
CHRONIQUE / REVIEW
Rick Miller
Temporal Illusion

Releases information
Release date:
May 21, 2026
Format:
CD, Digital
Label:
From:
Progressive Promotion Records
Canada
Serge Marcoux - June 2026
9,0
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Lorsque l’on regarde la carrière d’un artiste ou d’un groupe sur une période d’un quart de siècle, il est rare que l’on n’y trouvera pas une faiblesse ou une baisse de qualité, ne serait-ce que pour un album. À plus forte raison si l’artiste en question a offert dix-huit titres au cours de cette période. Pourtant, c’est ce que le musicien canadien RICK MILLER a accompli. Son plus récent album, « Temporal Illusion », confirme cette tendance maintenant bien établie.
RICK MILLER mérite l’attention de la communauté progressive et même au-delà. En effet, il compose de la musique depuis plus de quarante ans et, de plus, il produit lui-même ses albums. Il a amorcé sa carrière en contribuant à l’essor de la musique New Age avec des albums électroniques. Cependant, son amour du rock progressif britannique, THE MOODY BLUES, DAVID GILMOUR et STEVE HACKETT notamment, a fait en sorte qu’à l’aube du nouveau millénaire, il en est devenu un important acteur.
Malgré son talent sur de multiples instruments, claviers, guitares électriques, acoustiques et basses, il a toujours souhaité et su s’entourer de plusieurs musiciens afin d’orner la palette sonore de ses albums. « Temporal Illusion » offre aussi ce bénéfice aux auditeurs. Ainsi, les textures et les pièces sont enrichies par la flûte, le hautbois, le violon et le violoncelle pour n’en nommer que quelques-uns.
On peut reconnaître un album de RICK MILLER relativement aisément. En aucun cas, cela ne saurait être un défaut. Au contraire, cette douce et savante mélancolie qui est souvent présente constitue un des attraits. Sa musique est décontractée, propice à une rêverie de bon aloi. Une musique qui nous incite à prendre notre temps, à s’accorder ce temps si précieux dans notre vie. D’ailleurs, ce nouvel opus n’est pas un album concept mais les morceaux baignent d’une façon ou d’une autre dans ce concept qui dirige nos vies. La nuit laisse aussi son empreinte sur notre existence. Nouss savons à quel point celles-ci peuvent être interminables, ou trop courtes.
« Fill the Night » ouvre l’album avec des réflexions sur ce qu’elle peut être ou apporter. Le tempo est lent, le ton est rêveur. Une douce et suave entrée en matière. « The Game » débute aussi en délicatesse pour près de trois minutes. Le hautbois donne une chouette allure à ce passage. Cette fois, le temps défile vers le passé au temps où les rois dictaient le rythme des existences. Une rythmique lente et un peu solennelle s’installe. Elle est accompagnée d’une guitare électrique qui s’enroule savamment sur la trame sonore. Puis deux ou trois puissants riffs ramènent le calme tel un édit du roi. Mais ce n’est que pour mieux marquer une série de courts moments musicaux qui préparent le retour du chant. Les dernières minutes alternent entre le chant et l’aspect solennel. Il s’agit d’une très belle pièce et cela tombe bien, c’est la plus longue. Le passage du temps, c’est aussi celui des saisons.
« Autumn » est une réflexion poétique qui utilise où l’automne est une trame pour parler du temps qui fuit. Un morceau un peu mélancolique aussi caractérisé par un beau solo de guitare. « The King of Men » n’est pas un retour à l’époque des rois mais plutôt une évocation sur le fait que du berceau à la tombe, nous sommes gouvernés par le temps qui s’écoule et qui n’apporte pas toujours ce que nous souhaitons. Le tempo est vraiment lent, atmosphérique. La guitare sèche marque cette première section instrumentale. L’intervention de la guitare électrique et de la rythmique augmente le tempo et soutient le chant de RICK MILLER. J’aime bien ce morceau.
« Gargoyles » constitue un morceau intéressant et somme toute, un peu différent. Une lente et mystérieuse introduction caractérisée par des claviers, mellotron ou sampling, évoque un peu GOBLIN. Le chant baigne dans ce climat puis la rythmique précise les choses et la mélodie s’installe de bien belle façon. Les courtes interventions de la guitare électrique sont autant d’ornements autour de ces gargouilles évocatrice d’autres époques. La conclusion avec ces puissants riffs sur une trame musicale pleine de mystères et un chant raffermi me donne le goût d’écrire qu’il s’agit d’un morceau de choix sur « Temporal Illusion ».
« Time Again » est un autre long morceau qui s’installe en finesse. Dans les premières minutes, les paroles sont offertes tel un récitatif. La musique se fait symphonique et évoque les flots du temps. Dans la deuxième moitié, le tempo est plus électrique, marqué par une guitare assez vigoureuse. Après avoir évoqué le rêve, un court flottement ambiant pave la voix aux dernières minutes et à un ultime sursaut électrique bien senti. Excellent morceau ! Une petite saveur du Moyen-Orient parfume l’ultime pièce, « Overload ». Ici, une journée peut durer une éternité pour le protagoniste qui a l’impression que son cerveau surchauffe. D’ailleurs, plus le morceau avance et plus la musique gagne en force et en intensité. Une puissante finale qui concrétise un opus réussi pour M. MILLER.
Si vous ne connaissez pas RICK MILLER, « Temporal Illusion » est un excellent point de départ. Vous pourrez ensuite retourner dans le passé, un album à la fois sans vous tromper. Offrez-vous du temps ! Vous méritez bien ce cadeau de cinquante minutes.
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PISTES / TRACKS
- 1. Fill The Night (5:25)
2. The Game (9:33)
3. Autumn (5:28)
4. The King of Men (7:18)
5. Gargoyles (6:41)
6. Time and Again (9:12)
7. Overload (6:21)
musiciens / musicians
Rick Miller : Composer, producer and performer
With:
Sarah Young: Flute
Barry Haggarty: Guitars
Carolina Prado: Oboe
Mateusz Swoboda: Cello
Kane Miller: Violin
Will: Drums and Percussion



