CHRONIQUE / REVIEW

Ars Pro Vita

Cords

Releases information

Release date:

December 31, 2020

Format:

Digital

Label:

From:

Independent

Brésil / Brazil

Serge Marcoux - February 2021

8,6

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

ARS PROVITA, l’art pour la vie, quel nom bien choisi, le latin est ici fort approprié, pour œuvrer dans le monde du rock progressif. L’art, si étroitement lié à notre quotidien dans toutes ses formes, nous révèle sa très grande importance dans notre vie … par son absence. Nous avons tous soufferts, les artistes plus que tous, de la drastique diminution de la présence artistique dans nos vies depuis un an. L’envers de la médaille c’est que la pandémie a aussi offert du temps, quelquefois de l’inspiration, aux artistes de l’univers musical. Et le temps, accompagné de beaucoup de patience, est une notion que PAULO VENEGAS, co-fondateur d’ARS PRO VITA avec son frère LUIS FERNANDO, a su apprivoiser. En effet, l’album « Cords » dont il est question dans cette chronique a vu le jour il y a quarante-cinq ans. Mais la musique progressive au Brésil dans les années 70 était très marginale, O TERÇO, SOM NOSSO DE CADA DIA, OS MUTANTES et quelques autres mais peu de présence, et les possibilités techniques et monétaires étaient extrêmement limitées. La communauté progressive internationale n’existait pas, ou si peu. L’Internet était à venir. Alors un jeune homme qui n’avait pas encore vingt ans a mis son projet dans un tiroir et il a cultivé la patience. Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite chaleureusement à lire l’entrevue que PAULO VENEGAS nous a accordé sur son parcours, sur la musique progressive au Brésil, sur l’utilisation des nouvelles technologies pour un musicien et sur ce troisième album d’ARS PRO VITA.

Formé en 2015, ARS PRO VITA a offert son premier jet artistique en 2017 avec « Minor ». L’année dernière, en juin, le duo, supporté par de nombreux musiciens, récidive avec un album double, « Peace », une œuvre ambitieuse et éclectique sur la guerre. Puis tel un cadeau de fin d’année, l’ami PAULO, seul cette fois, nous a ouvert son fameux tiroir et ce, le 31 décembre. « Cords » est un album sur la vie. C’est la pulsation qui nous anime, qui nous pousse à travers le temps et l’espace. L’écoute attentionnée nous permet de découvrir ces paroles et cette musique composée en 1975. Voici un album qu’il faut impérativement écouter à l’ancienne. Pour l’apprécier à sa juste valeur, installez-vous confortablement devant votre système audio ou avec vos écouteurs favoris. Assurez-vous de prendre connaissance des paroles et de savourez les propos associés aux cinq morceaux, dont deux longues suites, vingt-neuf et vingt-deux minutes.

« Novæ Terræ » est dédié à l’humanité. Le morceau aborde le thème cher aux humains de la possibilité d’aller vivre sur une autre planète advenant la défaillance de la nôtre. Voici un sujet abordé par de nombreux auteurs de science-fiction et qui est peut-être trop près de la réalité pour notre paix d’esprit. Cette troisième suite, avec seize minutes au cadran quand même, débute majestueusement avec ses claviers. Comme on peut le découvrir dans l’entrevue ou avec l’énumération des instruments que maitrise Maestro VENEGAS, les dits claviers peuvent aussi venir de sampling. Après quelques minutes, un narrateur à la « Electric Castle » d’AYREON, prend le relais. Pour notre plaisir, l’univers musical floydien colore le cœur de ce morceau, notamment après le segment parlé. Ici, comme dans les autres morceaux, nous sommes un peu bluffés par le mélange instruments réels et sampling. Force est d’admettre que ça passe bien et que le résultat plait. Ici, je pense à la basse et aux chœurs, entre autres. Une poussée symphonique précède la narration finale.

