CHRONIQUE / REVIEW

Premiata Forneria Marconi

I Dreamed Of Electric Sheep

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Releases information

Release date:

October 22, 2021

Format:

CD, Digital, Vinyl

Label:

From:

Inside Out

Italie / Italy

Serge Marcoux - October 2021

9,0

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

La musique que nous découvrons, que nous vivons et sur laquelle nous vibrons alors que nous sommes adolescents ou jeunes adultes reste avec nous pour toujours. Nous vieillissons et, quelquefois, nous nous assagissons et souvent les styles de notre jeunesse nous semblent moins attirants. Mais les empreintes initiales demeurent et évoquent nos années d’effervescence. Cependant, vieillir est aussi l’apanage de nos héros musicaux. Eux aussi changent et explorent souvent de différentes avenues musicales que celles que nous avons connu. Celles-ci rejoignent de nouveaux publics et peuvent, à l’occasion, aussi plaire aux anciens fans. Mais pas toujours ! Personnellement, j’ai un souvenir impérissable de la première tournée nord-américaine, en 1974, d’un de trois grands groupes progressifs italien avec LE ORME et BANCO DEL MUTUO SOCCORSO, soit PREMIATA FORNERIA MARCONI aussi appelé PFM pour faciliter le souvenir, voire le marketing.

Ce groupe fut le premier groupe progressif italien à percer la muraille progressive anglo-saxonne y compris à la radio FM de l’époque. Quels souvenirs ! Ce fut accompli avec la complicité d’EMERSON, LAKE AND PALMER et de leur label, MANTICORE, ainsi que du parolier PETE SINFIELD (KING CRIMSON) qui composa les paroles de leurs premiers disques en anglais puisque le groupe chantait alors en italien. Au tournant des années 80, à l’instar de plusieurs groupes progressifs des années soixante-dix, PFM choisit une voie que l’on peut qualifier de plus commerciale, une musique plus facile d’accès et ce, pour une longue période. J’ai alors perdu le groupe de vue. Ce n’est qu’avec l’opéra rock « Dracula », en 2005, que le groupe renoue de façon sérieuse avec l’univers progressif. L’année suivante, l’excellent l’album instrumental « Stati di Immaginazione » confirme la tendance. Le départ du guitariste et membre fondateur, FRANCO MUSSIDA, après un autre bon album, « PFM in Classic: da Mozart A Celebration », marque un autre tournant dans l’histoire du groupe. En effet, par la suite, le seul membre original est FRANZ DI CIOCCIO, batteur à l’origine et devenu chanteur au début 1980 sur « Suonare Suonare ». Le groupe poursuit néanmoins et viendra présenter un fort bon spectacle à Montréal et à Québec en 2015 en plus de participer à la croisière prog Cruise to the Edge.

Le PFM nouveau de 2017 avec « Emotional Tattoos » peut alors toujours compter sur le talent de PATRCIK DJIVAS qui a joint le groupe en 1974 pour « L’isola di Niente » connu en anglais sous le nom de « The World Became the World ». On retrouve aussi MARCO SFOGLI aux guitares, LUCIO FABBRI à l’alto et au violon, ALESSANDRO SCAGLIONE et ALBERTO BRAVIN aux claviers. Cette équipe est demeurée pour le petit nouveau « I Dreamed of Electric Sheep / Ho Sognato Pecore Elettriche ». Et oui, l’album possède deux titres et, à l’instar du précédent, l’amateur aura droit à une version anglaise et une version italienne pour le même prix. Ce qui pourra satisfaire celles et ceux qui n’apprécient guère le chant en italien. Ce qui n’est pas le cas de votre humble serviteur pour qui cette langue possède une saveur toute particulière. Une autre agréable surprise est la présence d’invités de marque, une première de ce genre pour eux. Ceux-ci sont IAN ANDERSON à la flute, STEVE HACKETT à la guitare, le claviériste original, FALVIO PREMOLI au Minimoog et LUCA ZABBINI (BAROCK PROJECT) aux claviers. Comme la plupart des groupes qui ont offert un album en temps de pandémie, PFM a dû s’adapter, délais, échanges multiples de fichiers par Internet, confinement, etc.

Voici ce que le sympathique FRANZ DI CIOCCIO nous raconte sur cet opus, ‘’ Sur ce nouvel album, PATRICK et moi sommes une section rythmique qui fonctionne bien car on a s'entend parfaitement. Un autre fil conducteur entre nous est notre grande passion pour les films de science-fiction. Par le passé, nous en avons beaucoup regardé ensemble, l'un d’entre eux étant le classique Blade Runner. Une question dans ce film nous a vraiment frappé : Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? C'est quelque chose qui nous a vraiment fait réfléchir. Le monde a changé autour de nous. Les ordinateurs prennent le contrôle de tous les aspects de nos vies. La Covid a fait beaucoup pour accélérer ce processus. Avec des personnes qui restent et travaillent à domicile et des enfants qui prennent des cours virtuels, ne pouvant pas aller à l'école, il semble que tout le monde devienne rapidement un androïde.’’ Il ajoute, ‘’ De là, nous avons développé le concept de ce nouvel album. Nous croyons au pouvoir que les gens ont d'utiliser leur imagination. C'est ce qui fait vraiment la différence entre les êtres humains et les androïdes. Être capable de rêver affecte votre vie, votre créativité, voire les pensées. Musicalement parlant, nous nous comparons aux peintres impressionnistes, car ils cherchaient à sortir des codes stricts avec leurs coups de pinceau. Nous, non plus, ne nous sentons pas limités à un genre musical spécifique.’’ En effet, PFM n’arpente pas les sentiers musicaux de ses premières années ou même le trajet suivi par la suite.

