CHRONIQUE / REVIEW

Yes

The Quest

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Releases information

Release date:

October 1, 2021

Format:

CD, Digital, Vinyl

Label:

From:

Inside Out / Sony Music

Royaume-Uni / UK

Sébastien Buret - November 2021

8,8

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

YES vient de sortir son vingt-deuxième album en octobre dernier et intitulé « The Quest ». Ma tâche est ici de vous livrer un ressenti et je dois l’avouer, c’est d’autant plus difficile que je suis un fan absolu du groupe, un adorateur même, tant leur musique suscite chez moi une passion sans faille, intarissable. Ma collection de disques de YES est à l’avenant, un disque d’or, Fragile » habille le mur de mon bureau avec ceci de particulier qu’il porte la signature d’un géant disparu : Chris SQUIRE. En 1996, durant mon service militaire outre-Rhin, je triomphais d’un ennui mortel par la simple magie des « Keys to Ascension ». Comme un cadeau du ciel, je les interviewais deux fois entre 2010 et 2020. Quelle longue et belle histoire !

Pourtant, je fus déçu, touché, lorsque Jon Anderson dut quitter le groupe ; à l’article de la mort, certains de ses collègues poursuivaient néanmoins leur bonhomme de chemin avec une indifférence glaçante, les affaires sont les affaires. Je dois dire que cela brisait l’image de la famille parfaite, quelle désillusion ! Benoit DAVID assura un bref intérim avant que Jon DAVISON ne le remplace pour de bon. « Fly From Here » sortit ainsi en 2011 et un triste « Heaven and Earth » en 2014 qui pourrait porter la médaille du pire album de YES. La disparition de leur bassiste de légende en 2015 portait enfin un coup sérieux à la légitimité de leur pérennité et de la poursuite de l’aventure. Pourtant, ils allèrent de l’avant en devenant ce que j’ose appeler un « self tribute band » sans âme, sillonnant les routes pour jouer les titres qui firent leur gloire, leur renommée. Ce n’est pourtant pas un crime, ni une faute-même, mais pour le fan de premier rang, c’est probablement difficile à vivre. Cela s’appelle de la nostalgie. De même, on attend tellement d’eux, l’amour porte parfois le sceau d’une exigence injuste. Et surtout, Chris SQUIRE, juste avant de mourir formulait le vœu que l’aventure se poursuive, que YES reste en vie.

Après un album anecdotique « From a Page », je dirais que ce monstre sacré doit avoir le sourire, une mine réjouie avec l’arrivée de « The Quest » en 2021. D’ailleurs, vous noterez qu’un personnage de grande taille trône fièrement sur la pochette signée Roger DEAN, il semble contempler le paysage tel un tableau. Est-ce Chris? Nous rendrait-il visite heureux et fier ce que viennent d’accomplir Roger DEAN et les musiciens au travers de cette nouvelle œuvre ? L’idée est séduisante et c’est à mon avis un acte volontaire de la part de l’artiste peintre de génie.

Je crois d’autant plus à cette symbolique que je ferais de même, je contemplerais avec fierté la beauté du paysage car « The Quest » est sans nul doute un magnifique album. Pour rentrer dans le vif du sujet, j’ai pu lire beaucoup de choses au sujet de ce nouvel opus, certains se sont époumonés à le vilipender, d’autres et c’est la tendance générale, saluent la qualité musicale de ce dernier. A titre personnel, j’ai retrouvé ici la magie qui est en eux, des séquences d’ADN caractéristiques à savoir la beauté des atmosphères rendues, des parties de guitare savantes et d’une beauté absolue. De même, on ne peut que se délecter des envolées et harmonies vocales proposées par Jon Davison. Au sommet de son art, il rend ici grâce à YES. Dire qu’il est un sosie artistique de Jon Anderson n’a plus aucun sens, l’artiste semble ici avoir pris son envol et je dis ceci : chapeau bas ! Certes, tout n’est pas parfait avec quelques titres un peu en retrait et un « Mystery Tour » des plus ringards à mon sens.

Tout n’est pas parfait encore une fois je le concède, il y a de la facilité parfois voire de la suffisance mais le tout reste de haut niveau tant au niveau de la production impeccable que du contenu purement musical. S’il s’agissait de leur première œuvre et s’ils étaient inconnus au bataillon, il est probable qu’ils seraient encensés par la critique à l’unisson. Avec un « Ice bridge » entraînant, séduisant et dynamique, les musiciens donnent le ton dès le départ. Ensuite, tout s’apparente ensuite à un régal : « Leave Well Alone », « Future Memories » ou encore « Music To My Ears » sont remarquables à tous égards. « Future Memories » pour y revenir est éblouissant de beauté, c’est une véritable offrande.

Je n’aime pas disséquer sinon me fier à un ressenti, je fonctionne ainsi dans l’exercice que je tente ici et voici le fin mot de l’histoire : « The Quest » me touche le cœur, tout simplement. Mes oreilles captent à tout ou à raison, des réminiscences des « Keys To Ascension » ou encore de « The Ladder ».

Cet album est donc une belle surprise pour le fan et un très bon album pour le fan de progressif. Pour l’amoureux de premier ordre, c’est tout cela et bien plus encore : cela s’apparente à des retrouvailles avec un être cher avec de la joie, des larmes, des promesses de lendemain qui chantent. C’est beau l’amour, vive la musique et vive Yes !

    CD 1 (47:40)
    1. The Ice Bridge (7:00)
    2. Dare to Know (5:57)
    3. Minus the Man (5:34)
    4. Leave Well Alone (8:06)
    5. The Western Edge (4:24)
    6. Future Memories (5:08)
    7. Music to My Ears (4:40)
    8. A Living Island (6:51)

    CD 2 (13:43)
    1. Sister Sleeping Soul (4:50)
    2. Mystery Tour (3:34)
    3. Damaged World (5:19)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Jon Davison: Vocals
Steve Howe: Guitars, producer
Geoff Downes: Keyboards, Hammond
Billy Sherwood: Bass
Alan White: Drums

With Jay Schellen, additional percussion