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CHRONIQUE / REVIEW

John Irvine Band

Take Me to Your Leader

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Releases information

Release date:

January 31, 2026

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Self-released

Royaume-Uni / UK

Thomas Szirmay - February 2026

9,3

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Je suis pleinement conscient que la citation suivante pourrait entraîner des conséquences désastreuses à cause d'une facilité ringarde, mais tant pis, je suis un chroniqueur entièrement pro bono et certifié comme tel, et honnêtement, ça m'est égal de toute façon. Le Prog « est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais ce qu'on va recevoir », disait Forrest Gump, (maintenant tu peux retourner à ton tournoi de ping-pong en Chine).

John Irvine est un multi-instrumentiste écossais hyper-talentueux, spécialisé dans la guitare électrique, la basse et les claviers, et ses albums précédents, dont je possède trois, étaient étonnamment qualifiés de jazz-rock même si le matériel était chargé d'une large gamme d'électronique, comme on peut l’entendre sur Metaphysical Attractions (2018), The Machinery of the Heavens (2020) et Scanning the Dark Horizon (2023), des parutions que j'ai appréciées mais pas encore publiées. Sans prévenir, je reçois un message de l'homme lui-même me demandant une critique de son tout dernier « Take Me to Your Leader », en me prévenant que cela pourrait être une aventure plutôt déroutante. Son précédent album de 2025, « Here Come the Robots ! », était dédié au légendaire Vangelis, décédé en 2022. Ici, l'hommage est très habilement adressé aux années 80 et en particulier au groupe the Buggles et, sans surprise donc, au Drama de Yes, vous vous souvenez peut-être des pièces Astroboy, Johnny on the Monorail, The Plastic Age, I Am a Camera, Tempus Fugit, I Love You (Miss Robot) et d'une chanson sur le thème d’un duel entre la vidéo versus la radio. Rien ne m'impressionne plus que le courage sous le feu, la rébellion au-dessus de la complaisance et le besoin de défier hardiment les attentes. S'engager dans de nouveaux partenariats avec les chanteurs Gordon Robertson et Emma Jean a été un autre bond de géant pour Irvine et on ne peut qu'applaudir son audace, car sa besogne passée prouve qu'il peut jouer avec les meilleurs, en faisant venir son partenaire de longue date et fin batteur Andrew Scott (ici on a droit uniquement à des machines humaines, sniff!).

Le morceau d'ouverture a pris une bouffée d'air frais avant de respirer correctement, alors que « Wheel of Time » forge non seulement un style innovant mais aussi un son moderne, il prend l’oreille au dépourvu dans un monde ou l’ennui persiste. Redéfinir les principes mêmes du rock progressif et flirter avec le plaisir évident, plutôt que la douleur habituelle est un sacré soulagement et ne peut pas venir assez vite étant donné que la dépression devient le meurtrier numéro un de l'humanité. Un son clair, frais, intrépide, impertinent, optimiste et délirant d'intelligence, tout le contraire de la prétention.

Suivez votre équipe préférée, en visant la brasserie le plus proche pour chanter en chœur les louanges du « Chosen One », guidant la foule hypnotisée vers la promesse d’un nouveau championnat. La mélodie est plus batailleuse que celle d'une échauffourée générale de joueurs de hockey. La guitare glissante complète le tableau à la perfection. Ça pourrait être un hymne parfait pour la première étoile de ton sport préférée. C'est palpitant !

« A.G.I. Artificial General Intelligence » est tout aussi stimulante grâce à une banque de synthétiseurs en ébullition, Gordon atteignant les notes les plus aiguës avec un athlétisme sans effort, une chanson actuelle, bien que l'original soit sorti il y a 45 ans et a dû tuer de nombreuses vedettes au passage. La pulsation assourdissante et l'électronique kaléidoscopique défient la logique (surement une faiblesse du logiciel) et séduisent immédiatement avec une hypnose répétitive, l’humain s'agenouillant devant le sanctuaire sacré de la technologie. Le moment est venu pour un peu d'expérimentation sans le moindre stress sur « Siddhartha », la scène idéale pour une exhibition des talents de guitare, basse et claviers de Monsieur Irvine dans un cadre plus hymnique, un refrain houleux à chanter en chœur qui ferait balancer des stades entiers à l'unisson. La petite touche de synthé à la fin de chaque « ohohoh » est carrément charmant, la folie ludique globale rivalisant avant tout avec la vision de Zappa concernant le divertissement. Scott lâche quelques canonnades, un ton entre Alan White et Bonzo, boum-boum-boum-tchak ! À mi-chemin du premier tour, je suis étourdi, baignant dans une joie saine et magnifiée.

« One Small Step » rappelle la fameuse course à l'espace (le ‘space race’), à laquelle j'avais assisté à l'été 1969, séjournant comme touriste dans un camp de jeunes pionniers communistes en Hongrie où il n'y avait qu'un seul cadre du parti qui dirigeait la propagande (mais n'osait pas prononcer le moindre mot lorsque Neil remuait ses orteils dans le sable lunaire). C'est un texte direct adapté aux stars de la radio et de la vidéo, et dédié au contraire du saut de masse de camarade Mao. « Man in the Moon » semble être une chanson d'amour sélénite, une exploration introspective d'émotions lointaines dans un univers reculé, aux dimensions incompréhensibles. Les éclairs plus lumineux s'entrechoquant avec des éclats de fatalité hésitante, la peur de couper les chaînes d'une routine confortable, une version moderne de Jimmy Stewart faisant appel à « La vie est merveilleuse » et interagissant avec un ange. Quel concept original !

L'assaut robotique suggère une « Assembly Line » kraftwerkienne, un déchaînement de synthétiseurs enflammés aux lumières colorées, une pulsation implacable et un niveau automatisé de confusion expérimentale absolue, affirmant bruyamment que tout est bien sous contrôle, comme à Tchernobyl (tu parles!). Il y a peu de dévolution, provoquant pas mal de chaos algorithmique qui nous rappelle que la langue sait exprimer l’ironie (un final de synthé plutôt morveux).

« Take me to Your Leader » est une demande tellement désespérée que cela ne peut qu’émaner d'un être terrestre, alors que la génération actuelle de présidents et premiers ministres se vautre dans une médiocrité lamentable. Je choisis nous, pauvres primitifs obnubilés par nos smartphones, de laisser tomber toutes ces fausses promesses et d’attendre l’arrivée des extra-terrestres afin de remettre les choses en place, et de recevoir une nouvelle orientation, une bonne fois pour toutes. « It seems so desperate under hypnosis, it's time to cross the line, pearly doors, let me in ». Un strident commentaire musical sur notre état de rapide décomposition, cherchant sans cesse que les négatifs confortables. Il faut que cela cesse et faisons gaffe, les boutons rouges signifient Boum !

Un des albums les plus agréables que j'ai entendus depuis des décennies, prog ou pas.

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

PISTES / TRACKS

    1- Wheel of Time (5:33)
    2- Chosen One (6:12)
    3- A.G.I. (Artificial General Intelligence) (6:04)
    4- Siddharta (7:14)
    5- One Small Step (4:21)
    6- Man in the Moon (6:41)
    7- Assembly Line (3:42)
    8- Take Me to Your Leader (5:33)

musiciens / musicians

- John Irvine - Guitars, keyboards, bass, programming
- Andrew Scott - Drums
- Emma Jean - Vocals
- Gordon Robertson - Vocals

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