CHRONIQUE / REVIEW

Alfio Costa

Frammenti

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Releases information

Release date:

November 30, 2020

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Ma.Ra.Cash Records

Italie / Italy

Mario Champagne - March 2021

9,3

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Alfie COSTA est un claviériste italien connu principalement pour son travail dans la formation DAAL, mais aussi dans les formations PROWLERS, TILION et FUFLUNS que je connais moins bien. Comme la plupart des musiciens enfermés chez eux en raison de la pandémie et cherchant à s’occuper, il a eu le temps d’écrire un album solo en 2020, une œuvre dans un style symphonique très représentatif du rock progressif italien où les claviers ont évidemment la part belle, tout en s’entourant pour chaque titre de plusieurs amis des autres formations dont il est membre et d’invités prestigieux. Les formations TAPROBAN, IL ACIO DELLA MEDUSA et OSANNA ont donc été mises à contribution. Et s’il peut y avoir une participation qui vient estampiller cet opus d’un sceau de crédibilité, c’est bien celle de Lino VAIRETTI, chanteur du mythique groupe OSANNA. Alfie COSTA, entouré de tout ce beau monde talentueux, livre donc un album très sombre à prie abord. D’ailleurs, les thématiques parlent d’elles-mêmes, pour des titres parfois instrumentaux ou chantés par plusieurs vocalistes différents, ce qui ajoute à ce sentiment d’une œuvre éclectique et très variée au niveau style.

Que sept titres, mais chacun a sa personnalité propre. L’intro est superbe! Un titre cinématique intitulé « La nuit » où, les yeux fermés, on pourrait se croire dans un monde fantasmagorique où Madame Agnis chante de manière incantatoire comme une sirène pour faire échouer les amateurs de prog sur un rivage improbable alors que COSTA agite ses calmes et déferlantes vagues de synthés. Pour les amateurs d’ENYA, de Loreena MCKENNIT et de DEAD CAN DANCE car les airs de parenté me semblent assez évidents. Vient ensuite « Ombre au soleil », un titre qui brandit une multitude de style, allant du rock très rythmé où l’on notera l’excellent travail des guitares et de GUIDONI aux percussions, pendant que les synthés remplissent le vide, dans un mode « space » rock très discret.

Le chant déterminé d’Alessandro ACCORDINO, profite d’un bel effet de support, grâce à un effet intéressant de voix en duo. Certains passages sonnent très BLACK SABBATH, dans le style de l’album « Paranoïd » avec ses coups de cymbales et ses percussions lentes, avant une transition vers des passages plus calmes au piano. Le titre prend une tournure agréable avec un chant extrêmement mélodique et plus intimiste pour finalement revenir au thème principal, avec son riff très hard rock. Un titre en montagne russe riche en variations. Peut-être à cause de la présence du piano, j’ai souvent eu en tête cette idée de filiation avec un SUPERTRAMP en mode dramatique.

Sur le titre « Fragments », des vagues de synthés lourdes, à haute densité et très recherchées se bercent tout en échos avec une ligne de percussion qu’on dirait « ballottante ». Il faut mettre à fond le son pour savourer ces vagues qui voyageront entre vos deux oreilles. Et arrive cette voix, et quelle voix! Celle de VAIRETTI! Agréable, fluide, accessible, jazzy! Sur un rythme lent et « bluesy », la guitare plaintive partage équitablement la vedette avec ce chantre. On pourrait se croire dans un piano bar, face à un chanteur stylé en tuxedo. Les guitares s’agitent délicatement dans tous les sens dans une finale qui s’étire langoureusement, avec des moments magiques de harpe dans une nature pastorale. Sublime!

Une de mes préférées de cet album, « Lumières dans des notes d’ambre », jolie pièce instrumentale, où l’ensemble des cordes des violons avec le piano génèrent dans une atmosphère classique, une sensation de tristesse infinie mais le suspense en embuscade est susurré cinématiquement avant que le tout passe en mode hard rock. Le compositeur a vraiment bien planté ce crescendo qui laissera peu de gens indifférent. Les amateurs de piano vont se régaler.

