CHRONIQUE / REVIEW

M'Z

La Civilisation De La Graine

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Releases information

Release date:

June 24, 2022

Format:

Digital

Label:

From:

Luminol Records

France

Mario Champagne - September 2022

8,6

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Pour ceux qui connaissent Mathieu TORRES, alias M’Z, les expectations sont souvent grandes sachant le potentiel de délire qui sommeille dans cet homme-orchestre sans inhibition, doté d’une inspiration débordante et d’un humour musical guilleret. De sa folie vigoureuse, exultent des « patchworks » déments de bonnes idées où l'énergie n'est pas en mode économie, ce qui permet de mettre en porte-à-faux les propos pessimistes des oracles funestes qui sonnent la fin de l’abondance. Il faudrait donc en profiter dans cette ère d’anxiété permanente, car avec l’énergie contagieuse qui émane de sa guitare, on gagnerait à le brancher sur l’amorphe réseau nucléaire français afin que Mr TORRES le « booste » en énergie positive !

Le nouvel album entièrement instrumental est intitulé "La civilisation de la graine", et désolé si cela déçoit les lecteurs Québécois, le titre n’a aucune connotation sexuelle, en tout cas, je le souhaite ! Car M’Z explique qu’il a voulu faire réfléchir par ces envolées musicales sur les fondements des sociétés patriarcales qui s‘organisent en civilisations aux succès plus ou moins variables dans leurs fonctionnements. M’Z livre d’ailleurs sur sa page « Bandcamp » des explications songées sur ce qu’il veut livrer comme message pour chacune des pièces publiées. Je dois dire que pousser les gens à méditer sur ces aspects par l’entremise de passages musicaux est un sacré défi, et il n’est pas garanti que les auditeurs parviendront à se concentrer là-dessus tant la musique de M’Z risque de de leur brasser la cage, en mélangeant énormément de styles musicaux dont le jazz fusion, le progressif, le punk rock, la musique d’avant-garde, l’électronica et le « rock in opposition ». Malgré ce doute sur la réceptivité du message par l’auditoire, il ne faut pas se priver de sauter à pieds joints dans son univers déjanté.

Dois-je parler de délire ou de rébellion musicale ? Si on compare ce guitariste à d’autres individus de la scène française qui suivent des lignes très techniques dans leur jeu de guitare, on sent plutôt chez Mr TORRES, une urgence, un vent de liberté et d'aisance dans ses capacités continuelles d'égarement qui se traduisent par des coqs à l’âne surprenants et audacieux , où tout y passe, sans restriction, pour son plus grand plaisir, brandissant ostentatoirement sa plus belle carte de visite pamphlétaire et engagée, qui souhaite choquer, déranger et très certainement épater la galerie.

J’ai eu la chance d’écouter plusieurs albums de cet artisan, et je dois avouer que celui-ci est dans la gamme des très réussis. Huit titres aux personnalités variées dont six qui m’ont particulièrement plu et quelques surprises au passage. Il attaque avec « Des récits » dans une ambiance enchanteresse, jazzy, entre légèreté et lourdeur bien appliquées quand c'est le bon moment. Avec son intro plus que probante qui implante bien la nouvelle atmosphère voulue dans l'univers déjanté de celui-ci, il nous offre ainsi celle qui est la plus Prog à mon goût.

Avec « Edifions des temples absurdes », on a droit à des alignements de riffs improbables, qui font merveille. Chapeau, car il faut le rappeler, ce type fait cela tout seul. L'intérêt est maintenu tout au long de l’exercice malgré les multiples variations de tempos, du rythme badinant au punk destructeur survenant en insertions « flash », dans tout ce chaos de collage rythmique qui finit par bien faire sourire, et constitue vraiment l’outil idéal pour faire détaler en fin de soirée la visite qui ne veut pas partir ! J’adore cela pour sa folie et le coté absurde.

« Au confort de la mémoire qui sublime » surprend par son rythme plus calme et son atmosphère mélancolique, qui pointe dans une direction de normalité, qui pourrait nous laisser croire que la machine à espresso de TORRES était en panne cette journée-là, quoique des insertions scintillantes de claviers techno, nous rappelle que c'est un leurre ! L’ambiance se veut parfois « crimsonienne », avec une dose d’anxiété et d’angoisse bien mesurée.

Le titre « Assemblée populaire » poursuit dans cette veine « bluesy » sur fond techno, offrant un jazz fusion moderne et accessible, la guitare étant toujours aussi habile et volubile, et c’est livré avec tellement d’aisance, avec un son résolument moderne qu’on ne peut faire autrement que de se laisser happer. « La Spiritualité Marketing » fait penser à des titres de THE CULT et de THE MISSION au début, dans un style décidément plus rock pour cette déferlante dynamique. « Bureaucratie bémol » commence sur un ton martelé et par la suite on entre dans une phase expérimentale « patchwork » qui pourra se montrer ardue pour les non-initiés, mais la personnalité cabotine de M'Z refait surface et on se retrouve avec plaisir devant son vrai « lui ». Je dois avouer que depuis le début, j’avais trouvé qu’il faisait dans la modération et la maturité. Mais attention, la bête est de retour, libre et il ne fait pas de quartier !

Avec « Enquête « payenne » » (faut-il comprendre païenne ?), l’auditeur peut en profiter pour reprendre un peu son souffle, ou, en profitera pour se soigner les tympans. Mais la tentation métal toute « ronronnante » pointe du nez régulièrement dans cette salade fusion aux pointes folk discrètes. Pour terminer, « Ishtar Dance » s’ouvre sur une Prog métal saturé en vibrations et rebonds, comme une locomotive filant à fond de train, avec une subtile allure orientale glissée dans ce joyeux chaos.

Je crois vraiment que Mr TORRES nous livre là un excellent cru, où son talent indéniable de compositeur et de guitariste ne peut être remis en question par personne. D’ailleurs, existe-t-il en France un musicien qui passe autant de styles au tordeur pour en extraire un jus aussi engagé, percutant et dynamique ? Ce type est une machine à livrer du plaisir auditif, en autant que vous soyez dans un état réceptif pour recevoir cet électrochoc. De l’excellent travail Mr TORRES. Titres préférés : Les cinq premiers titres et « Ishtar Dance ». Je n’arrive pas à choisir, désolé ! « Play Loud » et bonne écoute !

PISTES / TRACKS

    1. Des récits (7:13)
    2. Édifions des temples absurdes (6:24)
    3. Au confort de la mémoire qui sublime (6:46)
    4. Assemblée populaire (6:52)
    5. La spiritualité marketing (7:24)
    6. Bureaucratie bémol (5:45)
    7. Enquête payenne (7:09)
    8. Ishtar dance (6:08)

Mathieu TORRES – All instruments

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