CHRONIQUE / REVIEW

Isildurs Bane & Peter Hammill

In Disequilibrium

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Releases information

Release date:

September 24, 2021

Format:

CD, Vinyl

Label:

From:

Ataraxia

Multi

Marek Deveaux - September 2021

9,1

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

ISILDUR'S BANE est un ensemble de Rock de chambre symphonique Suédois composé de musiciens aguerris qui nous présentent leur treizième album, le premier album date de 1984. Après le très bon "In Amazonia" sorti en 2019, le groupe a renouvelé sa confiance avec l'illustre et légendaire leader du groupe VAN DER GRAAF GENERATOR... Monsieur Peter HAMMILL. Ces nordiques ont pour habitude d'inviter des célébrités comme sur l'album "Colours Not Found in Nature" sorti en 2017 où participaient Steve HOGARTH du groupe MARILLION, ou encore le batteur de KING CRIMSON, Pat MASTELLO. Cette deuxième coopération s'intitule "In Disequilibrium", elle est présentée en deux suites bien distinctes et contrastées. La première avec son titre éponyme qui se divise en trois morceaux porte parfaitement son nom, car nous sommes en présence d'un Peter HAMMILL bouillonnant de verve, une voix qui emporte tout sur son passage avec des hauteurs toniques et agressives sans concession qui transfigurent et déséquilibrent littéralement cet orchestre symphonique pour le transformer en un groupe de New Wave voire de Punk, mais chacun gardant toutes ses spécificités intrinsèques ! L'ensemble apporte un conglomérat étonnamment éclectique avec des thèmes mélodiques mêlées à des textures organiques, des détails orchestraux somptueux conduisant des contrepoints rythmiques parfois dissonants en compagnie d'arrangements de guitares sinueuses et de synthés analytiquement somptueux.

La seconde trame qui est partagée en quatre pièces intitulée "Gently" se fera lyrique et apaisée pour faire voyager doucement l'auditeur dans des mornes plaines où la joie de vivre aura presque disparu. Et pour compagnon de peine, de l'atmosphérique, de l'ambiant électronique, des bruitages et des sonorités diverses et variées comme des tubes de bois, un xylophone, des cuivres multiples, un violon, un piano, des effets cinématiques grandioses, quelques touches de mellotron et des synthés en veux-tu... Le chant est un peu plus rare et moins virulent mais présentera un aspect charnel s'engageant dans de l'expressionnisme afflictif qui nous montrera un tableau plutôt noir et théâtral... Du haut de ses 73 ans le boss est toujours au sommet de son art, il nous délivre ici une voix qui a su conserver toute sa jeunesse et continue à nous transmettre ses émotions toujours aussi vives avec une tessiture quasiment inchangée mais légèrement plus grave comme un bon vin de "Grave" de Bordeaux qui aurait bien vieilli. Pourquoi New wave et Punk...? Car il y en a dedans ! A l'instar de l'orchestration ces deux genres n'apparaissent que dans la voix de Peter HAMMILL pour la partie "In Deliquibrium". Quelques notes de trompette et de bambous débutent la "1/1", des accords de guitare à la KING CRIMSON combinés à une orchestration avant-gardiste avec l'organe affûté de notre chantre délivrent des intonations énergiques avec quelques ressemblances à BONO de U2 première période voire aussi de Peter MURPHY de BAUHAUS. Sentiment de déséquilibre à l'écoute de cette première pièce ? Sûrement... mais un désordre admirablement ordonné et efficace (8,5/10) !

