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CHRONIQUE / REVIEW

Stefano Panunzi

Caravaggio

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Releases information

Release date:

May 1, 2026

Format:

Digital, CD

Label:

From:

SP Music

Italie / Italia

Pascaline Hauriez - May 2026

9,0

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Trois ans se sont écoulés depuis que le Romain n’avait œuvré sur un projet, depuis Pages From The Sea (2023). Un album un tantinet décousu, sophistiqué au demeurant, alternant des combinaisons variées aux éléments hybrides façonnés de Canterbury, jazz-rock fusion, prog, dans une première partie bien goupillée, avant de s’amenuiser petit à petit en seconde partie. Sans froisser le collectif à la barre, les compositions deviennent plus lisses, oniriques, vers la fin. Une petite déception dans le final qui n’entache pas l’opus outre mesure.

Une œuvre dantesque, éclairée, étalée sur un double opus, est arrivée dans les bacs ce premier mai. Un concept autour de Michelangelo Merisi da Caravaggio, peintre émérite de l’époque baroque, célèbre de son vivant, influençant bon nombre de peintres. Ses œuvres témoignent encore aujourd’hui de cette technique du clair-obscur ténébreux donnant naissance au caravagisme. Un aparté me vient à l’esprit… Chut… Silence… C’est entre nous. Juste une petite digression baroque : en peinture, Michelangelo Merisi da Caravaggio. En musique, Johann Sebastian Bach, Antonio Vivaldi… et, quelque part, les prémices de cette musique dite progressive, emplie d’ornements, sur le chemin vers la lumière, vers la voûte céleste.

Amusant, ce yin et yang ? La césure, j’en conviens, peut paraître quelque peu baroque, mais le parallèle n’en demeure pas moins pertinent. Un concept clair-obscur, comme en témoigne l’auteur : « Pourquoi Caravage ? Parce que ses effets de clair-obscur, ici transposés en sons… » En gros, il transpose musicalement le clair-obscur du peintre Caravaggio : lumière vs obscurité, beauté vs violence, spiritualité vs brutalité, etc. De surcroît, voyons comment Stefano PANUNZI jette son dévolu sur le peintre « Caravaggio », transformant la lumière et l’obscurité en paysages sonores… et quelles couleurs revêt ce nouvel opus du claviériste, compositeur et producteur italien, avec ses affluences, ses inflexions entre art rock ambient, jazz atmosphérique, progressive contemporain, musique cinématographique, parfois art pop à la David Sylvian / No-Man. Quelles influences vont-elles faire naître dans cette transposition, dans cette expression musicale du clair-obscur ?

En préambule, le morceau-titre attise déjà mes sens… dans tous les sens. Des sonorités orientales aux effluves électro plantent le décor de la pièce. Les notes, les sons, les temps moroses, clairsemés d’éclaircies, s’assombrissent, se délitent, s’évanouissent, se transforment en mélodies évanescentes, tandis que le miel de la voix de Tim accompagne doucereusement les chemins obscurs, vallonnés de lumière enjôleuse. Des allégories viennent supplanter cette ambiance sonore qui honore Caravaggio, implémentant des images subliminales envahissant l’esprit. Mon esprit mal appris se disperse, se confond en métaphores. Le son diffus, aux tintements, aux échos parfois telluriques qui s’en échappent, donne l’impression furtive d’effets sonores guidant l’ouïe vers un paysage naturel. Sporadiquement, des notes aux nuances chaleureuses fleurissent, surgissent de-ci de-là, embaument l’atmosphère sur des chemins de traverse lugubres, ciselés par le sel. Jaillissent alors des riffs de la six-cordes s’engouffrant dans l’embrasure de lumière.

Toujours est-il que Stefano PANUNZI a toujours su s’entourer d’une pléiade d’artistes de renom, aux multiples facettes, aux sonorités diverses, qui infusent et distillent leurs empreintes tout le long de l’œuvre. Me voilà embarqué dans une fresque aux contours élégiaques, accueillant des halos de lumière à l’orée d’un paysage crépusculaire… basculant dans des ruptures, des contrastes, des sonorités oniriques évanescentes. La flûte aérienne aux envolées bucoliques, le saxophone qui harasse, tracasse, posent les altérités des genres par leurs origines. Affluent, sous l’égide du maestro, des matériaux plus organiques, des voix incarnées, feutrées, languissantes. Les claviers, tantôt atmosphériques, viennent titiller les étoiles. Puis d’autres basculent, influencent, distillent des ambiances plus sombres. Une guitare acoustique, électrique, éclectique, jongle savamment entre arpèges champêtres puis, au sortir du bois, bascule vers des riffs atmosphériques, ciselant l’ombre et la lumière.

Pour conclure, sous le regard tutélaire de Caravaggio, PANUNZI cisèle une œuvre aux reliefs clair-obscur, portée par un collectif cosmopolite issu de milieux comme No-Man, Soft Machine, Porcupine Tree… pour ne nommer que les plus connus. Chargés de leurs empreintes aux similitudes communes, ils traversent ce double opus érigé de paysages mystérieux, sauvages, soulignés de mélodies songeuses. Stefano s’appuie sur des narratifs aux dimensions politiques et tragiques comme « No More Wars » ou « Isolation », tourné vers l’introspection ; « Ink Scars », une bascule vers l’univers pictural ; « The Well », avec GRICE à la tessiture incarnée ; « Endless », sur des paroles de Tim BOWNESS. Et me laisse susurrer des mots m’emportant dans mon lyrisme.

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

PISTES / TRACKS

    CD1
    1. Caravaggio (9:54)
    2. I No Longer Know Who You Are (6:25)
    3. Hidden Ties (6:53)
    4. On the Forgiveness Road (6:32)
    5. No More Wars (6:14)
    6. Every Drop of Your Love (Reprise) (5:18)
    7. Isolation (5:38)
    8. Hymn (7:24)
    9. Just Stop and Look Around (7:01)
    10. Don?t Touch Me (5:24)
    11. Ink Scars (6:01)
    12. In those Your Words (2:56)

    CD2
    13. The Well (6:28)
    14. If It?s Not Love, What Is? (6:14)
    15. Endless (6:40)
    16. Stepping Out of Your Dream (6:57)
    17. Simple Man (6:58)
    18. Tribal Innocence, Part 2 (4:19)
    19. I Cry for Love (5:58)
    20. Hold (8:58)
    21. Lost Inside the Wishing Well (5:12)
    22. Breathing the Thin Air (6:35)
    23. Sea of Madness (8:17)
    24. Gaza (6:33)

musiciens / musicians

- Stefano Panunzi / Keyboards, piano

With:
- David Torn / Guitar
- Grice / Vocals
- Theo Travis / Alto flute & soprano sax
- Tim Bowness / Vocals
- Markus Reuter / Warr guitar
- Colin Edwin / Bass
- Nicola Alesini / Sax
- Saro Cosentino / Guitar
- Fabio Trentini / Bass
- Luca Calabrese / Trumpet
- Giacomo Anselmi / Guitar
- Fabio Fraschini / Bass
- 05Ric / Bass, guitar
- Alessandro Borgo Caratti / Vocals, guitar
- Alessandro Inolti / Drums
- Elisabetta Todrani / Vocals, guitar
- Donato Cedrone / Cello
- Michael Bearpark / Guitar
- Emanuele Bruno / Keys
- Marco Fuliano / Drums
- Maria Peters / Vocals
- Nicola Lori / Guitar & bass

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