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CHRONIQUE / REVIEW

The Emerald Dawn

The Land, The Sea, The Air (Volume II)

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Releases information

Release date:

May 29, 2026

Format:

CD, Digital

Label:

From:

World’s End Records

Royaume-Uni / United Kingdom

Pascaline Hauriez - August 2026

8,6

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Je viens de recevoir le dernier projet d’Emerald Dawn : le volume 2, et je m’enquis, avec hardiesse, de le déposer dans mon lecteur audio. L’évasion s’installe. Des effets sonores évanescents ouvrent un portail onirique, d'où s'échappent des vocalises aviaires tropicales. La logorrhée de mon imagination fertile s'emballe, se bouscule ; des rythmes auxquels se joignent des frappes haletantes s'apparentent aux tumultes et à l'effervescence des eaux vives. Des grognements sourds, épars, mêlés aux gazouillis, tournoient au-dessus des flots ; surgit une houle de notes affriolantes qui aguiche mon ouïe en prélude de l’opus. Ils s’évanouissent, se délitent dans un microcosme jadis paradisiaque où s’épanouissent désormais les fleurs du mal. Affable, j’accueille en ce début pré-estival le second volet de la trilogie des Cornouaillais d’Emerald Dawn pour une nouvelle croisière, plus sombre que la précédente, sous le signe de la nature et de l’écologie.

Le collectif tourne autour du noyau de KATRINA « Tree » STEWART (claviers, piano, flûte, guitare acoustique, percussions et chant) et d’ALAN « Ally » CARTER (guitares électriques et acoustiques, synthétiseur de guitare, saxophones ténor et soprano, claviers et voix). Avec cette identité très particulière mêlant : rock progressif symphonique, space rock, jazz-rock, psychédélisme, et longues montées instrumentales très cinématographiques. Leur son repose énormément sur : les claviers analogiques, la flûte, le saxophone, des guitares très atmosphériques, et des crescendos émotionnels parfois proches de PINK FLOYD, CAMEL ou OZRIC TENTACLES, mais avec une personnalité plus moderne et plus organique.

Le décorum est posé, paré de motifs lancinants. Le long de « Song of the Rainforest », les nappes de claviers revêtent une douceur ouatante tandis que la flûte dessine d’aériennes volutes ascendantes. Le saxophone pleure dans l’abîme onirique où vagabonde déjà mon esprit. Des mesures ciselées, comme coupées au cordon, s'agencent dans l'ombre. Des combinaisons à la six-cordes, auxquelles se joignent des riffs pétulants allant vers des harmonies atmosphériques, émergent bientôt dans l’embrasure d’un paysage lugubre et funeste de la forêt tropicale. Le son de la basse bat un rythme sourd, comme si la vie trépassait. Dans la pénombre des bois, s’agitent les frappes des baguettes sur la peau du tambour. Ce tumulte accélère le biorythme. Les paysages dévalent, deviennent pesants, aux abords de « Rivers of Tears ». Pourtant, alors que mon ouïe restait ancrée dans l'angoisse, un décor bucolique s'épanouit, fleuri en prélude.

Avachie sur mon canapé, perdue dans mes pensées, je ferme les yeux. Je les laisse vagabonder, ornées d’ondes champêtres distillées au piano. Campée sur le divan, le regard hagard, j'imagine les doigts fringants de KATRINA dansant sur les touches blanches et noires du clavier à l'orée d'un temps ancien et enjôleur. J'ouvre les yeux, rivés sur mes enceintes Duevel Venus, surprise par la bascule. Le son omnidirectionnel, presque suspendu, inquiétant, convie les allégories, les frontières du salon s'estompent, émerge un paysage postapocalyptique. Associée à la voix suave, à peine voilée, de KATRINA, de mezzo à alto, mêlée au sax d'Ally, elle m'immerge à nouveau dans l'introspection. De surcroît, si je me fie à mes notes, je note qu'a priori, l'âme dépeinte dans le contexte, la texture affleure sans heurt le texte. Que les harmoniques et les mots s'entrelacent de notes noires, du sang perfide de l'être humain. Des montagnes aux plaines, des rivières aux océans, la planète bleue saigne sous les blessures que lui inflige l'homme. Le paradis perdu, « Paradise » … percluse de ressentis, stoïque, j'acquiers le sentiment que : Dans un monde idéal, ce concept album n’aurait pas lieu d’être. Hélas, sur cette terre, des humains épris de pouvoir, noircis par la cupidité, règnent en maîtres. Êtres malfaisants, se faisant malveillants, veillant à ce que les ressources que regorge notre planète soient une manne, une monnaie sonnante et trébuchante dans leur escarcelle. Quant à la beauté, ils n’en ont que faire. Nourrie du concept album, j'imagine la nuée de poussière grisâtre qui s'estompe. S'ouvre à l'horizon des plaines dévastées. Atone, règne une ambiance mélancolique sous les doigts des claviers. Le grand orgue revêt alors des apparats cérémonieux, solennels, presque grandiloquent, associé au reste de la bastringue.

La fresque des harmonies ténébreuses du volume deux s'avère plutôt nostalgique des écolos de The Emerald Dawn. J'espère que le prochain volume accueillera les bois et les vents. Ascendant. Les âmes perdues vers la lumière de la vertu. Sans m'immiscer dans l'idéologie partisane, depuis le haut de la voûte céleste, la terre scintille de lumière habitée d'âme enjôleuse.

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

PISTES / TRACKS

    1. Song of the Rainforest (21:20)
    i. Balance
    ii. Incursions
    iii. Loss
    iv. Regret

    2. Rivers of Tears (14:58)
    i. The Natural Cycle
    ii. Disruption

    3. Paradise (8:56)
    i. Losing Paradise
    ii. Harmony Regained

musiciens / musicians

- Ally Carter / guitars, soprano & tenor saxophones, keyboards
- Tree Stewart / vocals, keyboards, flute, handSonic, Roli Seaboard
- Dave Greenaway / 6 string bass
- Tom Jackson / drums

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