CHRONIQUE / REVIEW

Porcupine Tree

Closure / Continuation

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Releases information

Release date:

June 24, 2022

Format:

CD, Digital, Vinyl

Label:

From:

Music For Nations / Sony

Royaume-Uni / UK

Mario Champagne - July 2022

9,6

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Après treize ans d’absence, cette cultissime formation revient de façon inattendue pour le plus grand bonheur de ces fans, cependant, cette fois-ci sans Colin EDWIN à la basse. Sortie inespérée de cette 11e galette puisque WILSON, fort de ses succès, semblait nous avoir fait comprendre qu’il reléguait son penchant Prog aux oubliettes pour voguer sur des fréquences plus commerciales, ce qui lui valut quelques critiques acerbes lors de la sortie de son dernier « Future Bites » que j’ai trouvé pour ma part très satisfaisant et impeccable.

Un album qui s’est créé graduellement au fil du temps de leur longue absence, durant des séances d’expérimentation entre WILSON et HARRISON, pour le plaisir de créer, sans véritable orientation et objectif final de produire concrètement un album. En assemblant leurs essais et en faisant collaborer BARBIERI par-dessus cela avec sa magie des claviers, il en a résulté la musique de « Closure/Continuation », qui se maintient dans le style du groupe, en territoire connu, avec cette propension pour le Prog métal bien affirmée, mais avec une touche de raffinement qui origine probablement de l’expérience solo de WILSON.

Au moment d’écrire ces quelques lignes, l’album est déjà numéro un des ventes sur les chartes de plusieurs pays, une fierté pour les amateurs de Prog qui savent que leur style favori de musique n’est pas mort. Et ce n’est pas surprenant, car l’aura de ces surdoués brille par des mots simples lourds de sens. Qualité. Classe. Compétence. Profondeur. Qualité des compositions où dès la première écoute, certains titres mélodieux sonnent comme des nouveaux classiques. Classe par l’imbrication des styles, de l’acoustique à l’électro, de la Pop à la WILSON au Prog lourd, par les doses bien équilibrées de sonorités éclectiques, ajoutées avec délicatesse subtilement ici et là. Compétence au niveau de la production, de ce faiseur de son à la sainte oreille miraculeuse, qui a rafraîchi tant de monuments classiques, et qui balance et équilibre chaque note émise à la perfection. Profondeur des textes, qu’il faut lire, et surtout, ne pas se priver de se plaisir. Ajoutez à cela une variété d’ambiances, du sombre au plus lumineux.

Dès la mise en matière explosive d’«Harridan », cela balance grave en les deux écouteurs, grâce au jeu de WILSON sur la basse et la précision d’HARRISON sur les fûts, entre douceur et puissance dévastatrice, jusqu’aux harpies qui s’égosillent dans une ambiance inquiétante, il y a tout là-dedans pour satisfaire le mélomane qui pourrait y détecter par moment des croisement entre RUSH et KING CRIMSON. Et il y a cette voix impeccable de WILSON ! D’ailleurs dans la suivante, « Of The New Day », c’est l’atout majeur, qui fait tout sans faille, où encore une fois le suave est savamment servi avec une dose massive d’impétuosité orchestrale.

Le propos se fait politique sur « Rat Returns » pour souligner cette ère du retour des dictateurs par une performance Prog métal où le bonheur se trouve aussi dans tous les détails sonores électroniques qui encadrent la trame principale. Dans « Dignity », une voix d’ange survole les bruits de la cour d’école, suivi d’une performance à la guitare qui me rappelle le son de « The Grapes of Wrath », où un des beaux textes de cet album est déclamé mélodiquement. Pour ma part, le summum de cet album avec ses arrangements et superpositions de sonorités. Un son riche, délicat, éthéré, comme une dentelle. Une chanson comme il ne s’en fait plus. « Herd Culling » fascine à cause du travail de BARBIERI sur les claviers qui aligne différentes multi couches sonores éclectiques, alliées à des passages d’une puissance brutale.

Avec « Walk the Plank », l’univers du WILSON en mode solo prend le dessus. En mode électro, sans guitare, un monde mystérieux s’agite, plus sombre, sur des paroles désespérées où décidément les options sont limitées. Un titre qui sort du lot par son orientation électronique et son ton plus glauque, mais cela demeure extrêmement intéressant.

Pour conclure avec le CD simple, « Chimera's Wreck » avec son intro acoustique qui séduit, et ses chœurs qui enchantent même si l’humeur n’est pas des plus jubilatoires. Mais les frissons vont suivre, c’est garanti, avec le développement instrumental au milieu du titre. Si vous optez pour la version « Deluxe » Blu-ray, l’ensemble des pièces sont reprises en mode instrumental (pratique pour faire votre karaoké, ou pas !) avec trois excellents titres en bonus aux couleurs très différentes. « Population Three », une pièce instrumentale aux airs « crimsoniens » où l’inspiration n’a pas manquée. Dans « Never Have », le piano classique est à l’honneur, suivi d’un crescendo enjoué enlevant et hyper plaisant. A l’écoute de la dernière, « Love In The Past Tense », au ton plus léger, subtilement psychédélique dans un style très seventies, vous vous direz comme moi « Dommage que ces petits bijoux ne se retrouvent pas sur le CD simple ».

Avec « Closure/ Continuation », j’ai redécouvert PORCUPINE TREE avec une grande joie. Tout en restant dans les marges de leur univers, ils ont réussi encore une fois à en extraire une mouture très convaincante qui en fait un album essentiel. Un gros bloc cohérent à la production impeccable où chaque brique impressionne par sa justesse, par l’inventivité foisonnante dans les détails et par la qualité indéniable des interprètes. Fort à parier, (et pas besoin de jouir de pouvoirs divinatoires), que cet opus marquera les esprits longtemps et qu’il trônera dans le palmarès annuel des amateurs de musiques progressives. Tout ce que je peux nous souhaiter, pour la suite, c’est qu’ils nous fassent don de cadeaux similaires au cours des années qui vont suivre, car des œuvres comme cela font du bien ! Titres préférés: « Of The New Day », « Harridan », « Dignity » et « Chimera's Wreck ». Prenez note que l’album est aussi disponible au format cassette ! Bonne écoute !

PISTES / TRACKS

    1. Harridan (8:07)
    2. Of The New Day (4:43)
    3. Rats Return (5:40)
    4. Dignity (8:22)
    5. Herd Culling (7:03)
    6. Walk The Plank (4:27)
    7. Chimera’s Wreck (9:39)
    8. Population Three (bonus) (6:51)
    9. Never Have (bonus) (5:07)
    10. Love In The Past Tense (bonus) (5:49)
    11. Harridan (Intrumental) (8:07)
    12. Of The New Day (Intrumental) (4:43)
    13. Rats Return (Intrumental) (5:40)
    14. Dignity (Intrumental) (8:22)
    15. Herd Culling (Intrumental) (7:03)
    16. Walk The Plank (Intrumental) (4:27)
    17. Chimera’s Wreck (Intrumental) (9:39)

Steven WILSON - Vocals, Guitars & Bass, Piano, Synthesizers & Sampler
Richard BARBIERI – Keyboards, Synthesizers, Piano & Sound Processing
Gavin HARRISON - Drums & Percussion

musiciens / musicians