CHRONIQUE / REVIEW

Jump

Breaking Point

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Releases information

Release date:

November 16, 2020

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Independent

Royaume-Uni / UK

Mario Champagne - February 2021

8,4

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

N'ayez crainte, ceci n'est pas un éditorial politique, mais il faut reconnaître que le Royaume-Uni s’est retrouvé ébranlé et divisé à la suite du vote du BREXIT. Des forces obscures ont magouillé pour exacerber le fanatisme et la haine de l'autre, pointant du doigt les vilains immigrants, têtes de turc et causes désignées pour subir l’opprobre vengeur pour tous les malheurs subit par la population insulaire de sa Majesté Babette.

Les Gallois de JUMP, qui raffinent leur art depuis plus de 30 ans, ont lancé leur 14e album en novembre dernier justement sur ce sujet très sérieux qui fâche et divise la population britannique, car délicat, mais ils ont le courage de l'aborder franchement. Une thématique provocante qui pousse les auditeurs à se questionner sur leurs valeurs, et à porter une réflexion sur ce qui s’est passé. Et comme le poison politique du moussage de la crainte de l'autre est global, les textes de JUMP peuvent susurrer une source de réflexion pour tous les peuples avides de bon sens.

« Breaking Point », le moment où tout s’est cassé, se révèle un sujet sérieux qui ne fait pas dans les mièvreries, et un album intéressant loin du « Prog » symphonique et autres complexités alambiquées. Il s'agit plutôt d'un bon album de « soft » rock mélodique, où les textes sont très importants, où les guitares règnent en maîtres mais sans jamais se lancer dans d’interminables solos. Les neuf pistes issues de celui-ci sont parfaites pour les radios FM, et cela dit, ce n'est pas pour les dénigrer, car vu le message qu'elles contiennent, au contraire, il serait bon qu'elles soient diffusées à tout vent. La simplicité dans la démarche et les bonnes compositions, avec ce souci des petits détails sonores insérés qui font la différence, livrent conjointement une œuvre qui s'écoute avec plaisir, portée par la voix chargée d'émotions de John Dexter JONES, particulière par sa fragilité et familière, pouvant rappeler des chanteurs comme GOWAN sur le titre « The Heroes » mais surtout le FISH des années 80, lorsqu’il pratique une diction très théâtrale de conteur, et ce sur la plupart des titres. De surcroît, preuve d'une indubitable confiance en ses moyens, JONES délivre des sections « a capella » avec brio.

La pièce d'ouverture de l'album « The Heroes », frappe avec force en mode rock, et permet à la formation de se raconter, insistant sur leur persévérance à vouloir toujours être là sur scène pour faire ce qu'ils aiment. Sur « The King », on remarquera l'intégration de rythmes et chants folk, livrés par des musiciens expérimentés qui n'ont plus rien à prouver, et on obtient presque du TULL sans flûte. Vient ensuite un bloc de chansons axées sur les péripéties des réfugiées venant du Moyen-Orient. L'horreur de la guerre dans leur contrée natale, la terreur, la destruction, la fuite, tous les dangers d'un voyage vers une terre promise qui se révèle cruelle, froide et inhospitalière. Sur « The City », on pourra regretter des percussions plutôt linéaires et sans surprise mais ce sont les solos de guitares qui brillent dans cette pièce où la colère gronde. « The Voices » nous offre une entrée majestueuse de clavier accompagnée en crescendo des autres instruments dans une polyrythmie cacophonique, donnant un effet de musique industrielle suivi de riffs à la guitare bien balancés. « The Cellar » m'a semblé très aboutie au niveau composition, malheureusement trop courte mais très intéressante pour ses vagues influences orientales. D’ailleurs, le cellier fait référence à l’endroit de la maison où les citoyens qui subissent les conflits se cachent au sous-sol, pendant les affrontements, en attendant dans la crainte.

Avec la pièce titre de l'album, les choses sont prises sérieusement, très bonne composition néo-prog rappelant par moment DIRE STRAITS, et dans le chant il y a cette petite « punk-attitude » extravertie qui ajout un niveau dramatique à ces instants chantés. Théâtralement bien rendu, sur ce titre qui qui raconte le mécontentement des anglais face à l’afflux massif de réfugiés. « The Parade » offre une des ouvertures les plus intéressantes de cet album avec en renfort claviers et accordéon, qui ajoutent une richesse décorative à l'ensemble. Cette pièce offre une réflexion sur ce que penserait tous les soldats anglais qui se sont battus pendant les grandes guerres sur l'état moral actuel de leur pays. « The Widow » s'amorce sur une longue section plutôt répétitive, plutôt conventionnelle et simple quoique le dénouement est plutôt mélodique. Mais difficile de mettre de l’exubérance sur un titre qui demande une certaine forme de recueillement, puisqu’il s’agit ici d’un dialogue entre deux personnes dont l’une est décédée pendant la guerre, sur le front.

Pour conclure, « The Cold Fire », avec son stylisme très militarisé à cause de son tambour, mais qui passe par un crescendo d’excellent riffs hard rock, avec un chant très typé néo prog à la MARILLION de FISH, amenant une fin mélancolique, que j’aurais aimé voir perdurer. Une thématique philosophique complexe est abordée dans ce texte dont le questionnement face à Dieu, la dernière étincelle de vie, les peurs, les angoisses et l’espoir qui cohabitent dans les derniers instants de vie.

Si vous êtes amateurs de formation au son plus rock que prog, telle WISHBONE ASH, cet album sera pour vous une valeur sure avec son ensemble de chansons porteuses de messages et génératrices de réflexion. Ces types savent composer des chansons, et la simplicité de leurs mélodies ne doit surtout pas vous berner, car il y a du travail là-dessous pour en arriver à ce point, car cela glisse dans l’oreille et s’y installe pour de bon. Je ne peux que vous encourager à porter attention à ces musiciens aux bonnes intentions. Un groupe à messages qui a vraiment quelque chose à dire, et qui usent de leur talent pour faire bouger les lignes. Titres préférés : « The Parade » pour son tricotage habile de guitares autour d'un jeu simple de batteries et pour son texte, et « The Cold Fire » Bonne écoute!

    1. The Heroes (4:54)
    2. The King (6:02)
    3. The City (6:15)
    4. The Voices (4:35)
    5. The Cellar (2:23)
    6. Breaking Point (7:16)
    7. The Parade (4:56)
    8. The Widow (5:26)
    9. The Cold Fire (7:21)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Steve HAYES – Guitars
Andy BARKER- Drums
Mo - Keyboards and Accordion
John Dexter JONES - Vocals
Steve RUNDLE- Guitar
Mark PITTAM - Bass