CHRONIQUE / REVIEW

Dasia

Del Regime Invisibile

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Releases information

Release date:

June 19, 2021

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Lizard Records

Italie / Italy

Julian Zabelsson - September 2021

7,0

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

C’est avec une légère appréhension que je saisis ma plume pour cette première chronique chez ProfilProg. Puis je prends un moment de réflexion et me dit qu’après tout, pour un jeune chroniqueur d’origine italienne, quel meilleur baptême du feu qu’un jeune groupe italien : Dasia est un trio fondé en 2015 par Elettra PIZZALE, Lucca STROCCO et Edgardo MAURONER, qui propose des compositions expérimentales à la frontière du post rock, rock alternatif et du rock progressif. Après un premier EP sorti en 2017, le pétillant trio arrive cette année avec un album concept de 13 titres avec une recherche de sonorités plus électroniques et « dark jazz » selon la définition qu’ils en font sur leur site internet (pour les italophones). État des lieux :

Je me permettrai de découper mon analyse en trois paragraphes distincts puisque le groupe me facilite la tâche en nommant très sobrement un de leur morceau « Interludo ». Toujours aussi sobrement « Intro » se donne une petite minute pour nous décrire l’univers de ce « Del Regime Invisibile », les amoureux d’ambiances dystopiques (dont je fais partie) seront comme des poissons dans l’eau. Il nous met également sur les rails en nous présentant le riff incisif de « Nascondendo Il Bene », il y a du Nu Metal dans l’air de ce morceau qui n’aurais pas détonné dans un album de Rage Against The Machine. Une mise en bouche efficace et explosive qui s’enchaine avec un « Epifania : Il Naufragio » qui doit être une plaie à jouer live, puisqu’il repose sur la superposition de staccati en harmonique, changement de ton ici avec des sonorités punk rock anglaise à la Muse de la grande époque, un enchainement de headbangers subtils et ravageurs. « Vertigine » viens conclure cette première partie en réussissant exactement ce que le titre nous promet : nous donner le vertige. Les progressions chromatiques et les chuchotements qui ricochent dans le casque crées un sentiment de malaise très réussi.

Le très atmosphérique « Interludio » entame la deuxième partie de l’album en nous emmenant en douceur vers mon coup de cœur « Polveri Sotti », déjà parce que votre serviteur est un adorateur des rythmiques asymétriques devant l’éternel et que son 17/16 fait son petit effet sur moi, et ensuite parce que je trouve son atmosphère (qui pour les connaisseurs m’évoque EZ3KIEL) et sa construction diablement conduite de bout en bout avec une puissance que l’on n’attend pas forcément d’un trio. A suivre le dyptique « Horror Vacui » dont la première partie n’a d’ailleurs pas peur du vide puisqu’elle est portée par un jeu de charley très aérien et une basse Flanger à l’efficacité sobre, la seconde partie adopte une approche atmosphérique en gamme arabisante avec une présence de Synth beaucoup plus marquée (ce qui me fait poser la question du lien entre les deux parties). Le titre éponyme à l’album vient conclure ce deuxième tiers de belle manière, bourrin dans son introduction, la basse très groovy porte le morceau, dommage que la partie médiane n’apporte à mon sens pas grand-chose.

Je passe rapidement sur « Affogate » et « La Nostra Resa » qui sont des morceaux très atmosphériques qui ne sont pas à mon sens le cœur du propos (même si le second s’en sors un peu mieux). « Liberaci Dal Bene » arrive en force derrière avec des tournes bien plus mémorables qui s’enchainent sans discontinuité, se permettant même enfin une modulation harmonique bienvenue, un des morceaux les plus Prog de l’album. On termine en beauté avec un « Amen » efficace qui prends le temps de monter en puissance (nous offrant même des changements de tempi), avec une outro taillée pour le live.

A l’écoute de cet album on est donc sur un trio qui malgré sa jeunesse maitrise déjà bien son sujet, l’univers est cohérent et efficace, ravageur et puissant par moment, on échappe malheureusement pas à quelques longueurs pouvant être inhérentes à une musique atmosphérique et surtout instrumentale, ce qui rend difficile la mémorisation de points d’orgues au sein de l’œuvre, on en ressort tout de même avec le sentiment d’avoir voyagé dans un univers cohérent et réfléchi, conduit de bout en bout par un navigateur qui connait sa barque.

    1. Intro (1:06)
    2. Nascondendo Il Bene (3:41)
    3. Epifania: Il Naufragio (4:24)
    4. Vertigine (5:18)
    5. Interludio (2:30)
    6. Polveri Sottili (5:07)
    7. Horror Vacui I (4:04)
    8. Horror Vacui II (6:53)
    9. Del Regime Invisibile (6:15)
    10. Affogate (4:16)
    11. La Nostra Resa (5:05)
    12. Liberaci Dal Bene (4:34)
    13. Amen! (6:05)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Elettra PIZZALE (Bass, Vocals)
Lucca STROCCO (Drums, Samples)
Edgardo MAURONER (Guitar, Synth)