à un problème court terme, la mélodie principale étant à la fois séduisante et ludique. Arild (dont l'album solo rendant hommage à Bond est un chef-d'œuvre) synchronise le tout parfaitement alors qu'il relance le rythme, les guitares à l’Aston Martin en plein délire (un DB7 peut-être) et le saxophone ravivant les images d'une olive dans un verre à martini.
Le morceau le plus long présenté est le « 221B » de 8 minutes, le clou du spectacle étant les percussifs opiniâtres rappelant Pierre MOERLEN et Didier MALHERBE du Gong vintage, tapissent l’intrusion d’un saxophone majestueux, une vive impression renforcée par des colorations de synthétiseur cosmiques et une ligne de basse bien lubrifiée, c'est vraiment une autre belle excursion victorieuse. On pourrait imaginer toute l'équipe à l’unisson, arrivant à l'avant de la scène, la finale du chœur proposant une fin meurtrière. Un chef-d'œuvre grandiose qui suit parfaitement la pièce précédente.
Peaufinant leur œuvre jusqu’à la dernière parcelle d'inspiration, le sublime « Done and Dusted » est sûrement le titre idéal pour faire tomber le rideau de velours sur une performance exemplaire. Une berceuse électronique rêveuse, montrant une sensibilité bien astucieuse, ainsi qu'une conscience du rythme, un pincement direct et affectueux au cœur, là où l'esprit reste immaculé. Le solo de guitare pointu devient une caresse aérienne sans effort, profondément romantique et sincère, à mesure qu'il gagne en volume et en intensité. Tout à fait magnifique, et sûrement un moment fort du concert en tant que rappel sans doute.
Encore une excellente prestation de ces talentueux musiciens norvégiens !
PISTES / TRACKS
- 1. Welcome Back (5:55)
2. Ellipsis (6:06)
3. Captain Teebs (5:28)
4. Fair Play (6:05)
5. Don't Do That (6:27)
6. Point Nemo (5:38)
7. 221B (8:03)
8. Done and Dusted (4:55)
Total Time 48:37
musiciens / musicians
- Øyvind Brøter / keyboards
- Stephan Hvinden / guitars
- Andreas Sjo Engen / guitars
- Are Nerland / bass
- Robin Havem Løvøy / saxophones
- Arild Brøter / drums, keyboards
- Oda Rydning / percussion