CHRONIQUE / REVIEW

De Rossi E Bordini

De Rossi E Bordini

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Releases information

Release date:

February 26, 2022

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Ma.Ra.Cash Records

Italie / Italy

Alain Bourguignon - May 2022

INTERVIEW HERE

8,9

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Après des années de coexistence et de correspondance, Carlo BORDINI et Gianluca De ROSSI sont de retour, pour le plus grand plaisir de tous les fans de rock progressif. Deux artistes qui n'ont certainement plus besoin de présentation, compte tenu de leur passé dans des groupes comme Rustichelli et Bordini, Goblin, Cherry Five et Taproban. Amateurs de musique RPI, sortez votre vin rouge & savourez !!

Une narration, en italien bien entendu, nous saisit in media res. La voix, simplement accompagnée de quelques percussions éparses, récite un passage de l'Enfer de Dante, Canto XXXI, versets 1-31. Carlo BORDINI connaît par cœur de nombreuses lignes de la Divine Comédie de Dante et la récite aussi naturellement. Il s’agit de la partie où Dante et Virgilio montent au sommet du gouffre pierreux qui termine le huitième cercle d'Inferno et commencent leur approche du neuvième et dernier cercle, appelé Cocito, qui est une grande fosse sombre remplie de glace et de vents froids et forts causé par Lucifer battant des ailes. Dante pense voir au loin une ville avec de nombreuses tours, mais Virgile lui dit que ses yeux le trompent. Les tours sont en fait les géants, plantés au centre du puits jusqu'à la taille. (Il Pozzo dei Giganti – La fosse aux géants). Plus tard, l'Antheus géant les placera doucement sur la surface glacée de Cocito, comme l'explique bien l'illustration de William Blake sur la couverture.

Le décor est posé. Les claviers entrent en scène et développent des trames mélodiques finement enchevêtrées et soutenues par la batterie qui, tout à coup, prend l’ascendant avec des signatures rythmiques complexes pour une échappée échevelée. Le calme revient avec l’intervention du piano seul, bientôt rejoint par les percussions, de plus en plus insistantes, pour imposer une trame répétée d’abord adagio pour devenir accelerando et cesser, brusquement, laissant la place aux claviers électroniques. C’est alors un tout autre climat qui s’installe ; complexe, torturé, polymorphe, surprenant. Les idées s’enchaînent les unes aux autres, de manière libre, souvent sans réelle transition. On ressent le plaisir des musiciens qui ne cessent de surprendre et, partant, de conserver une attention de tous les instants. C’était « Il Pozzo Dei Giganti » et l’auditeur est (es)soufflé…pour être accueilli dans « La Porta Nei Buio » par un piano épaulé de percussions créative (le jeu de charley) campant une ambiance mystérieuse qui évolue via des claviers électroniques multiples, inspirés et réjouissants. Les motifs s’enchaînent avec davantage de fluidité, multipliant les sonorités jazzy ou majestueuses, aux grés des artistes qui démontrent, s’il était nécessaire, qu’ils sont d’une compétence hors norme. La section chantée se démarque et reprenant, avec puissance (orgue d’église), la mélodie d’introduction. « Natività », plus court (4’57’’) et entièrement instrumental, fait appel au piano (doux) et à l’orgue Hammond (plus agressif) avec, toujours, ces percussions (d)étonnantes de Carlo BORDINI. Le conclusif « Cammellandia » prolonge notre plaisir durant 12’58’’ en alternant les interventions d’instruments à touches acoustiques ou électroniques dans une succession d’idées effervescentes. Le dialogue avec le jeu de baguettes de Luca, qui s’offre un solo de batterie à l’ancienne, est à la fois étonnant et jubilatoire. Un bonheur absolu !

Le duo confie qu’il a voulu créer une musique qu’il aime, adressée à un public passionné, sans se soucier de la dématérialisation, du téléchargement, ou des résultats commerciaux. C’est donc volontairement que l’album sonne comme en 1970, leur proposition musicale est indépendante de notre époque. L’intention est de faire écho à « Opera Prima » de Paolo RUSTICHELLI et Carlo BORDINI (1973). Les claviers utilisés sont uniquement des instruments originaux et vintage des années 70 ; Hammond Organ C3, Mellotron M400 (cuivres, choeur et cordes), Minimoog modèle D, Hohner Clavinet D6, Fender Rhodes MKII Electric Piano, Elka Rhapsody 610 Strings Machine, et surtout, le Moog Taurus Bass Pedals Synthesizer pour les lignes de basse, bien que certains effets sonores et orgues d'église soient obtenus par les échantillons du Nord Electro 5D

C’est Gianluca DE ROSSI qui a composé l’essentiel de la musique. Carlo a embelli et pimenté les mélodies en ajoutant ses parties de batterie et percussions imaginatives très évocatrices. Les Paroles de « Il Pozzo dei Giganti » ont été écrites par Tony TARTARINI. Elles évoquent l’inutilité de l’arrogance du pouvoir dans l’au-delà. Gianluca, lui, a écrit le texte de « La Porta Sul Buio » pour parler de la force que l’on peut trouver dans la solitude.

Cet album se place exactement dans la lignée de « Opera Prima », ce qui est le but, et renferme un nombre impressionnant de trames mélodiques et d’atmosphères. Italien en diable, ce disque de Rock Progressif volontairement vintage démontre que le genre a, grâce à des artistes de cette trempe, a encore de très beaux jours devant lui. Qu’ils en soient remerciés !

D’une complexité inouïe à en perdre son latin, nos musiciens transalpins font carton plein et nous offrent là un album qui fera date et figurera dans les classements de fin d’année, pour les amateurs qui affectionnent cet exercice de mémoire.

PISTES / TRACKS

    1. Il Pozzo Dei Giganti (19 :05)
    2. La Porta Nel Buio (18 :42)
    3. Natività (04 :57)
    4. Cammellandia (12 :58)

Gianluca DE ROSSI (Hammond Organ C3, Mellotron M400, Minimoog D model, Hohner Clavinet D6, Fender Rhodes MKII Electric Piano, Elka Rhapsody 610 Strings Machine, Moog Taurus Bass Pedals Synthesizer, Nord Electro 5D – chant)
Carlo BORDINI (narration, drums, percussion)

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