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CHRONIQUE / REVIEW

Babal

Let's Get Lucid

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Releases information

Release date:

November 27, 2023

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Melodic Revolution Records

Royaume-Uni / UK

Alain Bourguignon - December 2023

8,5

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Que les amoureux des définitions, de l’utilisation d’expressions ampoulées pour définir un genre, des classements dans des petites cases à l’instar des entomologistes, s’attendent à une certaine forme de déconvenue. BABAL déboule et c’est pour mettre les trop cartésiens esprits sens dessus-dessous, upside down. Affectionnant les mélanges détonants, les formules étonnantes, les passages détonants, le collectif, souvent sous forme de trio, se moque ouvertement des règles pour notre plus grand plaisir.

Ayant créé, de toutes pièces, un style qui leur est propre, les artistes articulent leur travail de composition – le plus souvent – comme suit : Les démos des impros sont stockées sur un enregistreur 8 pistes. Tout se fait en home studio. Rob, technicien à ce stade, isole le chant de Karen et la batterie de Jon. Sont alors ajoutés les divers arrangements (programmation, guitare, basse, synthés…) qui sont directement inspirés des textes et de la passion mise dans leur interprétation. Ce flux, cette vitalité, devient la force motrice avec ses fluctuations, méandres, variations de débit. Le flot inspirant est traité tel quel. Les pièces prennent alors l’aspect de paysages sonores, parfois cinématographiques, parfois énergiques et énervé. Plus rarement ; Karen écrit ses paroles sur la trame de Rob. Dans les deux cas, la symbiose est totale et porte des fruits goûteux depuis plus de 20 ans.

Pour Rob : « La musique est une énergie transformatrice où nous pouvons nous perdre dans un monde de vibrations allant du sublime au terrifiant. C’est ce que nous nous efforçons d’exploiter à travers ces moments - secondes, minutes, heures - d’improvisations en or ». Pour Karen les textes sont poétiques et ouverts. Il y est question de la condition humaine, la perte de soi-même (engloutis que nous sommes par la technologie), l’absurdité de la « normalité » …des pensées et des sentiments dont l’acuité peut nous échapper dans le brouillard du « progrès ».

« Let’s Get Lucid » est un titre fort bien adapté et exploité. L’intro musicale de Rob WILLIAMS et Jon SHARP est rejointe par Karen LANGLEY qui énonce le titre avant de louvoyer, serpenter au sein des étranges dédales des comportements addictifs mais évoque aussi la difficulté de vivre selon des valeurs conformistes. Un grand écart osé, particulier, mais pas pour eux, croyez-le. Ce labyrinthe musical de 20 minutes est fait pour égarer le néophyte. Ce n’est pas du RIO, ce n’est pas de la ZHEUL, mais c’est tout aussi interpellant et intéressant. « Learn to Entertain Yourself » se glisse ensuite sans avertir, si ce n’est par un changement de climat mais avec BABAL il faut être réactif. L’ambiance est plus posée, rêveuse, Psyché (les percussions fines et mystérieuses) avant de se transformer en musique de manège ou de cirque hanté (claviers en folie et guitare en délire).

Plus Rock « Radical » l’est assurément, mais en BABAL’s way ! Karen déclame ; « Joyeux noël ! Et une heureuse nouvelle année ; combien de temps dois-je rester assis ici ? Êtes-vous heureux de vous asseoir là, avec vos nouvelles chaussures, votre chapeau élégant et votre sac ? Je ne veux pas être comme ça ; Je veux être radicale. Quand arrête-t-on d’être radical ? Est-ce que ça vient avec l’âge ? Êtes-vous né pour penser différemment ? Quand retrouverez-vous la paix dans votre esprit ? Fini le colportage doux maintenant ; Je veux être radicale... » Elle nous emmène ensuite dans son univers étrange peuplé d’inconnus, confrontés aux exigences et aux commandements du monde des affaires. Une étrange ambiance jazzy mêlée d’Avant-Garde digne de Bertold BRECHT (Die Dreigroschenoper ou l’Opéra de de Quat’Sous sur une musique de Kurt WEILL) règne sur la pièce pour renforcer le phrasé excentrique et la passion sarcastique de Karen style grande époque. Le final, plutôt désordre, me laisse entendre quelque chose comme des bandes passées à l’envers. Un peu comme à la fin des années 60.
Dépaysement garanti avec « Going Home » qui secoue moins le coco. Les claviers en nappes douces et la guitare rêveuse forment un écrin confortable au chant posé, mélodieux, harmonisé. Il est ici question de sentiments de perte, de chagrin, d’espoir et de résurrection. Cette chanson a été écrite (Karen) après une dure épreuve personnelle, au bord de la mer. Très émotionnelle, cette composition clôture en douceur l’album.

Deux bonus nous sont offerts : « Radical Instrumental Mix » et « Going Home Voval Mix ». A ne pas négliger. BABAL est, décidément, un collectif qui ne circule que là où il n’y a ni route, li chemin, ni sentier. Et s’il faut tracer sa route en escaladant des clôtures cela ne les gêne pas. Aventurier de la musique, chercheurs audacieux, amateurs exigeants : ceci est pour vous!

PISTES / TRACKS

    1 Smoking With The Devil/Learn to Entertain Yourselves (20:19)
    2 Radical (09:52)
    3 Going Home (08:33)
    4 Radical - Instrumental Mix (09:05)
    5 Going Home - Vocal Mix (09:41)

Karen Langley - Vocals/arrangements
Rob Williams - Guitars, guitar synth, programming
Jon Sharp - Drums

musiciens / musicians

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