Il serait un peu vain de vouloir faire une description détaillée « Banquet in a Middle-Age Irish Castle », j’adore ce titre. L’histoire est totalement rocambolesque. Imaginez un peu ! En 1402, un barbier anglais est transporté par un coq noir à travers la voie lactée et un trou noir pour se retrouver dans un château irlandais et se voir devenir un des mets d’un banquet d’animaux. Mais auparavant, il est passé par douze portes de douze salles du dit château, il a aussi été question de la théorie des cordes et de son corps étiré comme un spaghetti. Rien de tel que de suivre l’histoire, comme je l’écrivais plus haut, en écoutant cette suite. Ce morceau alterne les passages chantés et ceux narrés. La voix de PAULO VENEGAS rappelle beaucoup celle de PETER GABRIEL et cette ressemblance fonctionne bien notamment avec une telle histoire. À titre de référence générale, je pourrais dire que, musicalement, nous naviguons dans l’univers GENESIS et IQ. Mais ce serait un brin réducteur car vous avez un passage un peu médiéval avec la très jolie voix d’ANNA PAZ. Vous avez aussi l’espace qui est suggéré par les claviers ambiants et ainsi de suite.

La deuxième pièce dédicacée, aux pères, est la presqu’instrumentale et fort belle « Threads ». Entamée au piano pour près de deux minutes, la pièce s’enrichit de divers claviers puis d’orchestration et d’un court poème. Ce morceau fort réussi évoque la pièce « The Marsh » de l’album précédent et divers thèmes de « Cords ». « Lazarus and His Beloved » est une suite divisée en quatre sections principales. L’art est ici au service de l’art puisque PAULO a ici été inspiré du livre du même nom de GIBRAN KHALIL GIBRAN. Il a été publié à titre posthume et conçu pour être joué sur scène. Cette histoire d’amour du temps de Jésus de Nazareth a d’ailleurs été jouée à de nombreuses fois à travers le monde. À l’instar des deux autres longs morceaux, on y retrouve des passages de narration. La suite est aussi caractérisée par de belles orchestrations et des passages de violon. Au cours d’un deuxième moment pastoral, la deuxième invitée, ANDREA KAIZER, partage le chant avec la voix légèrement trafiquée de M. VENEGAS. Une poussée de guitare électrique et de synthétiseur particulièrement réussie succède à ce passage. La finale évoque de nouveau l’univers de GENESIS avec ce qu’il faut de la touche du compositeur. L’ultime pièce, « Cords », est cette fois dédiés aux mères. Un texte touchant sur les derniers moments de notre existence physique est principalement accompagné du piano et d’un peu de guitare électrique. Voici un album où la densité des textes, la teneur des propos, les nombreuses narrations et la musique sont telles que vous pouvez difficilement en faire une écoute distraite ou un peu superficielle. Cependant, cette œuvre prendra vie pour vous pour peu que vous lui accordiez un peu de la vôtre.

    I - Novæ Terræ (16:00)
    2- Banquet in a Middle-Age Irish Castle
    i)- The Barber and the Black Rooster (6:19)
    ii)- Flying Fauna (3:21)
    iii)- White Spaceship (6:52)
    iv)- The Puzzle and the Last Supper (12:21)
    3- Threads (5:34)
    4- Lazarus and His Beloved
    i)- Hot Sands of Bethany, 33 A.D. (Asleep) (3:25)
    ii)- Far from the Grave (The Journey) (7:43)
    iii)- Soulmates in Parnassum (Death After Life) (6:09)
    iv)- The Return (Life After Death) (4:43)
    5- Cords (3:14)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

- Paulo Venegas / Flute, Alhambra 1976 spanish classical guitar, acoustic piano, Mellotron,
ARP ProSoloist, Yamaha CP80, Martin 6 and 12 string guitars.
All orchestral, electric basses, electric guitars and drum parts are,
respectively, Kontakt sample libraries and Toontrack drums sample
libraries. Other keyboards like Hammonds, Oberheims, Dewtron bass-
pedal and the backing vocals were all sample libraries.

With:
- Anna Paz / soprano (2)
- Andrea Kaiser / soprano (4)

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