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CHRONIQUE / REVIEW

Jean Pascal Boffo

Inner World

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Release information

Release date:

May 15, 2026

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Self-released

France

Thomas Szirmay - September 2026

9,3

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Toujours aussi percutant après toutes ces années, surtout après le succès retentissant de son précédent album, « In Spiral » (2022), un disque pour le moins inspiré et plein d'énergie. Jean Pascal BOFFO est un multi-instrumentiste chevronné, mais ce sont surtout ses talents de guitariste qui ont traversé les époques. Ce nouvel opus marque d'ailleurs 40 ans d'une carrière exceptionnelle. Il est brillamment épaulé par les batteurs William BUR et Franck AGULHON, le claviériste Séraphin PALMERI, le saxophoniste Pierre Coq AMANN et le bassiste Thomas SEIGNERT. « Inner World » arbore une pochette saisissante, exprimant le besoin d'introspection dans un monde de plus en plus frénétique, saturé d'informations. Un retour volontaire à son enfance serait-il le refuge ultime ? Douze titres envoûtants nous dévoileront sans aucun doute où cette musique nous mènera.

Ce voyage introspectif débute avec l'énigmatique et nébuleuse « Neverwhere », une mélodie romantique et envoûtante qui nous transporte dans un monde éthéré où les guitares électriques de Boffo s'aventurent avec audace, mêlant riffs incisifs et accords éclatants à de subtiles bribes mélodiques, laissant le saxophone parachever la séduction. Le final épuré est saisissant. « Desert Life » fait resplendir les dunes arides de réminiscences sablonneuses, comme si un caravansérail de pureté traversait le Sahara à la recherche du prince charmant. Le saxophone tourbillonnant opère sa magie, envoûtant et mystifiant avant de se fondre dans l'horizon brûlant. Poussant l'effet hypnotique encore plus loin, dans une approche plus moderne, non sans rappeler Phil MANZANERA à l'époque « d’Impossible Guitars », « Mantra » se déploie avec magie, tel un cobra docile. Le saxophone y occupe une place de choix, soutenu avec brio par la rythmique de SEIGNERT et de la batterie. Sous cette symbiose, le manche déploie une immense créativité, sans ostentation, un véritable gage de maîtrise. Les trois morceaux partagent cette douce conclusion unique, immédiatement perceptible.

Le travail de batterie se complexifie sur « Anything Can Happen Here », porté par des cycles de guitare athlétiques qui rappellent son utilisation antérieure d'une technique rendue célèbre par Robert FRIPP et Andy SUMMERS, entre autres, tandis que « From the Moon to the Earth » explore des étendues cosmiques plus vastes, des obélisques sonores flottants et ambiants qui scintillent dans le vide obscur, rappelant parfois avec gravité que des satellites en orbite sans vie peuvent être dépourvus de tout sauf de souvenirs infinis. L'ambiance obscure de « Parallel World » prouve que les contraires peuvent néanmoins rester très proches, souvent juste un seuil à franchir vers l'autre côté. Un exemple remarquable de retenue sonore, où la simplicité est la clé, et pourtant d'une force de conviction absolue. BOFFO fait preuve de ces qualités avec une délicatesse qui mérite des applaudissements. Peut-être trouverons-nous la paix au bout du compte, dans un Shangri-La caché au plus profond de notre âme. À propos d'Everest, « Elevation » ne peut atteindre des sommets plus élevés sur notre planète, et ici, l'accent est mis sur une exploration cinématographique de l'intériorité, une pensée libre dans un air raréfié, exempt de toute pollution spirituelle, une contemplation de la vérité sur « The Expanse » qui s'étend sereinement en contrebas, parmi les nuages.

Comme téléportée dans un monde parallèle où la pensée mécanique règne en maître, « Robotown » est une fantaisie électronique qui en dit long sur la condition humaine actuelle: un monde où envoyer/recevoir, modifier/supprimer et aimer/suivre rythment notre temps surchargé. L’arrangement précis du séquenceur est porté par une percussion tik-tok puissante et des bribes de guitare sporadiques qui apportent une touche d’humanité. Cette humanité transparaît pleinement dans le morceau plus luxuriant « Ubiquity », où la guitare organique de BOFFO surfe sur la plateforme synthétique onctueuse créée par l’arsenal de PALMERI. Pour paraphraser un Vulcain aux oreilles pointues : « Fascinant ! »

« A Dream within a Dream », avant-dernier morceau de l'album, d'une durée d'environ six minutes, illustre parfaitement son concept : il libère l'artiste et lui permet d'exprimer ses sentiments les plus profonds, sans aucune contrainte. Les lignes fluides de la guitare s'unissent aux accents expressifs du saxophone, le tout rythmiquement enveloppé d'une douce mélancolie qui apaise l'âme. Les mélodies, d'une beauté envoûtante, invitent même à la méditation.

Le titre « Farewell », d'une beauté saisissante, est une conclusion troublante, car il pourrait suggérer une fin définitive, ce qui serait décevant. Boffo peut et doit absolument poursuivre sur la voie tracée avec « In Spiral », car ses deux derniers albums sont, à mon humble avis, ses meilleurs. Une maturité qui augure bien de l'avenir. À bientôt!

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

PISTES / TRACKS

    1- Neverwhere (4:37)
    2- Desert Life (4:59)
    3- Mantra (3:51)
    4- Anything Can Happen There (3:52)
    5- From the Moon to the Earth (3.38)
    6- Parallel World (4:22)
    7- Elevation (3:59)
    8- The Expanse (2:02)
    9- Robotown (3:45)
    10- Ubiquity (4:09)
    11- A Dream within a Dream (6:18)
    12- Farewell (4:48)

musiciens / musicians

- Jean Pascal Boffo - guitars, programming
- William Bur- drums
- Franck Agulon- drums
- Seraphin Palmeri- synthesizers
- Thomas Seignert-bass
- Pierre Coq Amann- sax , flutes

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