CHRONIQUE / REVIEW

Jonas Lindberg & The Other Side

Miles From Nowhere

AGHORA.jpg

Releases information

Release date:

February 18, 2022

Format:

CD, Vinyl, Digital

Label:

From:

Inside Out Music

Suède / Sweden

Serge Marcoux - February 2022

INTERVIEW HERE

9,1

Facebook_logo-7.png

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Dans le cadre de la relance prog des années 90 et ce, jusqu’à aujourd’hui, les groupes suédois ont joué un rôle important et nous devons une fière chandelle aux musiciens de ce pays. Pensons, notamment, à LANDBERK, GALLEON, ANEKDOTEN, THE FLOWER KINGS, OPETH et ANGLAGARD. Cependant, depuis quelques années, peu de nouveaux noms se sont démarqués au point de joindre les rangs des valeurs sûres à la ISILDUR’S BANE, PAIN OF SALVATION et autres AGUSA. C’est dans ce contexte que je souhaite vraiment attirer votre attention sur JONAS LINDBERG & THE OTHER SIDE. Le premier opus du groupe, « Pathfinder » paru en 2016, n’avait pas produit la reconnaissance, même au niveau prog, que peut espérer un groupe de musicien. Allons-y donc pour un deuxième essai et les buts avec ce « Miles from Nowhere ».

La formation de l’album précédent est presqu’intacte si ce n’est de l’infortuné décès du claviériste MICHAEL OTTOSSON. C’est le leader du groupe qui assume ce rôle pour l’album et avec succès je dois dire. Je vous en reparle dans les prochaines lignes. Il est aussi le bassiste, assure des parties de guitare et chante. Une caractéristique intéressante et une des forces de l’album est la présence de trois personnes qui assurent le chant. En plus de M. LINDBERG, un autre JONAS, SUNDQVIST celui-là et JENNY STORM assurent les parties vocales, principales ou chœurs. Deux guitaristes, CALLE STÅLENBRING et NICKLAS THELIN, partagent le travail. Hormis la basse du leader, le rythme est assuré par une percussionniste, MARIA OLSSON et le batteur, JONATHAN LUNDBERG.

Démarré en 2008, ce projet musical a d’abord été vu comme un projet solo accompagné de musiciens invités pour un premier EP paru en 2012. L’année suivante, le deuxième EP nommé « The Other Side » a concrétisé l’idée d’un groupe. Le projet s’est étoffé et a abouti, en 2016, au premier album. Mais à l’instar de tant de musiciens et de groupes, JONAS LINDBERG a dû s’adapter à cette pandémie qui affecte tant la planète musicale que celle que nous habitons. "À l’époque, je considérais Pathfinder comme un effort de groupe. Sur celui-ci, je joue moi-même de nombreux instruments et je chante même le chant principal sur quelques pistes en partie à cause des difficultés logistiques causées par la pandémie. Il présente également plus de musiciens invités que la simple composition des membres de mon projet d'origine, avec l'une de mes plus grandes influences dans le genre, ROINE STOLT invité sur la chanson titre épique. " JONAS signale d’ailleurs que THE FLOWER KINGS, SPOCK’S BEARD et DREAM THEATER sont autant d’influences sur son parcours.

Le premier riff de guitare de « Secret Motive Man » laisse penser que l’influence métal sera importante. Erreur ! La rythmique et les lignes de synthétiseur qui suivent nous transportent sur un tout autre terrain. Lorsque les chœurs se joignent à l’ensemble, on pense à STYX, à KANSAS ou même à un autre groupe suédois, RITUAL. Cette pièce quand même résolument très rock brille par sa dynamique, par les vocaux et ses fameuses lignes de synthétiseur. D’emblée, je vous le dis, si cet instrument est dans votre palette de goût, vous serez drôlement bien servi par ce « Miles from Nowhere ». Comme il se doit, un solo de guitare bien envoyé clôt ce premier morceau. Avec sa guitare sèche, « Little Man » commence de façon beaucoup plus folk. Le chant, la rythmique et les chœurs offre un aspect accrocheur à une pièce somme toute plus douce. Devinez quoi ? Un joli solo de synthétiseur se métamorphose en un percutant solo de guitare qui ajoute un peu de punch. Les échanges de voix et les chœurs concrétisent la beauté de cette pièce et lui donnent un petit aspect vers d’oreille. Après quelques écoutes, je me suis surpris à la fredonner allègrement.

