CHRONIQUE / REVIEW

Soen

Imperial

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Releases information

Release date:

January 29, 2021

Format:

CD, Digital, Vinyl

Label:

From:

Silver Lining Music

Suède / Sweden

Alain Massard - January 2021

8,9

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

SOEN est le supergroupe suédois drainant un son propre; il œuvre dans le métal progressif, dans l’expérimental post métal depuis 2004 et a sorti son premier album en 2012, mélange de prog, de dark, de doom indiquant bien leurs écoutes répétées des PINK FLOYD et autres SEPULTURA, sûrement aussi celles des ANATHEMA, TOOL pour un son mélodique, lourd, complexe et singulier. SOEN que je connais depuis 2012, ce « Cognitive » au son doom-dark-heavy prog qui m’avait agréablement heurté, son expérimentation alternatif-métal inédite, SOEN qui vient nous narrer une tranche de vie covid et angoissante. SOEN qui ne fait pas dans la dentelle.

« Lumerian » entame par une rythmique lourde, métal et la voix de Joel douce qui fait tampon dans un premier temps, puis passage instrumental avec riff énergique et la batterie qui va avec; ambiance dépressive comme sur un matin cotonneux, retour sur l’air de base et ce refrain entraînant, finale avec un synthé qui apaise. « Deceiver » pour un titre plus posé et nerveux, bâti sur la double pédale mise en avant, titre mélodique dit de stade selon moi car il n’y a rien d’extraordinaire juste la pêche musicale qui te transcende. « Monarch » et sa sirène de fin du monde amenant une rythmique forte à nouveau, laissant la voix arrondir les angles, un peu des KATATONIA pour expliquer la démarche de ce groupe partant d’un son métal convenu et lui injectant des composantes progressives comme ce violon mélancolique qui se devine en fin de parcours; violon pouvant vous faire réfléchir sur le bienfondé de la compassion et de la gentillesse dans ce bas monde. « Illusion » pour la ballade comptine mélancolie-dépressive, un titre qui passe sans s’en rendre compte, qui risque de vous faire réfléchir à ce monde déglingué dans lequel nous vivons, j’espère que ce n’est pas le but quoique! Notons le solo graisseux à souhait qui fera fondre les brutes et autres adeptes de la société blind-blind, solo qui me rappelle par sa texture celui de « Rough Boy » des ZZ TOP, c’est ainsi.

« Antagonist » revient à une rythmique plus soenesque, tempétueuse, la batterie semble indiquer la direction à prendre; le chant est plus aigu ici, le riff de guitare plus ciselé; on pourrait en rester là et dire que c’est un bon groupe de rock hard mais le break arrive aérien délicat, les claviers de Lars donnent dans l’émotionnel, la beauté, dans le spleen, dans l’intime. 6 minutes pour refaire le monde ça en vaut la peine. « Modesty » et une rythmique synthétique qui change, les claviers vintage et monolithiques, ah ici se trouve selon moi LE solo de l’album, jouissif, giclant sur les enceintes; la sonorité amène un son dépressif qui risque de vous glisser sous la couette pour attendre la fin, fin de pandémie, fin de violon qui amplifie cet état? « Dissident » et le retour à une rythmique sauvage, un riff animal, une voix presque parlée, la batterie rappelle qui c’est le boss, break spleen qui te surprend et te donne envie de réécouter le titre, la voix plus plaintive d’un coup; le final revient sur la même trame donnant un air mélodique presque surprenant vu le déluge initial. « Fortune » et le titre romantique qui aurait passé dans le dernier millénaire comme un slow; comme d’une évidence, le 2e plus beau solo se déroule ici lors de la déclinaison progressive, lente descente ululée par Joel, les claviers, le groupe qui rend ici sa révérence. Titre étrange car dégageant une sonorité qui martèle au niveau des oreilles.

SOEN pose des notes musicales pour nous faire réfléchir sur nos perceptions de la vie, sur notre monde et notre place dedans avec l’artwork bien significateur au double impact, vivre sans réfléchir… la tentation ou lutter contre cette société déshumanisante. Des chansons oui, des chansons bien structurées qui dénoncent ce monde torturé par la pandémie; un album bien plus métal dont les escales progressives amplifient encore la singularité de ce son torturé à l’image du monde actuel. Un album mixé par le génie de la manette Kane Churko, puissant donc, poétique dans le versant sombre de l’humanité, abouti, SOEN ou le spleen rempli d’espoir; un peu comme le « Hysteria » de DEF LEPPARD qui avait des chansons simples écoutables et dont le tout en faisait un superbe album.

    01. Lumerian (5:31)
    02. Deceiver (4:33)
    03. Monarch (4:52)
    04. Illusion (5:11)
    05. Antagonist (6:02)
    06. Modesty (4:34)
    07. Dissident (5:38)
    08. Fortune (5:43)
    Total : 42’04’’

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Joel Ekelöf: Vocals
Martin Lopez (Opeth): Drums
Lars Enok Åhlund: Keyboards and Guitar
Oleksii “Zlatoyar” Kobel: Bass
Cody Ford: Lead Guitar