
Retour de la Géométrie Noire de SEDDOK, groupe qui avait capté mon attention par son étrangeté très sombre lors de la parution de son premier volet en 2022. On constate en premier lieu une stabilité au sein du groupe avec le retour de la même équipe. Tout comme sur le premier album, ils présentent quatre pièces instrumentales relativement longues, aux titres numérotés, pour une longueur totale de 42 minutes, tout en réitérant leurs intérêts pour le style Avant-Prog, en allant chercher leur inspiration dans le Zeuhl et le Rock In Opposition, en plus de puiser dans les courants Avant-Prog belge et mexicain.
Dans les deux premiers morceaux, on renoue avec la même allure cinématique complexe et hermétique de l'album précédent. En effet, ceux-ci contiennent 50% d'expérimentation éclectique à base de sifflements, de vibrations analogiques, de cordes cristallines enveloppées de silence, comme des trames sonores de films étranges qui s’adressent à un public de niche (et je ne parle pas de drôles d'oiseaux), et 50% de passages rock lourds plutôt consommables. Redondances, bourdonnements, progressions lentes, claviers chaotiques machinaux et minimalisme assumé plombent les premiers titres.
Les deux derniers numéros sont plus intéressants grâce aux passages de guitares très rock, plus accessibles. "0203" démontre même un subtil petit côté "jazzy western", en plus de son roulement de barillet de pistolet. L'expérimentation s'affiche dans des ondes vibratoires, des échos, de la saturation. "0204" sort du lot par ses ondes sonores modulées en boucles, ses claviers marécageux, sa guitare badine, ses détails sonores éclectiques, sa guitare atmosphérique ondulatoire, ses claviers métalliques cinglants, sa basse caverneuse, et ses cymbales dominantes. Dans ces deux dernières pièces, l'aspect mélodique sauve la mise, et me semble la route à suivre pour perdurer car il y a des points positifs dans leurs élans rock conventionnels. Bonne écoute !




