
CHRONIQUE / REVIEW
Daymoon
Wednesday

Releases information
Release date:
January 7, 2026
Format:
Digital, CD
Label:
From:
OOB Records
Portugal
Mario Champagne - March 2026
7,7
Google translation options below french text
DAYMOON est une formation progressive qui existe depuis 2011, et qui vient de sortir son cinquième album, qui fait suite à "All Tomorrows" de 2011, "Fabric of Space Divine" de 2013, «Cruz Quebrada" de 2016 et "Erosion" de 2022, pour lequel j'avais eu la chance d'écrire quelques lignes dans nos pages digitales. Menée par le multi-instrumentiste Fred LESSING, cette formation a produit des œuvres émotionnellement profondes qui nourrissent l'intellect en s'inspirant du Prog des années 70, de la musique du monde et du jazz. Cette équipe intègre à ses œuvres une panoplie impressionnante d’instruments, comme vous pourrez le constater dans les crédits ci-dessous.
Ce cinquième album marque une ère de changement pour ces musiciens. Une nouvelle maison de disque s'occupe d'eux, OBB Records au Pays-Bas. Le retour de Jeff MARKHAM aux claviers, lui qui était chanteur sur leur deuxième album. Une invitée de marque, en la personne de Courtney SWAIN de BENT KNEE, et surtout, ayant perdu leur batteur à la fin de 2021, ils ont décidé de réaliser un album sans batterie, (sauf pour le premier titre où il y en a pour 20 secondes) se donnant ainsi un ‘’challenge’’ supplémentaire au niveau de la création.
Il en résulte seize pièces variées, dont trois instrumentales, aux ambiances éclectiques, expérimentales et cinématiques sur deux thématiques. L'une en rapport avec le titre, ‘’Mercredi’’, avec un concept du genre où tous les jours, c'est tristement le même Mercredi gris, comprenant quelques histoires qui se passent en cette journée, légèrement inspirées de la science-fiction, dont une colonie sur Vénus et une balade victorienne sur la Lune, mais il y aussi d'autres récits dont certains concernent des poètes disparus, un hommage à un ami, et une balade en train en Irlande.
En gros, j'ai adoré les pièces instrumentales où les recherches sonores ont résulté en quelques belles petites pépites. "Dyschordia" fait dans la musique d'église solennelle qui se marie à merveilles avec la guitare électrique, les claviers majestueux et les 20 secondes de battements militaires. Ailleurs, c'est un étrange échange entre cuivres à l’hôpital, et dans la finale "The Healing", c'est une multitude de clochettes dans une ambiance jazzy, douce et délicate, qui accentuent notre bonheur. Dans les chansons de la première partie, attendez-vous parfois à avoir à fournir un effort, car même si certains morceaux sont faciles d'approche et plaisants, d'autres, par leur éclectisme puissance dix, déstabilisent, mais les écoutes successives devraient vous réconcilier avec celles-ci.
Prenez "Mid-week crisis", qui allie voix d’opérette, des canons à la Gentle Giant, des cloches tubulaires, dans un genre de Canterbury glauque qui se rafraîchit dans une citerne avec l'écho de l'écoulement de l'eau, le tout coiffé d'un saxophone langoureux. Ou bien, "The Trees of the Mind Are Black", un hommage à la poète Sylvia PLATH, qui comprend un poème lu en première partie, suivi d'une chanson en portugais, à l'ambiance étrange, comme s'il s’agissait d'un cauchemar "jazzy", lamentations comprises.
Mais dans cette première partie, mon bonheur vint de "Real Diehl’’, un hommage à un ami où l'on trouve une voix angélique, de superbe guitare à la THE CHURCH, une voix masculine très particulière qui rend un témoignage émouvant et drôle avec ses anecdotes. Mais surtout, il faut écouter "Oceans of the Moon" aux très belles parties de musique classique, grandioses et lentes, cinématiques, mélancoliques et folk. J'aime dans celle-ci cette belle voix basse et feutrée, accompagnée d'un chœur masculin, de flûte élégante, de clochettes métalliques dans une ambiance céleste, pour ce voyage épique sur la lune à l'époque victorienne, avec une dose d'humour délicieuse en finale, "so british"!
