CHRONIQUE / REVIEW

Mark WINGFIELD with Jane CHAPMAN and Adriano ADEWALE

Zoji

Releases information

Release date:

January 1, 2021

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Moonjune Records

Royaume-Uni / UK

Mario Champagne - March 2021

6,6

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

L'excellent guitariste anglais Mark WINGFIELD nous revient pour une œuvre franchement atypique, en collaboration cette fois-ci avec une claveciniste anglaise, Jane CHAPMAN, d’obédience classique, avec qui WINGFIELD a déjà beaucoup travaillé par le passé, et un percussionniste londonien, d’origine brésilienne, Adriano ADEWALE. Ensemble, ils ont décidé de faire côtoyer l'improbable, une guitare électrique en mode jazz, un clavecin pour menuet et des percussions d'un sud qu'on sent très exotique et près de la nature. À prime abord, cela ressemble à un croisement contre nature mais de cette expérience unique et innovante, en résulte un son qui pourra laisser perplexe, songeur, ébahi ou ensorcelé, tout dépendant de votre humeur, de votre perception et de votre tolérance, car ces musiciens osent et explorent ensemble des juxtapositions sonores très éclectiques. Tous les titres sont pour la plupart instrumentaux et ont été créés par WINGFIELD, sauf deux, « Pasquali Dream » et « Prélude Sinueux » qui résultent de nouveaux arrangements d’œuvres datant 18ème siècle, faits en collaboration avec Mme CHAPMAN.

Dès les premières notes de « City Story », vous comprendrez où vous mettez les oreilles. Guitare plaintive errante, percussions jazzy et un peu funky, clavecin cassant aux notes piquantes comme de la grêle, le tout oscille entre rigueur d'un rythme mesuré et la folie d'une guitare qui cherche sa voie pour s'émanciper. Il règne comme une impression de musique asiatique au niveau cadre conceptuel, dans une atmosphère minimaliste, charmante et très épurée. Le plus compliqué pour appréhender cette musique, c'est de suivre ce qui se passe, car il s'en passe des choses et sur trois fronts, car chacun intervient à des moments peu prévisibles, créant ainsi une certaine sensation de cacophonie, comme si chacun jouait pour sa pomme dans son coin. Malgré tout, à force de concentration et d'efforts, cette musique intellectuelle qui donne parfois l'impression d'être improvisée finit par devenir lisible dans son intégralité. Sur la très cinématique suite, « Seven Faces of Silence », ADEWALE se montre plus présent, dès le début y ajoutant crotales et osselets qui s'agitent autour d'un clavecin frénétique, avec en trame de fond des chants d'oiseaux suggérés. On passe dans un mode encore plus expérimental moderne où la guitare de WINGFIELD se comporte pratiquement comme un instrument à vent mutin, avec les gémissements plaintifs d'ADEWALE, qui se veut aussi grand shaman dans cette messe aux contrastes abrupts entre classique, jazz sifflant et effets sonores tribaux. Et on en tirera comme conclusion qu'ADEWALE dispose d'une sacrée quincaillerie sonore.

Sur « Persian Snow Leopard », la pièce la plus longue avec plus de 8 minutes, ADEWALE utilise sa voix comme un instrument organique servant de basse. Le titre est plutôt lent et répétitif, un peu déprimant, avec une redondance principalement due au fait que le clavecin très présent est toujours sur la même note. Vers la fin, la guitare de WINGFIELD crée une diversité rythmique salutaire mais il est un peu tard car on a l'impression que ces minutes écoulées nous ont mené nulle part. « Parallel Times » frétille de notes perçantes dès son ouverture, avec clavecin et percussions atypiques frénétiques, faîtes de bois, d'os ou de coquillages, je ne sais pas, mais qui génèrent cette impression de tourbillons dans les oreilles. La pièce s'étiole sur de longs flottements atmosphériques avant de prendre une tangente rythmique plus percutante et jazz vers la fin. Pas mal ! « Land on Sky » se montre quant à elle, plus jazz mystique, en mode « world beat » mystérieux, sombre et triste.

Après un certain nombres d'écoutes des titres suivants, et la surprise passée du début, s'est installé une certaine forme de lassitude de ma part, ma patience s'évaporant, le tout a commencé à m’apparaître comme fouillis et désordonné, avec une lacune, soit le manque de mélodie accrocheuse. C’est ce dont souffrent, à mon avis, des titres comme « Sun Count » et « Wind Falls Cliffs Rise ». La très courte « Pasquali's Dream » est encore plus minimaliste; que du clavecin et des bruits, permettant à Mme CHAPMAN de mettre en valeur tout son talent. Vient « Zoji Pass » après de longs instants de mer placide et erratique qui s’étirent depuis plusieurs plages, alors que ma barque ne demande qu'à chavirer! Ce titre nous propose une petite dose de testostérone à la guitare, et il se passe quelque chose, soit presque, je dis presque, un élan métal ce qui est fortement notable, mais sans que cela en soit vraiment. Retour à la case renaissance au clavecin dans « Prélude Sineux » où la guitare de WINGFIELD modernise et actualise ce vieil air du 18e siècle. Pour conclure, « Viaduct Road », ma préférée de cet album, car plus mélodique que le reste de l'ensemble. On y sent un fil conducteur cinématique « jazzy » grâce à la guitare de WINGFIELD, une trame à suivre, où s'accroche avec soins les percussions claquantes d’ADEWALE et les sections répétitives cristallines de clavecin de Mme CHAPMAN.

Finalement, le niveau innovation de « Zoji » est assez élevé, et les musiciens dominent indubitablement leur art. Il faut reconnaître qu'ils ont repoussé des limites au niveau créatif, donnant naissance à un style très particulier qui aura à mon avis, de la difficulté à trouver son public. Une collection hétéroclite et complexe de titres mais qui à la longue se ressemblent beaucoup, ce qui pourrait en lasser plus d'un. Autre difficulté pour l’auditeur, il lui sera difficile d’absorber et de mémoriser un de ces titres car cela se révèle un énorme défi. J'aurais sincèrement aimé apprécier plus, mais malheureusement, pour ce qui est de mes goûts, cette œuvre en est bien éloignée, surtout que l'aspect mélodique y est volontairement absent. WINGFIELD et ses amis font bouger des lignes, ce qui est franchement honorable, mais la voie à suivre se retrouve peut-être dans le dernier titre où la substantifique moelle du jazz a su brièvement montrer son bout du nez! Cependant, il est fort à parier que les amateurs de musique expérimentale vont y mettre à profit tous leurs neurones ! Bonne découverte !

    1. City Story (5:11)
    2. Seven Faces Of Silence (6:36)
    3. Persian Snow Leopard (8:18)
    4. Parallel Time (8:42)
    5. Land On Sky (6:39)
    6. Sun Court (3:18)
    7. Wind Falls Cliffs Rise (7:22)
    8. Pasquali Dream (2:20)
    9. Zoji Pass (6:08)
    10. Prélude Sinueux (4:22)
    11. Viaduct Road (5:49)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Mark WINGFIELD - Guitar, Soundscapes
Jane CHAPMAN - Harpsichord
Adriano ADEWALE – Percussions and Vocals

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