« Summer Queen », basé sur les quatre saisons, est, pour moi, un des deux morceaux qui rendent cet opus indispensable. Une belle longue intro aux claviers, prog classique à souhait, part le bal. Ceux-ci cèdent la place à Dame Storm et une guitare sèche. Son timbre de voix et cette section nous plonge dans l’univers de RENAISSANCE. Lentement, le rythme monte avec basse et percussions, puis avec la batterie. L’arrivée de la guitare électrique et du synthétiseur augmentent l’intensité du morceau. Quelques riffs costauds marquent un autre changement suivi du chant masculin. Les voix féminine et masculine échangent des lignes et à mi-chemin du morceau un solo de guitare déchirant suivi d’un solo de synthétiseur décoiffant coupent le souffle. Un court silence et la guitare sèche revient discrètement. Et on repart de façon grandiose. Une relance spectaculaire permet au synthétiseur et à la guitare de briller encore via quelques vigoureux échanges. D’autres moments grandioses précèdent et suivent le retour de la gente voix de JENNY. Un court moment avant la délicate fin au piano offre quelques sonorités à la YES. Quel morceau !

Si « Ocean of Time » est moins spectaculaire, cela reste un excellent morceau. Un début un avec quelques accents orientaux, des moments qui vont de très rock à éminemment symphonique. Une section qui lorgne vers quelque chose d’un peu plus funky, voire jazz-fusion. Ici encore, nous avons droit à un solo de guitare incisif et il y a toujours ces fameux synthétiseurs. Je m’en voudrai de ne pas parler aussi d’un solo d’orgue efficace et du mellotron ou son équivalent. Toujours ces voix qui sont mélodiques et efficaces à souhait, sans être omniprésentes. En effet, les séquences instrumentales sont nombreuses et longues sur les longues pièces. Nous en sommes donc à quatre sur quatre en termes de qualité. « Astral Journey » est un morceau instrumental qui offre une petite touche de riffs à la ZAPPA ainsi qu’un solo de guitare assez costaud. « Why I’m Here », la plus courte pièce, offre une orientation un peu plus populaire mais s’écoute fort agréablement néanmoins.

Le morceau de bravoure, ce sont les vingt-cinq minutes de la pièce titre. Et comment dire ? Tout ce que l’on peut aimer du prog est offert à nos oreilles consentantes. On peut entendre certaines des influences du leader qui y sont présentes, avec aussi un peu de YES, mais simplement comme points de repères. C’est un extraordinaire périple musical qui comprend des solos de guitare époustouflants, des percussions intenses, des mélodies folks, des passages instrumentaux majestueux. Je crois que je pourrais vous faire une chronique avec ce seul morceau. "C'est un tel honneur d'avoir l'une de mes plus grandes influences dans le genre jouant sur l'un des morceaux ! Je suis tellement heureux qu'il ait voulu le faire. Le solo de ROINE suit l'une des performances vocales la plus forte de JONAS SUNDQVIST, et il a réussi en quelque sorte à surpasser celle-ci. Un si grand guitariste." J’ajouterai, comme si ce n’était pas assez, que la finale du morceau est à l’image de celui-ci, rien de moins que sublime.

Faites plaisir à vos fibres progressives, rendez service à votre moral et prenez rendez-vous au milieu de nulle part pour y trouver un élixir musical offert par JONAS LINDBERG et ses talentueux acolytes.

PISTES / TRACKS

    1. Secret Motive Man (07:26)
    2. Little Man (05:49)
    3. Summer Queen (15:51)
    4. Oceans of Time (11:36)
    5. Astral Journey (05:50)
    6. Why I'm Here (04:26)
    7. Miles from Nowhere Pt I: Overture (06:54)
    8. Miles from Nowhere Pt II: Don't Walk Away (04:18)
    9. Miles from Nowhere Pt III: I Don't Know Where You Are (04:39)
    10. Miles from Nowhere Pt IV: Memories (03:00)
    11. Miles from Nowhere Pt V: Miles from Nowhere (06:42)

Jonas Lindberg - Bass, keyboards, guitars, lead & backing vocals
Jonas Sundqvist - Lead vocals
Jenny Storm - Lead & backing vocals
Jonathan Lundberg - Drums
Simon Wilhelmsson - Drums on “Little Man & Oceans of Time”
Calle Stålenbring - Guitars
Nicklas Thelin - Guitars
Maria Olsson - Percussion
Joel Lindberg - Lead guitar on “Why I’m Here”
Roine Stolt - Lead guitar on “Miles from Nowhere”

musiciens / musicians