« Falena », qui est un papillon en italien, est une pièce instrumentale qui se démarque par une ritournelle cristalline pour enfant, qu’on dirait sortie d’une boîte à musique, alors que des vibrations rapides simulent le battement des ailes du lépidoptère se débattant sur une fenêtre face à la lumière, dans un amalgame de sons clairs et pointus, où s’instaure une ambiance de mystère, qui se termine par une étrange transition de bruits, passant des sons charmants de la nature au brouhaha du monde moderne, sous le grondement des avions, le cri des sirènes, et le flot vrombissant des voies routières de Bergame.

« Scolopendra », un mille-pattes venimeux très long, comme ce titre épique de douze minutes, se déplace dans notre imaginaire à cadence marquée suivant le rythme des synthés vibrants et des multiples percussions chronométrées. Une autre section d’intro à écouter à fond la caisse, car la montée en puissance se montre tout à fait géniale. Intervient par la suite le chanteur de TAPROBAN, Guglielmo MARIOTTI, au timbre clair et assez particulier, une voix chaude qui s’insère bien dans ce titre très chanté à haute teneur dramatique. De belles lignes de basse, des claviers vintages à profusion, mais des variations de style à en perdre son latin, ce qui rend ce titre le plus difficile à aborder sur cet album. Il se méritera par votre persévérance. A souligner, l’intéressante finale atmosphérique planante et classicisante, de toute beauté!

Pour conclure, un titre très typique au « Baiser de la Méduse », une chanson pour quelqu’un ou quelque chose, ici, un souffle, où le chant de Simone CECCHINI m’a soufflé et il ne pourra laisser personne de marbre. Accueilli par une superbe ouverture et la flûte traversière, un chant superbe avec un de ses vibratos qui fait la marque des grands chanteurs. Une voix, un piano, une flûte! Mise en scène minimaliste mais chargée d’émotions, car CECCHINI chante avec ses tripes et il nous embarque dans son histoire tout comme savait le faire notre Gerry BOULET. Clou de cet album? Sûrement! Quelle performance vocale, frissons garantis! C’est calme, majestueux, électrisant et puissant en même temps!

Cet album de COSTA se révèle, après plusieurs écoutes, une très grande surprise. Fruit de compositions finement travaillées, cette richesse en passages mélodieux dans plusieurs styles différents étonne et devient addictive. Très bien produit, musicalement impeccable et supporté par des prestations vocales souvent hors du commun, je ne peux que vous recommander d’y apporter toute votre attention afin d’y découvrir ses gemmes cachées. Un petit bijou de rock progressif italien qui siérait bien dans ma collection, et pourquoi pas la vôtre. Titre Préféré : « Canzone Per Un Respiro », à vous couper le souffle. Bonne écoute!

    1. ...La Notte (1:52)
    2. Ombre Nel Sole (9:35)
    3. Frammenti (6:05)
    4. Luci In Note D'Ambra (8:23)
    5. Falena (4:39)
    6. Scolopendra (12:20)
    7. Canzone Per Un Respiro (5:18)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Alfio COSTA - Keyboards (Roli Seaboard, Synthesizers, Piano, Hammond Organ, Mellotron, Minimoog), Samplers and "Noises"
Agnis - Vocals (1)
Alessandro ACCORDINO (Egoband) - Vocals (2)
Bobo AIOLFI (Prowlers, Daal) - Bass (2-4, 6)
Claudio BONVECCHIO (Phaedra) – 12 String Acoustic Guitar (2)
Davide GUIDONI (Taproban, Daal) - Percussions (2-4, 6)
Guglielmo MARIOTTI (Taproban, Fufluns, La Bocca della Verità) - Vocals (6)
Lino VAIRETTI (Osanna) - Vocals (3)
Simone CECCHINI (Il Bacio Della Medusa, Fufluns) - Vocals (7)
Simone COLORETTI (Egoband, Fufluns) - Electric Guitar (2, 6)
Stefano PIAZZI (Prowlers) - Electric Guitar (4)
Vincenzo ZITELLO (NichelOdeon) - Bardic Harp (3), Cello, Viola and Violin (4), Transverse Flute (7)