D’emblée, la pochette de l’album nous interpelle car c’est la première fois que PFM utilise une photo d’un musicien, FRANZ DI CIOCCIO le leader actuel, pour illustrer un album studio. Mais son regard et le traitement suggère presque … un androïde. Le vingt-troisième album du groupe débute par un instrumental assez percutant, très rock, qui s’apparente un brin à l’album hommage à MOZART cité plus haut. La fin au piano annonce la transition vers une pièce qui débute comme une ballade un peu blues portés par la voix de DI CIOCCIO. En cours de route, le rythme augmente un peu et l’orgue assure un petit côté funky. L’intensité augmente encore un peu grâce à l’électricité de la guitare. « Ombre Amiche » est une jolie balade qui fera peut-être sourciller les personnes qui ne se souviennent pas assez de « Just Look Away » ou « Dove Quando » notamment. Avec « La Grande Corsa », nous avons un morceau vraiment plus nerveux et plus ouvertement progressif avec une fort belle présence du synthétiseur. « Atmospace » ou « If I Had Wings » nous plonge dans deux univers. Près de deux minutes spatiales suivies par une section ou le piano, la voix et une douce rythmique s’empare de l’espace pour ensuite céder à l’atmosphère du début et terminer en douceur. Le mouton électrique qui suit est un morceau mid-tempo avec une basse bien dodue de M. DJIVAS, de belles napes d’orgue et un court solo de guitare bien envoyé. « Mr Non Lo SO » nous transporte ailleurs musicalement. Un curieux croisement musical entre prog, R&B et pop agrémenté par le jeu de violon de LUCIO FABBRI. J’ai bien aimé même si la proposition peut surprendre.

Le plus long morceau d’un relativement court album, quarante minutes, permet d’entendre M. ANDERSON à la flute et STEVE HACKETT et son jeu caractéristique. Ajoutez-y tout ce qu’il faut de claviers, synthétiseur et orgue, un chœur et vous avez un morceau de choix, possiblement le meilleur. Les deux suivants sont liés par le titre et le jeu des musiciens. On revient avec la puissance sonore du début et des performances intéressantes tant du violon, que des claviers, de la guitare ou de la rythmique. Ces cinq dernières minutes sont très vites passés et on aurait souhaité que ce « Transumanza Jam » se prolonge encore et encore. Selon moi, l’album ne fera pas l’unanimité. On trouvera tel morceau trop ceci ou pas assez cela. De mon côté, je le préfère au précédent et je suis heureux de voir un des groupes que j’ai chéris il y a près de cinquante ans produire encore une musique qui m’interpelle et que j’écoute avec plaisir. Je laisse le leader de PFM conclure cette chronique, ‘’Cela n'aurait eu aucun sens de produire un album d'une certaine manière parce que c’est ce que les gens attendent de nous. Nous devions d'abord nous satisfaire et faire un album qui représente qui nous sommes maintenant. Et après une si longue période difficile et tout ce que nous avons tous traversé, nous avons hâte de reprendre les tournées et d’interpréter ces nouvelles chansons en direct sur scène !’’

    - English version:

    1. Worlds Beyond (3:19)
    2. Adrenaline Oasis (4:53)
    3. Let Go (4:06)
    4. City Life (5:01)
    5. If I Had Wings (4:23)
    6. Electric Sheep (4:09)
    7. Daily Heroes (3:48)
    8. Kindred Souls (6:19)
    9. Transhumance (1:07)
    10. Transhumance Jam (3:39)

    - Italian version:

    1. Mondi paralleli (3:19)
    2. Umani alieni (4:53)
    3. Ombre amiche (4:06)
    4. La grande corsa (5:01)
    5. AtmoSpace (4:23)
    6. Pecore elettriche (4:09)
    7. Mr. Non Lo So (3:48)
    8. Il respiro del tempo (6:19)
    9. Transumanza (1:07)
    10. Transumanza Jam (3:39)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Franz Di Cioccio - Lead vocal, drums
Patrick Djivas - Bass, keyboards
Marco Sfogli - Electric and acoustic Guitar
Lucio Fabbri - Violin, viola
Alessandro Scaglione - Keyboards, piano
Alberto Bravin - Keyboards, acoustic guitar, back vocal
Chorus: Alberto Bravin, Lucio Fabbri, Alessandro Scaglione, Marco Sfogli

Special guests:
Ian Anderson - Flute
Steve Hackett - Electric guitar
Flavio Premoli – Minimoog
Luca Zabbini - Hammond organ, piano, Mini-Moog