
CHRONIQUE / REVIEW
Richard Barbieri
Hauntings

Releases information
Release date:
April 10, 2026
Format:
CD, Digital
Label:
From:
Kscope
Royaume-Uni / United Kingdom
Thomas Szirmay - June 2026
9,3
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Sûrement le plus grand claviériste sans être virtuose, avec une carrière qui s'étend sur un long parcours avec des groupes comme Japan, Rain Tree Crow, les Dolphin Brothers, No-Man, Tim Bowness, Steve Hogarth et Porcupine Tree, ainsi qu'une multitude d'albums solo, il est avant tout un gestionnaire de sons et de textures, un artiste discret doté d'une capacité innée à colorer n'importe quel arrangement, un génie plutôt effacé, pas très éloigné de Brian Eno au sens technique. Si vous vous attendez à un karaoké palpitant, avec une bonne dose de ‘get down and boogie‘, eh bien, peut-être devez-vous trouver un autre lieu pour assouvir vos besoins.
Son environnement baigne plutôt dans le fantomatique, propice à la fièvre introspective et possiblement, un trouble nerveux imminent. Parmi les plus grands innovateurs du fretless, il ne fait guère de doute que Jaco Pastorius (RIP) et Tony Levin sont des légendes lumineuses. Pourtant, il y a aussi une place de choix pour mon préféré personnel, l’amplement regretté Mick Karn (RIP), avec qui Barbieri a joué dans le groupe Japan. Qui mieux pour ce rôle que cet autre bassiste gigantesque qu’est Percy Jones (dont la carrière chez Brand X est identiquement légendaire) qui reprend le gouvernail fondamental de cet album? Faites aussi venir le célèbre batteur/percussionniste suédois Morgen Agren (Kaipa, Zappa), ainsi que le maître actuel de la trompette, le prolifique Luca Calabrese, pour compléter le quatuor.
Onze extraits de taille moyenne qui ne peuvent être qualifiés que de joyaux sonores exigeants. Les deux pièces d'ouverture sont menées par des basses reptiliennes, se frayant un chemin vers des proies sans aucune méfiance. Percy rendant hommage au style élastique de Karn, tandis qu’aux claviers, Barbieri éclabousse sa toile orchestrale de couleurs denses défiant les standards habituels. Avec des titres comme « Snakes and Ladders » et « Anemoia », on comprend carrément la manœuvre.
Un léger virage vers un environnement plus ambiant pour les deux tableaux suivants, un « Victorian Wraith » parfaitement funèbre, tandis que la distorsion intemporelle de « 1890 » n'est rien de moins que de l’art électronique à tendance moderne. Un autre coup de poing au ventre est la course percussive oblique et enjouée de « Artificial Obsession », un désert urbain nocturne d'illusions oppressantes et de préoccupations synthétiques, séduisant mais sûrement pas d’ordre charnel. Les cambrures de basse de Mister Jones sont sauvagement sinistres, avec ses gémissements de fond, tandis que les claviers de Barbieri sifflent allègrement, suggérant une absurdité tactile au milieu de toute cet isolement omniprésent.
« Paris Sketch » maintient l'élan, une petite déviation géographique vers la capitale française, les tambours jouent avec des baguettes fraîches du boulanger du quartier, le rouge à lèvres/ foie gras souillant les chemises Dior extravagantes, puis une quantité abondante de Pommard pour laver les nombreux péchés charnels. La Cité de la Lumière à 4h00 du matin est assurément du théâtre! Puis vient l'aube, « le petit matin, croissant/café au lait », les Champs-Élysées qui étirent ses muscles engourdis pour leur donner une certaine allure de vie civique civilisée. « Perfect Toys » c’est la corvée du rasoir, de l'eau de Cologne et les cheveux peignés en un coiffure acceptable, des fripes fraiches et des chaussures bien cirées. Des Citroën, des Blue jeans, des Gitanes et des figurines de la Vierge Marie, tant qu’on est là! Que des jouets! La voix à peine réveillée d’un Lady Marmalade offre toujours la possibilité d'une séduction fertilisante.
« Traveler » possède un rythme agité qui ne peut camoufler l’inquiétude grise de la routine quotidienne, les valises faites et passeport en main, afin de découvrir de nouvelles aventures. Le cool groove boom-boom-tchak fourmille de paillettes éclairées de piano-électronique, des pétarades de synthé, une basse vrombissante qui clique avec le décor parsemé de gémissements suppliants délicieusement abrasifs. Effronté, obstiné et spasmodique, comme un vieux morceau japonais instrumental. Les trois derniers morceaux contiennent un nouveau réveil, puis un dernier clin d’œil solennel à la nuit incontournable, pour se retrouver finalement couronné par un glorieux au revoir sur « A New Simulation ».
Honnêtement, j'ai trouvé ce disque révélateur, bien plus aventureux et stimulant que n'importe lequel des derniers albums de Porcupine Tree précédents. Des paysages sonores exceptionnels grouillent, une option alléchante aussi bien pour l'auditeur occasionnel que pour le ‘nerd’ prog qui risque d’apprécier la finesse du scalpel, du Docteur Barbieri.
TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !
PISTES / TRACKS
- 1- Snakes and Ladders (5:33)
2- Anemoia (5:08)
3- Victorian Wraith (3:02)
4- 1890 (3:58)
5- Artificial Obsession (5:07)
6- Paris Sketch (5:47)
7- Perfect Toys (3:48)
8- Traveler (5:40)
9- Reveille (1:54)
10- Last Post (2:22)
11- A New Simulation(4:38)
musiciens / musicians
Musicians:
- Richard Barbieri - keyboards, synths, percussion, effects , samples
- Morten Agren – drums, percussion
- Percy Jones -bass
- Luca Calabrese - trumpet



