
CHRONIQUE / REVIEW
Rafael Pacha with The Friends of (con)fusion
Not Normal After Music

Releases information
Release date:
January 30, 2026
Format:
CD
Label:
From:
Seacrest Oy
Espagne / Spain
Pascaline Hauriez - February 2026
9,6
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Avant d’entrer dans le vif du sujet, en préambule, je souhaiterais souligner l’intitulé du projet : Rafael Pacha with The Friends of (con)fusion: Not Normal After Music. Car celui-ci m’a interpellé. L’Espagnol, multi-instrumentiste avisé, éclectique, jonglant savamment avec les notes, bourlingueur des styles, unit les genres — jazz, rock progressif, folk — avec élégance. Il passe du costume de leader à celui de co-leader avec The Guildmaster, Inner Prospekt, à celui de partenaire au sein de The Samurai of Prog. L’alchimiste de Cordoue fusionne, en une confusion éclectique, des styles avec brio. Jongleur de mots pour ce projet, avec a priori une accointance plus fusion, comme le suggère l’intitulé, il joue avec les mots, les notes et les sons, et ce n’est pas pour me déplaire. Tout en ayant les yeux fixés sur la jaquette, j’avais envie de me délecter un bref instant de cette nouvelle fresque sonore, dans laquelle la fusion serait l’œuvre de ce projet. Le parfum m’enivre d’effluves de jazz-fusion, sans confusion ; les yeux rivés sur la jaquette, je m’aperçois que ce n’est point un album solo. La réponse est dans le titre : c’est un album collaboratif.
Souvent, je ferme les yeux et me laisse emporter, bercé par les sons et les tons. Je m’immerge dans la fresque sonore. À tort ou à raison, je l’ignore, ce ne fut pas le cas. Toujours est-il que la jaquette, le livret, me dis-je, sont des mines d’informations. Hélas, on en minore la lecture. Et, devant moi, je lis : Rafael Pacha with The Friends of (con)fusion. Implicitement, l’introspection serait l’âme des récits. Dans ce dépliant sonore, la bande à Pacha s’épand. Versatile, un esprit s’invite à la table. Freud désigne : le ça, le moi et le surmoi. Autrement dit : nos pensées et nos comportements, le souvenir personnel, la réflexion existentielle. Bref, une succession intimiste de diverses situations, tantôt cocasses, tantôt tumultueuses. Un mélange de joie et de tristesse épinglé sur la gamme ; les mots résonnent en notes, et le chantre chante les méandres des souvenirs. Une synergie sonore s’entrelace avec le narratif. J’en frémit à l’avance, d’ouïr les combinaisons du possible. Le collectif chatouille l’ouïe, titille l’oreille, charme mes esgourdes ; et, au sortir du creuset, les styles jazz, rock, prog s’entremêlent en une fusion sans confusion. Huit morceaux, plus un bonus, s’étirent sur un CD d’un peu plus d’une heure, dont l’un, épique, franchit le cap des dix-huit minutes.
Maintenant que le menu est lu, il est temps de le servir. De sentir les premières effluves de : "Contradiction". Le son, les ornements s’égrènent, s’éprennent, s’épanche en moi un ruissellement de motifs, de fioritures qui me séduisent, nourrissent le conduit auditif, envahissent le pavillon, puis résonnent. Saisie par l’ébauche de récurrence de thèmes. La six cordes, la flûte virevoltent, le saxe pose sa voix, la basse impose son rythme. Des ritournelles se juxtaposent en fusion jazz-rock, prog. En répit, cela devient une balade bucolique, puis un souffle énergisant. Un morceau aux saveurs éphémères metheniennes oscille le titre. Tandis que l’accent fusion de la Zon Hyperbass de Michael MANRING dodeline le rythme et sculpte une atmosphère feutrée.
L’atmosphère élégiaque, intimiste, perdure avec : "El Diablo cuando se aburre"… Sur un fil rouge, un adage ancestral espagnol met en garde contre ceux qui gaspillent leur temps à des choses futiles, inutiles. Un écho familier, intergénérationnel, une effigie paternelle : mon père, lui aussi, le répétait parfois. Mais ici, les doigts d’Alessandro DI BENEDETTI se baladent sur le piano, explorent chaque note avec curiosité, entraînant le collectif dans une ambiance smooth jazz, jazz-rock, où chaque geste musical devient un antidote à cette maxime futile. "Joy", un aphorisme : la joie de vivre, de la répandre… v’là le précepte du morceau. Ici, l’empreinte Pacha se dessine, les marques se dévoilent. Le maestro égaye l’ouïe, synthétise un patchwork sonore en une mélodie entraînante, une aquarelle des genres à l’orchestration pop, folk, rock progressif et jazz-rock. Une architecture bien goupillée. Chaloupée aux paysages diaprés. Je ne vous livre ici qu’un panel du projet, je vous le concède. Objectivement, bien que partiel, suffisant pour en extraire la sève. Gouleyant pour vous en exprimer la primeur et la saveur. L’Andalou déploie une tapisserie sonore complexe et foisonnante, déclinée en humeurs, couleurs, textures et motifs subtilement entrelacés. La bande à Pacha nous offre un nouvel aperçu de la profondeur de son univers.
Je clos cette chronique avec le titre épique de plus de dix-huit minutes, "Plowman of the Sky", qui fait naturellement office de conclusion. Rafael PACHA y fait référence à Laboureur du ciel de Curtis Wilson Cate, biographie consacrée à Antoine de Saint-Exupéry, évoquant ces traînées de condensation laissées dans le ciel par ses avions. Un narratif incarné par les voix d’Alessandro DI BENEDETTI et Paula PÖRSTI en première partie, dans une ambiance élégiaque de l’innocence. Un voyage sonore plein d’émotions.
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PISTES / TRACKS
- 1. Contradiction (06 :21)
2. El Diablo Cuando Se Aburre... (05 :20)
3. Joy (04:16)
4. Plowman of the Sky (18:34)
5. When in Doubt... (06:31)
6. Top of the Hill (05:41)
7. Silence Is a Sticker (06:15)
8. Wonder If I'll Be (07:07)
9. Joy (Alternative Version) (Bonus Track) (04:19)
musiciens / musicians
- Rafael Pacha / Guitars, low whistle, keyboards, zyther, recorders, percussion, electric violin, viola da gamba, bass
With:
- Risto Salmi / Sax
- Alessandro Di Benedetti / Vocals, keyboards
- Michael Manring / Zon Hyperbass
- Paula Pörsti / Vocals
- Jan-Olof Strandberg / Bass
- John Wilkinson / Vocals
- Toni Jokinen / Guitar
Cover: Kimmo Heikkilä



