
CHRONIQUE / REVIEW
Spirergy
Wherever Forever

Releases information
Release date:
January 1, 2026
Format:
CD, Digital
Label:
From:
Self Released
Royaune-Uni / UK
Thomas Szirma - March 2026
9,3
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Bon, avant tout je suis un grand fan, et tous mes commentaires doivent être accueillis avec un certain avertissement, car tout chez cet artiste baigne dans un océan d’adulation personnelle. Les deux précédentes parutions, « Aeon » 2023 et Journey Beyond (2024) occupent fièrement leurs places dans ma cave « réserve spéciale », aux côtés d’un magnum de Clos du Marquis 2010 Bordeaux, quelques ‘’Tokay Aszu 5 puttonyos’’ vieillis et un impressionnant chef-d'œuvre Pinot Noir Gevrey-Chambertin 2005. Dave Allen est un homme-orchestre qui défie toute description, s'associant également avec un autre favori, le tout aussi talentueux Colin Powell (A Multitude of One, Nova Cascade) pour lancer le projet Riffstone qui a déjà réussi deux récentes merveilles. Dave est un étonnant bassiste avec un son inné à la Geddy Lee qui frappe durement comme une bonne claque après-rasage, tandis que ses talents à la guitare acoustique et électrique sont manifestement hors normes. Ajoutez à cela une programmation rhythmique de classe mondiale et une voix incroyable, vous avez l'un de mes principaux candidats pour le prix prodige du prog (ce n'est pourtant pas un enfant) !
Embrayons sur le séduisant « Innocent Hearts », alors que Dave manie une basse percutante avec une autorité impeccable, forgeant une inclinaison aventureuse sur les claviers, déchaînant l'électricité de ses guitares, programmant une batterie puissante et injectant une voix claire et irréprochable. On peut détecter la fascination évidente pour Rush qui suinte de chaque note, bien que mêlée à une énergie tourbillonnante que Dave, à lui seul pourra un jour nous expliquer.
Voyageant habilement vers des orbites plus mélodiques, « When They Come » canalise une tangente nettement plus blues, mettant en valeur un jeu stupéfiant, avant de changer finalement de rythme à mesure que l'orgue accélère sa vigueur musclée, la voix de Dave montant inlassablement plus haut, dans un mouvement impressionnant, c'est le moins qu'on puisse dire. La basse déchaînée illustre sa langue fourchue et ondulante, alors qu'elle attaque impunément, maîtrisant la teneur de l’arrangement. Le solo de guitare électrique glisse comme des patins affûtés sur la glace, assez longtemps pour un retour dynamique vers une posture plus solennelle, allumant une voix dominante qui laisse pantois. Une transition brutale suit comme prévu, avec une reprise furieuse de la section animée, un missile sonore laissant des trainées fulgurantes sur son passage.
Un changement de cap sur « Carry Me Home », une épopée de 10 minutes et 20 secondes teintée de sonorités celtiques prenant forme aux abords de la mélodie principale, Dave semble inspiré par des excès aigues digne de Jon Anderson dans son approche au chant. Le rythme demeure scintillant et les guitares émerveillent par la similitude aux prouesses étonnantes d’un certain Steve Howe, puis un piano ravissant qui prend le plein contrôle de l’espace émotionnel. Un mini-solo de basse, remarquable par son emplacement, sa technique et son timbre, cherche à inciter le piano à rehausser son trait naturellement dominant, une démonstration vraiment incroyable. Depuis le début, le thème principal était là, en embuscade, éventuellement avançant au centre, afin de profiter des applaudissements. La pièce prend alors des proportions mythiques, répétée pour faire bonne mesure, et le malicieux Dave fait un peu de scat « do-do-do » à la Jon, juste assez pour rappeler aux nouveaux gars de Yes comment faire.
Composer une chanson magnifique n'est pas une mince affaire, et le joyau instrumental « See It in Your Eyes » est une admirable ballade prog, des gouttes de piano scintillantes coulant sur les joues, une guitare vive et jubilante chantant les louanges de la séduction émotionnelle, la mélodie écrasante et coupeuse du moindre souffle. La musique proposée est donc vive, intense, panoramique et envoutante, et bien sûr, très britannique!
Retour au théâtral avec le splendide « Falling from the Sky » et son assaut synthétisé, un paysage imaginaire où guitares enflammées et basses volcaniques brûlent d'une euphorie commune. L'atmosphère demeure étrange et chargée d'une notion perceptible de fatalité, la voix étant triste et le solo résigné qui ose frôler la terreur.
L'artiste propose le sourire sur « It's Here Again », un titre plutôt approprié, je dirais. Le morceau le plus direct de l'album, un message sans trop de complications, un arc-en-ciel synthétique aérodynamique effectuant parfaitement la besogne, merci. « Le son lointain du silence » vient comme un cadeau inévitable, un répit bien mérité après toutes les épreuves et tribulations évoquées ci-dessus. Une belle pause-café, en préparation de la dernière chicane.
Les cascades virevoltantes et hivernales du mellotron avec piano et guitare à leurs côtés, parcourent le sentier sonore de « In the Small Hours », trois compagnons de route en train de rêver d'une balade matinale. La voix gracieuse établit une mélodie si immédiate qu'elle pourrait donner la chair de poule, même à des canards belliqueux. L'arrangement astucieux finit tôt ou tard par se transformer en une explosion de fureur, un riff de basse menaçant qui sonde le terrain pour des éventuels solos des synthés, ajoutant de l'électronique ambiante pour encore plus de saveur. Dave chante hors norme en expliquant « Losing Reality, Into Insanity », un moment culminant de l'album, je m'agenouille devant ton talent, Dave.
Le morceau-titre conclut cette aventure avec un immense point d'exclamation symphonique, un long roman de 16 minutes qui scellera l'affaire pour la postérité. L'urgence peut désormais être remplacée par une retenue dégagée, prenant tout le temps nécessaire pour établir la promenade galactique dans toute sa splendeur. Quoi d'autre que cette basse reptilienne pour diriger les commandes au centre de l'univers (« Wherever Forever », sic !), alors que les propulseurs bas de gamme déversent toute la propulsion nécessaire pour que l'astronaute Allen nous guide à travers la ceinture d'astéroïdes avec habilité. Paramètres changeants, géométrie variable, modifications de l’espace temporel, appelez ça comme vous voulez, tout le buffet est disponible pour se gaver. Étoiles brillantes, météores synthétiques scintillants, planètes lointaines et ce vide sans fin, si cela vous laisse indifférent, alors un retour permanent à votre bunker en béton est désormais nécessaire, tant que la pharmacie soit bien approvisionnée.
Dave Allen maîtrise tous ses instruments avec un talent immaculé et une audace d’aplomb, sait chanter comme le vent (« time to dream » rappelle même Soon) et affiche fièrement ses influences, c'est pourquoi je le désignerai comme mon multi-instrumentiste solo préféré (désolé SW !).
Un des albums les plus forts de 2026.
TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !
PISTES / TRACKS
- 1- Innocent Hearts (6:37)
2- When They Came (9:03)
3- Carry Me Home (10:20)
4- See It In Your Eyes (5:09)
5- Falling From the Sky (7:13)
6- It’s Here Again (7:09)
7- In the Small Hours (9:31)
8- Wherever Forever (16:00)
musiciens / musicians
Dave Allen - Guitars, keyboards, bass, programming, vocals



