CHRONIQUE / REVIEW

Isobar

Isobar II

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Releases information

Release date:

December 10, 2021

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Independent

USA

Mario Champagne - December 2021

9,0

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Une belle surprise en cette fin d’année, car c’est le retour d’ISOBAR, cette formation de San Jose, en Californie, qui nous avait offert un premier album éponyme savoureux en 2020, et qui nous revient avec une heure d’enregistrements toujours aussi finement élaborés de musique progressive instrumentale dans ce nouvel album tout simplement intitulé « II » (2).

On y retrouve les membres fondateurs et principaux qui y sont toujours présents, soient Jim ANDERSON, Malcolm SMITH et Marc SPOONER, qui furent tous membres de la formation Prog METAPHOR qui connut par le passé quatre albums bien appréciés du public. Ce sont eux qui ont composé l’ensemble de cette musique. Ils ont été rejoints de nouveau pour cet album par le célèbre Mattias OLSSON aux percussions, connu principalement pour ses performances avec ÄNGLAGARD et WHITE WILLOW. On retrouve également le trompettiste Evan WEISS et le saxophoniste Ben BOHORQUEZ dont les exultations en mode « Prog fusion » viennent rehausser l’ensemble de ces compositions très éclectiques et résolument modernes qui plairont à ceux qui apprécient déjà le travail de formations comme ZOOP, HAPPY THE MAN, SKE, GRYPHON et les Français de SCHERZOO. Il faut aussi signaler la contribution d’une autre pointure du Prog dans cet album, celle de Robert BERRY, auteur-compositeur, producteur et musicien qui a mixé l’ensemble et qui est connu pour ces collaborations avec les demi-dieux EMERSON et PALMER, mais aussi pour ses derniers albums en solo chroniqués dans nos pages.

Ceux qui avaient été séduits par le premier Opus renoueront ici avec la finesse des compositions exceptionnelles, aventureuse et excentriques caractéristiques de ce groupe. Après l’écoute de quelques titres, on se rend rapidement compte que cette équipe adore jouer avec des mélodies amusantes et inhabituelles, en appliquant des changements harmoniques imprévisibles, des signatures rythmiques changeantes, des arrangements intéressants et des figures musicales serrées et entrelacées qui fusionnent et resurgissent.

On y remarquera aussi l’usage régulier de phases de polyrythmie et la mise en place d’ostinatos aux sonorités inhabituelles, comme dans le titre « Eigengrau », intelligemment pensés qui se fondent dans des crescendos dynamiques, qui subitement pivote en une fraction de seconde pour prendre une autre orientation avec des tonalités ou des rythmes inattendus qui surprennent. Ils osent et c’est ce qui est plaisant, ajoutant là où on ne s’y s’attendait pas des passes de violons, de contrebasse, de xylophone, de claquements de doigts, de crotales, des bruits d’écoulement d’eau, de chaines et de clochettes (je vous rassure cela ne fait pas Noël !) Sans oublier l’usage intelligent des cuivres qui ajoute une dimension fortement jazzy tout en restant très Prog, comme dans le titre « Obstination » où le flot de notes funky rappelle par le style débridé du « math rock » de THE BOB LAZAR STORY.

Il faut souligner le travail monstre sur les claviers de SPOONER qui mène avec un leadership affirmé la danse dans l’ensemble des performances, appuyé par un travail de recherche immense au niveau des percussions où OLSSON assure de mains de maître. Le tout se révèle, à mon avis, plus complexe que sur l’album précédent, quoique certaines pièces se montrent plus lourdes (« Zed The Inhaler ») et plus sombres, dont « Flannel » sur laquelle on pourrait se demander s’il n’y a pas la patte d’OLSSON sur celle-ci, rappelant le style de son dernier album « Cathedral ». Malgré tout, l’aspect mélodique semble être la priorité pour cette fine équipe.

Parlant de mélodie, la longue suite de près de 20 minutes, devrait ravir les fans actuels et leur en faire gagner beaucoup dans cette amalgame dynamique où se côtoient des passages pratiquement classiques d’une grande noblesse, un rock balaise, des sections de guitare à la HACKETT, des sections espiègles et rythmées ou l’on construit et déconstruit les trames musicales, de courts intermèdes de bravoure dans le style propre de la formation, qui enchainent avec des ostinatos de notes saccadées, où les claviers génésiens flirtent avec un style proche de GENTLE GIANT. Que de bonnes références en somme !

Les amateurs de Prog exigeants qui aiment les compositions originales et innovantes avec une profondeur musicale et un niveau de complexité suffisant pour leur titiller les neurones car avides de changements de rythmes en quantités mirobolantes, trouveront beaucoup à digérer et aimer sur ISOBAR II. Un album qui devrait figurer bien placé dans les classements de cette année (c’est ce que je leur souhaite !) car il y a là-dedans un travail impressionnant qui mérite d’être reconnu à sa juste valeur ! Bravo ! Titres préférés : « Zed The Inhaler », « Short Story long » et « The Impersonator of Sorrows » pour son ostinato génial accompagné de claviers génésiens dans cette longue suite qui mène au bonheur. Bonne écoute !

    1. Short Story Long (9:27)
    2. Obstination (4:27)
    3. Social Meteor (5:55)
    4. Eigengrau (4:46)
    5. Zed the Exhaler (6:01)
    The Jury of Ten Men Suite
    6. The Suppressor of the Archives (7:43)
    7. The Impaler of Distortions (3:12)
    8. The Impersonator of Sorrows (3:56)
    9. The Image Motivator (0:51)
    10. The Squire of Reason (4:13)
    11. Flannel (7:22)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Jim ANDERSON - Bass
Malcolm SMITH- Guitars
Marc SPOONER – Keyboards
Mattias OLSSON – Drums & Percussions
Evan WEISS – Trumpet
Ben BOHORQUEZ - Saxophone