CHRONIQUE / REVIEW

Corrado Rustici

Interfulgent

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Releases information

Release date:

February 26, 2021

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Independent

Italie / Italy

Mario Champagne - April 2021

7,6

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Les afficionados de la grande histoire du rock progressif italien connaissent bien ce guitariste napolitain, compositeur et producteur récompensé de plusieurs disques multi-platine et ils n’ont nullement besoin de ce petit résumé de carrière, mais pour les autres, il sera utile pour vous de savoir qu’il est le frère de Danilo RUSTICI, membre fondateur d’OSANNA, et qu’il fut à 16 ans fondateur de la formation CERVELLO qui produisit « Melos », le seul album de cette formation, mais qui fut un des disques importants du rock progressif italien des années 70. Avec son frère, il poursuivit sa carrière dans une autre formation dans le style « jazz rock » nommée NOVA, où elle sévit à Londres pendant quelques années. Par la suite, il déménagea à Los Angeles, où il se joignit à une équipe de production pour des artistes majeurs dont Whitney HOUSTON, Aretha FRANKLIN, Herbie HANCOCK, George BENSON. Fort de cette expérience, il devint un des producteurs italiens les plus courus qui découvrit de nouvelles stars et produisit une multitude de vedettes italiennes dont Zucchero, Andrea BOCELLI, Luciano PAVAROTTI, PFM et bien d’autres. Au niveau international, il a aussi œuvré comme producteur sur des albums d’Eric CLAPTON, Jeff BECK, Paul YOUNG et Stevie Ray VAUGHN. Il collabora également comme musicien avec Allan HOLDSWORTH, George MICHAEL, Herbie HANCOCK, Phil COLLINS pour n’en nommer que quelques-uns ! Quel incroyable curriculum vitae !

En tant qu’artiste solo, il en est déjà à plusieurs albums et dans ses dernières productions notables, il y a l’album de CERVELLO « Live in Tokyo 2017 ». Son dernier opus de février 2021, intitulé « Interfulgent », comprend dix pièces instrumentales où il fait pratiquement tout mais qui compte aussi le support d’Alex ARGENTO, claviériste d’ICEFISH. Pour ce qui est du titre, « Interfulgent », il provient d’un mot latin qui signifie « qui se démarque en brillant » et qui vient chercher le sens d’intéressant. D’ailleurs, sur la pochette de l’album, le rectangle lumineux brillant représente ce qu’il y a de l’intérêt dans une période difficile à vivre du point de vue socio culturel, puisque que la scène est au point mort pour raison de pandémie. Cette luminosité, c’est la lumière au bout du tunnel indiquant que des temps meilleurs s’annoncent pour les artistes et les fans de ceux-ci !

RUSTICI propose ici une œuvre qu’il qualifie de « transmoderne », totalement axée sur la maîtrise de sa guitare et de sa pédale spéciale qui lui permet de moduler le son de sortie, avec des pièces criblées de riffs et de solis, faisant beaucoup dans la démonstration technique, comme dans le premier titre « Halo Drive », qui consiste en un mélange de hard rock, de jazz fusion et surtout de musique techno et d’ambient. A l’écoute des premiers titres, ce qui frappe c’est la proéminence des percussions programmées qui pourront ennuyer ceux qui sont allergiques à ce genre de procédé froid et à la cadence millimétrée. Dans « Night of the Jackal », ces percussions se comportent comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, massives, dans un titre qui se montre intéressant pour son aspect oriental habilement maquillé par la vague techno et pour la démonstration de dextérité à la guitare dans une approche mélangeant progressif et des éléments subtils de jazz. Entre Pop, Techno et hymne de stade, cette pièce balance dans toutes les directions. Pour ce qui est de la froidure, « Black Swan » fait figure d’Iceberg, avec sa « heavy dark funky techno » à la rythmique parsemée de cassures, prétextes à encore plus de torture de cordes.

Mais heureusement, malgré l’ambiance plutôt fraiche, un dégel s’est timidement amorcé du point de vue mélancolie dans « The Man from Yorkshire », un titre qui se développe lentement, note par note pendant une longue intro à la guitare, laissant place à un style plus jazzy parsemé de sonorités modernes où la guitare se fait très expressive. Mais « Anna » affiche encore plus son lot d’émotions et de tristesse, avec cette guitare pleureuse sur fond d’ambiance plutôt classique contemporaine. Une belle réussite à ne pas manquer !

Avec « Interfulgent », retour en mode techno, style année 80, haie d’honneur pour plus de démonstration technique avec une surabondance de percussions. « Khetwadi Lane » est un autre titre intéressant qui s’élance dans une ambiance de rêve, et où par la magie des machines, sa voix devient soprano féminine, annonçant des soli chargés de douceur. « Zuzu Blues », au son très eighties, est pas mal non plus mais les percussions programmées font office de tue l’amour, bien que l’ensemble contienne suffisamment de trouvailles intéressantes et compense avec des similis-chorales grandioses. Du point de vue ambiance qui colle à son titre, « The Waters of Enceladus » relève du succès avec son atmosphère spatiale, ses percussions hyper basses, son piano aérien et ses riffs de guitare majestueux aux échos interminables, qui se perdent dans le vide de l’infini. Pour conclure, l’excellente « G. on a sunny day », lumineuse à souhait, et vraiment, où l’on sent qui se passe quelque chose au niveau connexion entre les sentiments de l’artiste et ses instruments. Moment de grâce absolu !

Finalement, au niveau style, on y retrouve une variété assez intéressante. Si vous avez aimé les dernières productions de Xavier BOSCHER et de M’Z, ou si vous avez tout simplement un faible pour les performances de guitaristes, cet album pourrait fortement vous intéresser. Les amateurs de Prog allergiques à la techno feront probablement une rhinite à son écoute, mais c’est un album qui se savoure pour sa guitare et ses effets colorés grâce à la pédale, la colonne dorsale de cette œuvre. Plusieurs titres se montrent plutôt froids à cause de l’ambiance techno, mais ceux qui relarguent une charge émotionnelle, le font avec la grande classe. Seul bémol pour moi, l’aspect des percussions programmées qui ne me plaisent pas en général, mais cela reste toujours une question de goût. Titres préférés : « Night of The Jackal », « Anna » et « G. on a sunny day ». Bonne écoute !

    1. Halo Drive (4:43)
    2. Night of the jackal (5:41)
    3. The man from Yorkshire (Dedicated to A.H.) (3:59)
    4. Black Swan (3:56)
    5. Anna (4:44)
    6. Interfulgent (4:31)
    7. Khetwadi Lane (4:01)
    8. ZuZu Blues (4:28)
    9. The waters of Enceladus (4:52)
    10. G. on a sunny day (5:01)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Corrado RUSTICI - Electric and Acoustic Guitars, ©Sophia-guitar, Keyboards, Inuk, Beats Programming, Synthaxe-Voice in “Khetwadi Lane”
Alex ARGENTO - Additional Keyboards, Synth solo in “Halo”