CHRONIQUE / REVIEW

Ske

Insolubilia

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Releases information

Release date:

July 11, 2021

Format:

CD, Digial

Label:

From:

Independent

Italie / Italy

Serge Marcoux - August 2021

9.4

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Est-ce que vous êtes comme moi ? Ressentez-vous à l’occasion ce petit frisson de plaisir lors d’une découverte culturelle ? Que ce soit en littérature, en peinture ou comme c’est le cas présentement, en musique. Voilà ce qu’un artiste italien, PAOLO BOTTA, vient de me causer avec la parution de son nouvel opus « Insolubilia ». Ne cherchez pas son nom de famille via une recherche exhaustive sur Internet puisque ce claviériste, auteur-compositeur nous offre ces frissons avec son projet connu sous le simple vocable de SKE.

Je serai totalement franc avec vous en vous disant que la découverte est totale puisque la première œuvre de ce Monsieur, « 1000 Autunni » parue il y a dix ans, était complètement passée sous mon radar progressif. Si ce n’était ce beau petit frisson 2021, je m’en voudrais. Cependant, je connaissais les deux autres groupes auquel il est associé, soit le groupe progressif NOT A GOOD SIGN, créé en 2012, et YUGEN, créé en 2004, que l’on peut qualifier de RIO/Avant-prog. Il a aussi collaboré à deux albums du groupe américain FRENCH TV. Mais je vous le dis tout de suite, ces trois groupes ne peuvent servir de référence pour bien décrire les cinquante-six minutes du joyau qu’est « Insolubilia ». Ils permettent néanmoins de comprendre certaines influences et sonorités. Le véhicule musical qu’est SKE permet à Monsieur BOTTA de mettre de l’avant sa vision personnelle de la musique progressive. Un mariage particulièrement heureux et éclectique de prog symphonique agrémenté de touches jazz et avant-garde avec des moments de merveilleuses dissonances et d’autres de pure beauté.

Pour nous procurer ces frissons et ces plaisirs musicaux, il est accompagné de vingt-quatre musiciens qui proviennent de divers horizons musicaux et géographiques. Je nomme quelques groupes comme ça, afin de préparer votre chair de poule : WOBBLER, CICCADA, GOBLIN, ISLDUR’S BANE, PRESENT, FEM, NOT A GOOD SIGN, YUGEN, etc. La panoplie d’instruments utilisés pour nous emmener au Nirvana est aussi joliment réjouissante : multiples claviers comprenant le clavecin électrique, trompette, clarinette, mandoline, flute, violon, trombone, percussions variées, théorbe (une sorte de grand luth), plusieurs voix utilisées comme instrument ainsi que le traditionnel trio rock que constitue la guitare, la basse et la batterie. Je vous invite à consulter la liste pour savoir qui joue quoi sur quelle pièce hormis Maestro BOTTA qui orchestre le tout du bout de ses doigts.

C’est un album plutôt dense mais toujours très mélodique. On y retrouve un peu de cette austérité scandinave que de nombreux amateurs aiment et recherchent. On y retrouve un je-ne-sais-quoi d’ANGLAGARD à plusieurs moments où l’on va d’un passage en douceur suivi d’une explosion musicale irrésistible, je pense notamment à « Insolubilia I ». Mais vous avez aussi un côté percussif sur ce même morceau qui peut vous renvoyer à ZAPPA. D’ailleurs, la plupart des morceaux offrent de nombreuses et différentes perspectives musicales. Parmi les influences assumées mais non serviles, loin-s ’en-faut, vous avez KING CRIMSON, pour « Sudo », entre autres. Il y a également cet apport un peu classisant à la AFTER CRYING si vous entendez ce que je veux dire. Je parlais de beauté, écoutez « Insolubilia II » les yeux fermés et les oreilles bien ouvertes et vous sentirez votre poil se dresser tout doucement mais inexorablement. « Lo Stagno del Proverbio » est un peu plus mystérieuse mais très belle aussi. « Akumu » vous propose une heureuse mixture de progressif à l’italienne assaisonnée d’une touche à la Canterbury avec toujours ces éléments de beauté et un court passage énergique, mais le tout est bien supérieur à ce que j’en dis. Changement de registre important avec une composition en puissance et en dissonance, un tantinet cauchemardesque, avec « la Nona Onda », un peu de VDGG, d’ANGLAGARD et bien plus. L’univers symphonique un peu angoissant de « Scogli 4 » est fort réjouissant aussi.

Pour terminer notre aventure, les trois dernières sections de « Insolubilia » dans le désordre s.v.p. On débute avec « Insolubilia V », une composition en puissance que l’on pourrait associer à un film d’horreur italien. C’est touffu, c’est dynamique, c’est intense et c’est irrésistible. Avec la quatrième section de cette suite, nous changeons de registre avec la voix angélique, par moment enfantine, de MÉLANIE GERBER et une atmosphère planante additionnée de quelques légères aspérités de bon aloi. L’album se termine avec la troisième partie et le plus long morceau. Tous les éléments s’amalgament pour offrir une finale digne de ce beau grand frisson, piano à queue, clarinette, percussions, basse bien découpée qui ponctue de beaux moments de la pièce. Un peu avant la cinquième minute, le rock s’en mêle et l’énergie éclate puis doucement la musique s’apaise pour que l’on puisse reprendre notre souffle, laisser le poil reprendre sa place et constater que voici un des meilleurs albums de l’année en cours. Rien de moins !

    1. Sudo (3:44)
    2. Insolubilia I (6:24)
    3. Tor Cia (1:38)
    4. Insolubilia II (6:54)
    5. Lo Stagno del Proverbio (3:07)
    6. Akumu (6:06)
    7. La Nona Onda (7:00)
    8. Scogli 4 (2:46)
    9. Insolubilia V (6:56)
    10. Insolubilia IV (3:50)
    11. Insolubilia III (7:08)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

- Paolo "Ske" Botta / Organs, electric pianos, synthesizers

With:
- Fabio Pignatelli / Bass (9)
- Luca Calabrese / Pocket trumpet (1,5,9-10)
- Lars Fredrik Frøislie / Harpsichord (6,8)
- Keith Macksoud / Bass (11)
- Tommaso Leddi / Mandolin (1,11)
- Nicolas Nikolopoulos / Flute (1,4,6,9)
- Evangelia Kozoni / Vocals (4)
- Vitaly Appow / Bassoon (2,7,10)
- Simen Ådnøy Ellingsen / Saxophones (7)
- Thea Ellingsen Grant / Voice (5-6,11)
- Alessandro Cassani / Bass (1,5,7)
- Martino Malacrida / Drums (1-2,4,6-7,9,11)
- Francesco Zago / Guitars (1-2,4,6-7,9,11)
- Maurizio Fasoli / Grand piano (2,4-5,11)
- Valerio Cipollone / Clarinets (2,4,6,8-9,11)
- Elia Leon Mariani / Violin (2,4,9-11)
- Jacopo Costa / Vibraphone/marimba/xylophone/glockenspiel/cymbalom (1-2,4-7,9-11)
- Maria Denami / Vocals (1,6,11)
- Massimo Giuntoli / Harmonium (1,9)
- Pierre Wawrzyniak / Bass (2,4,6)
- Mélanie Gerber / Vocals (10)
- Guillaume Gravelin / Harp (2,4,6,11)
- Pietro Bertoni / Trombone/euphonium (1,9,11)
- Tiziana Armonia Alessandra Azzone / Theorbo (4)