CHRONIQUE / REVIEW

Force Of Progress

R3DESIGN

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Releases information

Release date:

August 27, 2021

Format:

Digital, CD

Label:

From:

Progressive Promotion Records

Allemagne / Germany

Mario Champagne - December 2021

8,9

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Il arrive parfois que l’imagerie employée pour une pochette de disque puisse potentiellement donner une très pauvre impression d’un album car qu’elle n’accroche pas l’œil de l’amateur de Prog. Cela pourrait être le cas pour la pochette du dernier FORCE OF PROGRESS qui se montre plutôt glaciale et tristounette. Cependant, il se cache derrière cet art visuel métallisé un son Prog métal haut en couleurs qui a su me réconcilier avec un genre pour lequel la désaffection semblait me conquérir à la suite de nombreuses déconvenues que j’ai vécues depuis trois ans, dans ce style où l’inspiration des clones n’arrivent souvent pas à la cheville de celle de leurs mentors.

Ici, un trio principal dirige cette troupe depuis 2016, tous des claviéristes, soient Hanspeter HESS (« The Healing Road »), Chris GRUNDMANN (« Cynity ») et Markus ROTH dit MARQUETTE. Ils nous livrent leur troisième galette « REDESIGN » qui fait suite aux précédents « Calculated Risk » de 2017 et « A Secret Place » de 2020, toujours avec fougue dans un style Prog métal aventureux, mélodique et très technique, mais pas sans âme, ce qui fait la grosse différence. De plus, les percussions de Dennis DEGEN sont dévastatrices et la basse de SCHLEICHER se montre agile et ludique, sans oublier la multitude de guitaristes invités qui exhibent avec véhémence leur dextérité digitale pour prétendre à la couronne de la meilleure prestation, et ils ne sont pas faciles à départager. Un album qui plaira très certainement aux amateurs de DREAM THEATER et de LIQUID TENSION EXPERIMENT, mais à l’instar de ceux-ci, sans sombrer dans le péché de la surenchère technique. Mais je dirais qu’ils ont leur style à eux, qui fait lourd parfois c’est vrai, mais malgré tout sur la longueur, on ressent qu’ils ont des principes de modération, car ne dit-on pas que la modération a bien meilleur goût?

Dès le premier titre, la table est mise, et on sait qu’on va bouffer des alignements de notes à une vitesse démente mais heureusement les mélodies accrocheuses restent et s’installent entre les quelques moments sereins offerts par les claviers qu’on appréciera pour prendre son « respire » avant que ne reprennent les hostilités.

Vient ensuite la première partie d’une suite, « Viral Signs I - Ambassador of Light » qui offre un métal Prog propre et pur avec des palettes d’émotions très perceptibles au sein d’une pluie de notes. Tout un crescendo à la cadence de l’horloge qui fait même chanter les anges. Excitante et emballante sont les mots idéaux pour définir l’ambiance générale. Les passages de claviers en solo sublimes s’accumulent, et quand on pense que c’est fini, ils relancent avec une nouvelle passe tout aussi originale et bien alignée, jamais hors contexte. Et en plus c’est le « fun », lourd, puissant, noble et intéressant d’un bout à l’autre de ses dix minutes. La bien nommée « Next » martèle la cadence avec des percussions monstrueuses, avec un son qui se situe entre un « stoner » lourd et un « RUSH » décontracté. Par la suite, l’esprit planant des claviers sereins s’installe et pour terminer cela en beauté, quel solo de guitare d’Amadeusz SEKTAS !

La deuxième partie de la suite, « Viral Signs II - Incident 3030 », s’ouvre dans un style rappelant DEEP PURPLE croisé à des chants grégoriens, escorté par des sirènes de voitures de police qui déclenchent des accélérations démentielles, et on pourrait se demander si PETTRUCCI fait partie du band en mode incognito. Suivi d’un ostinato stellaire subtil, on dirait une musique de film, mais c’est bien du Prog comme on l’aime qui nous charrie dans tous les sens et qui excite les neurones. Très bien produit, les insertions des chants du moine et de bruits dans la musique coulent de source, comme ces quelques sifflements de machines-outils, qui ajoutent une texture riche à ces moments presque planants qui laissent rêveur, mais on se réveillera tôt car quand ça martèle, cela martèle. Comment dire, nous offrirait-ils du classique camouflé sous des airs de brutes distinguées. Et encore une fois, une finale claire, nette et cristalline vient couronner cet exercice de longue haleine !

Changement de style radical avec « Lady Lake » On dirait au début un disco « funky », mais attention, on vous berne et on vous lance sur une fausse piste car les percussions, la basse pesante comme un trou noir et les claviers mutent, car tout cela se muscle progressivement, avec quelques ostinatos de belles notes de claviers pointues pour se donner bon ton bon genre et compenser pour ses exactions viriles.

Pour conclure, la pièce titre de l’album, au début foncièrement « space » suivi de piano guilleret, légèrement enfantin mais très espiègle, où j’ai l’impression de retrouver les petits grains de folie propre à Andy TILLISON de THE TANGENT. On appréciera par la suite, un son plus ambiant et planant grâce à la guitare de FLITTIGER. Une ambiance moins lourde mais totalement réjouissante, comme une célébration pour le travail bien accompli.

Mais ce qui me surprend le plus finalement, c’est que dans la multitude de groupes dit pour « amateurs de Prog » où je suis membre sur les réseaux sociaux, personne n’en parle ! Cela me semble incompréhensible. En espérant que cette chronique permettra d’attirer un peu d’attention sur leur travail sérieux, honnête et divertissant. Ils offrent une palette de titres aux ambiances variées, franchement mélodiques, qui devrait plaire à la multitude, grâce à des performances irréprochables. Convaincu, j’attends d’ailleurs ma copie physique de cette nouvelle force du Progressif! Titre préféré : « Viral Signs II - Incident 3030 ». Bonne écoute !
P.S. : Version digitale disponible ici : https://marquette-music.bandcamp.com/album/force-of-progress-r3design

    1. Ultra Conservation (5:52)
    2. Viral Signs I - Ambassador of Light (10:29)
    3. Next (7:07)
    4. Viral Signs II - Incident 3030 (16:03)
    5. Lady Lake (4:33)
    6. Redesign (6:18)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Hanspeter HESS – Keyboards & Synths
Chris GRUNDMANN - Guitars, Keyboards & Synths
Markus ROTH – Keyboards & Synths
Dennis DEGEN - Drums
Sebastian SCHLEIDER – Bass & Guitars
Achim WIERSCHEM - Guitar solo (4)
Stefan HUTH - Touch Guitar (4)
Markus SCHLEY - Monk Choir (4)
Claus FLITTIGER - Guitar solo (6)
Thorsten PRAEST - Guitar solo (1)
Amadeusz SEKTAS - Guitar solo (3)
Julian KÜSTER - Guitar solo (2)