Sur la " 1/2 " on nous envoie une voix "punkée" qui vocifère avec une verve et un aplomb incroyable, par moment ça roucoule et ça en chante en chœur soyeusement et joyeusement. Les instruments y sont nombreux, les guitares ponctuelles mais efficaces et les synthés généreusement éclatants, entourés d'un djembé et de bambous nourrissant une rivière sonore à haut débit. La fin sera calme et "Vangélisque" (8/10). La "1/3" commence gentiment avec des beaux cuivres boisés qui serviront d'introduction au chant théâtral de notre vedette, ce récitatif se fera répétitif et sera accompagné de mille feux retentissant comme une cacophonie parfaitement maîtrisée pour avancer progressivement jusqu'à un point culminant où le chant s'affiche comme une douce délivrance en parfaite harmonie avec l'instrumentation. Un morceau excellemment élaboré avec technicité et talent ! (9/10). Passons à la deuxième partie avec "Gently (Step by Step)" où l'agitation retombe à des niveaux plus raisonnables. "2/1" est un court interlude où le vent souffle et s'active en cadence jusqu'aux touches d'un piano soyeux et paisible, un xylophone et une trompette apporteront un petit plus à cette œuvre cinématique réussie ! (7,5/10). L'impression vocale sur la 2/2 me fait penser au groupe Québécois CIRKUS, pour son côté solennel articulé avec lenteur et son ton "so britsh" arrogant et un peu énervant...Les pourtours instrumentaux restent classieux et définitivement de hauts niveaux, mais le résultat général est un peu tiré par les cheveux... une prestation qui me laisse de marbre (6/10).

"2/3" est un bref morceau atmosphérique où l'on peut entendre un saxophone jouer des basses profondes sur des ambiances "méllotronées" nous laissant naviguer dans la sérénité et la contemplation (7/10). Cinématiquement la partie "2/4" est la plus remarquable... avec ses explosions, ses rires d'enfants et ses profondeurs de champs particulièrement bien construites et exécutées par des bruitages et instruments de toutes sortes. Cette symphonie chantée un peu pompeusement m'évoque les BEATLES sous morphine, avec un hymne qui devient monotone et quelque peu dissonant. Les accords instrumentaux sont ici d'une rare beauté avec un point d'apothéose à 6:31 où se situe l'essence même de cet album hautement élaboré. Si vous avez tendance comme moi à écouter sous des décibels élevés je vous conseille de retirer vos écouteurs avant 7:48...! (9,5/10). Cette galette a été écrite pendant les confinements et a vu le jour après 14 mois de gestation, un temps assez long pour créer des textes qui tiennent bien les couplets, des accords complexes pour pénétrer à souhait dans le registre du Prog et des sonorités fouillées pour accaparer une voix hors norme. Désormais le défi n'est plus du côté des musiciens car la mission a été parfaitement accomplie mais de celui de l'auditeur. Il lui faudra écouter à plusieurs reprises et avec beaucoup d'attention pour comprendre toutes les subtilités qui foisonnent dans cette crêpe aux saveurs salées et sucrées. La production est irréprochable, rien n'a été laissé au hasard, il n'y a aucun doute nous sommes en présence de grands professionnels.

L'audiophile en quête d'enregistrement d’haute-fidélité saura apprécier celui-ci. "In Desiquilibrium" reste dans la lignée du précédent album "In Amazonia" au niveau qualitatif. N'hésitez pas à vous accrocher au fil de ces funambules de grand talent !

    1. In Disequilibrium (Parts 1-3)

    Part 1: 6:49
    Part 2: 9:31
    Part 3: 8:35

    2. Gently (Step by Step) (Parts 1-4)

    Part 1: 2:20
    Part 2: 6:28
    Part 3: 2:13
    Part 4: 8:23

    Total time: 44:19

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

- Peter Hammill / Vocals, guitar
- Katrine Amsler / Keyboards, sound design
- Klas Assarsson / Marimba, vibes, percussion
- Luca Calabrese / Trumpet
- Axel Croné / Bass, woodwinds
- Samuel Hällkvist / Electric guitar
- Mats Johansson / Keyboards
- Liesbeth Lambrecht / Violin, viola
- Jan Severinsson / Live sound
- Kjell Severinsson / Drums