CHRONIQUE / REVIEW

Darryl Way

Destinations 2

AGHORA.jpg

Releases information

Release date:

May 28, 2021

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Spirit Of Unicorn Music / Cherry Red Records

Royaume-Uni / UK

Mario Champagne - August 2021

8,1

Facebook_logo-7.png

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Mr Darryl WAY n’est pas un jeunot. Membre honorable de la ligue des dinosaures du PROG, puisque fondateur de CURVED AIR avec Francis MONKMAN et la chanteuse Sonja KRISTINA, un groupe qui connut un grand succès au début des années 70, il poursuivit sa carrière entre collaborations, épisodes de réunions avec CURVED AIR et disques solos. Artiste aux talents multiples, multi-instrumentaliste et violoniste de formation classique, il nous revient avec une suite à son album studio « Destinations » de 2019, par conséquent le numéro 2, de ce qui semble être une volonté de produire une série d’albums aux paysages sonores comme autant de cartes postales qui permettront aux auditeurs de voyager et planer à moindres coûts. Onze titres instrumentaux, et un chanté par Mr WAY, aux titres évocateurs suggérant les atmosphères ressenties sur ces lieux choisis pour célébrer son tour du monde. Mais pas que cela ! En fait, certaines pièces évoquent plus des sensations, allant de la joie à la fête et à la mélancolie. Probablement pour lui, et du coup pour nous tous, une échappatoire salvatrice pour se tirer d’un trait de la grisaille pandémique. J’adhère complètement avec ce concept !

Bien que WAY est reconnu pour ses talents de violoniste, sur cet album, c’est à la guitare qu’il se démarque et qu’il excelle. D’ailleurs c’est le cas dès dans le premier titre « Alhambra Knights » qui nous berce d’airs andalous et mauresques, avec une intéressante touche moderne, légèrement lourde, et un long passage de guitare acoustique très convaincant qui démontre une maitrise évidente des codes de ce genre de musique très agréable.

Changement drastique avec « Mother Earth » qui dans l’intro rappelle un peu le GOWAN du titre « A Criminal Mind », tout en prônant une approche totalement floydienne par la suite. Cela est surprenant car c’est le grand écart avec la musique du monde qu’il nous a servi en apéritif. Le violon crée une ambiance franchement mélancolique. Et les détails sonores insérés ici et là, ravissants leurres, nous installent dans la trame sonore d’un film qu’on aimerait voir et vivre.

« Banquet of Vanities » bien qu’insituable au niveau géographique, aurait bien sa place dans une performance de rock FM dans un grand stade bien qu’il penche aussi du côté folklorique. Avec « Café de Paris », pas de questionnement, tout en élégance légère, solennelle et mystérieuse comme pour la trame sonore d’un vieux film des années 70. Bal musette inclus ! C’est chic ! C’est classe sans sombrer dans des stéréotypes ! Avec « Colombian Gold », il y a de quoi se trémousser le popotin. Bien que fortement typée soleil, la musique développée ici se révèle moderne, dansante, entrainante, exécutée à un rythme délirant, tout en évitant encore une fois toutes fautes de goûts dans le genre « Compagnie Créole ». Une approche plus calme est développée par la suite, avec « Ocean Blues », qui suggère la puissance tranquille et lente des vagues de l’océan s’affaissant sur la plage, tout en élaborant un rock planant, sur fond de guitare pleureuse.

« Choctaw Ridge », nous invite dans le Mississipi, aux rythmes d’un violon « country » qui suinte la substantifique moelle de l’Amérique profonde, nous rappelant au passage un peu le style de KANSAS, mais surtout nous laissant s’imaginer des « hillbillies » dansant en tuxedo, pieds nus dans leurs bottines. Quand le « country » croise la grande classe, ça donne cela !

Avec « Rio Grande », on pourrait s’imaginer en canasson traversant les grands espaces américains sous un coucher de soleil tout en rabattant un troupeau de bétail. Trame sonore idéale pour un vieux western des années 50 de John FORD, avant que ce titre ne prenne une tangente latine plus festive qui détone carrément par son entrain, qui rappelle la dualité de ce grand fleuve, frontière de deux cultures. Vient ensuite « Vegas », un titre au son très « dance club » latino, saturé en paillettes, pour « mononcles » avec des beaux « coats » en prélart. Pour ma part, des « beats » un peu trop disco mais je dois avouer que ce n’est pas mal quand même, car comme toujours, Darryl WAY tire son épingle du jeu en traitant le sujet afin de le rendre intéressant. La période festive se poursuit dans une célébration dans la joie et l’allégresse sous l’hospice de cordes magiques sous le ciel du Mexique dans « Fiesta Mexicana ».

La grosse pièce de résistance, « Hungarian Rhapsody », où WAY nous fait une démonstration saisissante de son habileté à l’archet, dans une interprétation très classique, presqu’au rythme d’un tango, où le violon valse entre tristesse et mélancolie. Du grand art ! Puis il se lance dans des rythmes cosaques, idéaux pour la danse carrée sur amphétamines, vodka à la main, et jouant de la cuillère de l’autre ! Par quelle diablerie arrive-t-il à jouer aussi vite de ce violon ? Chapeau l’artiste !
Pour conclure, le très court « Across a River Wide », où l’on semble reconnaitre la patte d’ENYA, car on baigne dans le nouvel âge. La voix de WAY est agréable et chaude, et c’est dommage qu’il nous en prive. Il chante peu, mais Mme WAY prend la relève avec brio dans ce qui constitue une drôle de fin d’album. Mais d’ailleurs, ne s’est-il pas amusé à nous surprendre à chaque tournant !

Mr WAY est un musicien exceptionnel et un compositeur brillant qui évite généralement de sombrer dans les gros stéréotypes ethniques locaux. Il opte plutôt pour des formules subtiles pour l’évocation des lieux qu’il veut faire vibrer musicalement, y ajoutant une touche personnelle moderne. Je vais m’éviter un gros mas de tête en n’essayant pas de définir si c’est du progressif ou pas. Disons qu’il s’agit ici de belles œuvres musicales finement soignées qui feront plaisir aux amants de la musique en tout genre, incluant ma vieille tante Huguette ! Titres préférés : “Mother Earth”, “Ocean Blues” et “Hungarian Rhapsody”. Bonne écoute !

    1. Alhambra Knights (5:48)
    2. Mother Earth (7:33)
    3. Banquet of Vanities (4:43)
    4. Café de Paris (4:57)
    5. Colombian Gold (4:47)
    6. Ocean Blues (5:11)
    7. Choctaw Ridge (4:21)
    8. Rio Grande (6:31)
    9. Vegas (4:03)
    10. Fiesta Mexicana (4:33)
    11. Hungarian Rhapsody (7:05)
    12. Across a River Wide (The Immigrant Song) (2:17)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Darryl WAY – Violin, Guitar, Keyboards & Vocals
Peter SKINNER – Drums
Richard MEAD – Bass
Juliet WAY- Vocals