Découvrez en deuxième partie, une longue suite dramatique qui comprend huit morceaux qui s'enchainent, sur la triste et traumatisante histoire de maltraitance d'enfants en maison de soins dans les années 50 à 80, en Allemagne, alors que le personnel en charge de l'institution était mené par un ancien nazi aux méthodes de gestion opprimantes. Un morceau qui fut écrit et enregistré en un an et demi. Dans une mise en scène très théâtrale, on reçoit le témoignage d'une victime qui se souvient de son passage dans un de ces établissements maudits aux libertés restreintes, à la violence omniprésente, au sommeil perturbé, à la bouffe douteuse qui faisait vomir. "Un enfer qui n'en finit plus" s'exclame d'ailleurs une très jeune fillette dans l'un des passages!
Le témoignage poignant et convaincant de cette horreur vécue se présente sous forme d'un texte lu par un homme âgé, parfois chanté, décrivant des scènes de la vie quotidienne, une évasion, une pénible détention, la libération, le retour à la maison et l'incrédulité des parents qui ajoute une souffrance supplémentaire à ce gamin meurtri. Cette suite très théâtrale offre une ambiance oppressante et troublante qui ne peut laisser personne indifférent.
Ce n'est pas jojo! Piano triste mais expressif, cuivres lancinants qui expriment tant d'émotions dans des élans sombres et déprimants, canons vocaux en mode incantatoires, chants chuchotés et effrayés, appels à l'aide. La partie "Calling All Saints" m'a semblé être le summum dans cette section à l'ambiance jazzy d'horreur, si l'on peut la décrire ainsi, où les artistes ont bien rendu cette angoisse, l'anxiété et la terreur vécue par ces enfants. La finale se montre libératrice, une chanson douce, dans le style comédie musicale, mais avec les parents qui ne croient pas le gamin, la joie de la libération s'éteint d'où la cloche qui sonne le glas de celle-ci, ramenant le bruit de l'eau des bains forcés qui fait la boucle avec le début de cette suite. Brillant dénouement!
Les guitares sont un des grands atouts de cet album, et probablement le manque d'inhibition de ses créateurs car ils osent et expérimentent hardiment livrant ainsi certaines pièces qui plairont sûrement mais aussi des morceaux qui rendront certains dubitatifs. Toujours est-il que faire un album sans batterie est possible et la combinaison des instruments choisis crée des surprises agréables dans cet étonnant, mais pas toujours facile, album de musiques progressives. La longue suite est marquante, dure, et mérite votre intérêt. Cette violence racontée, faîtes à des enfants martyrs et qui reste actuelle dans certaines contrées, devrait être mobilisatrice par la colère qu'elle générera si vous écoutez attentivement les textes! Pauvres petits! Plus, jamais ça! Titres préférés: "Real Diehl", "The Poet Who Vanished on Wednesday", "Oceans of the Moon" et "The Healing". Bonne écoute!
TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !
PISTES / TRACKS
- 1. Dyschordia (01:42)
2. Mid-Week Crisis (03:19)
3. Real Diehl (03:10)
4. The Poet Who Vanished on Wednesday (03:02)
5. Oceans of the Moon (07:15)
6. The Trees of the Mind Are Black (06:04)
7. The Arrythmix (01:48)
8. Globulin Brine (06:32)
9. The Vice (01:21)
10. Bitter Lemon Soup (03:05)
11. Lie in Silence (03:35)
12. Lungs Unfold (03:46)
13. Solitary (01:19)
14. Calling All Saints (02:54)
15. Cocoon (03:43)
16. The Healing (03:28)
musiciens / musicians
Fred LESSING - Angklung, 6 & 12-string Acoustic Guitars, Bass Guitar, Cavaquinho, Keyboards, Melodica, Percussion, Recorder, Tuned & Untuned Percussion, Turkish Saz, Violin, Vocals & Recorded Field Recordings
Lavinia ROSEIRO - Lead Vocals & Metallophone
Luca CALABRESE - Trumpet & Flugelhorn
Paulo CHAGAS - Reeds & Woodwinds (Oboe, Saxophone, Flute, Bass Clarinet & Catalunyan Gralla)
Jeff MARKHAM - Acoustic Piano, Hammond XK3, Rhodes Mark II & Moog Voyager
Thomas OLSSON - Electric Guitar, Talkbox & Ebow
Tiago SOARES - Vocals & 1- Stringed Violin
AI Lady - AI Talk
Guests:
Courtney SWAIN - Vocals (3)
Ed McGLAUGLIN - Upright Bass (16)
André MARQUES - Drums (1)



