
CHRONIQUE / REVIEW
Cellar Noise
Panic Loves Telling Lies

Release information
Release date:
May 22, 2026
Format:
CD, Digital
Label:
From:
AMS Records
Italie / Italy
Thomas Szirmay - August 2026
9,3
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La formation milanaise sort son troisième album, après leur premier de 2017 « Alight » et « Nautilus » sortis deux ans plus tard, tous deux très bien accueillis par la communauté. Le groupe continue de compter sur le chanteur Francesco LOVARI (dont l'anglais est aussi impressionnant que sa capacité pulmonaire), Alessandro PALMISANO pour les guitares, Niccolò GALLANI qui sait comment fusionner son arsenal de claviers, puis le duo familial composé de Loris BERSAN à la basse et Eric BERSAN à la batterie et percussion. Neuf ans sans changement de formation, de bon augure !
« Wasted Potential » est un titre d'ouverture astucieux qui n'a aucune incidence sur la musique proposée ici, introduisant à la fois les claviers tonitruants, la voix palpitante, le duo rythmique en pleine puissance et un linceul de guitare fulgurante, le tout précieusement saturé et soutenu. C'est un RPI solidement ancré dans le XXIe siècle schizoïde, fraîchement audacieux et tranchant. Une véritable torpille, en moins de 5 minutes on est conquis.
Après cette gifle, on enchaine avec un « Please Be Gentle » chargé d'humour, c'est la preuve irréfutable que personne ne présente mieux la tragi-comédie que nos frères Italiens ! Une fois de plus, l'interaction habile montre un esprit d'équipe qu'on ne peut qu'admirer (puisque la « squadra » est nulle ces derniers temps, c'est tout ce qu'on peut espérer !), le mellotron gémissant de GALLANI forgeant d'immenses vallées chorales, la basse et la guitare meurtrissant avec violence et les coups percussifs bien éloignés de la tendresse. 2 tirs, 2 buts, le temps est venu pour une épopée !
Un morceau de 11 minutes et demie, « The Case of the Silent Queen » évoque des émanations de splendeur acoustique (les débuts de GENESIS et Anthony PHILLIPS), l'arrangement bucolique augmente en intensité vers un rythme suave, la coopération entre piano et batterie rendant l'affaire subitement plus explosive tandis que le mellotron continue de briller, le symphonisme romantique en plein extase. Les variations sont subtiles, maintenant l'impact émotionnel bien ancré entre les deux oreilles, des colorations de chœur et de cymbales vibrantes, tout semble éveiller l'âme. Soudain, la déflagration arrive (au grand dam du silence de la reine), menée par un anneau de synthétiseur obsessionnel, flottant pardessus des effets vocaux feutrés et des coups de guitares bruyantes qui tonnent sans le moindre remords. Avec tous les cylindres sonores en pleine action, le pouls de l’auditeur ne peut s'empêcher de battre à la chamade, une poussée brusque vers un autre état de conscience, sans aucune trace de redondance ou de fioriture, juste du théâtre musical pur et dur visant le fan de prog le plus exigeant. Démonstration de classe magistrale.
Un petit répit bien mérité s'impose, surtout après une expérience aussi tumultueuse. « We Need to Talk » comme le titre indique, s’agit d’un grief humain sans effort que nous avons tous enduré trop souvent au cours d’une vie. Chagrin, rupture, perte, séparation, distance, destin, peu importe, appelez cela comme vous voulez! Les paroles prennent aussitôt une place prépondérante, comme si le spleen nécessite toujours des explications. Une chorale franchement époustouflante, PALMISANO brillant sur la guitare acoustique, GALLANI enflammé sur ses claviers, puis les BERSAN gardant le tout bien ceinturé.
« Caged » est l'autre morceau de taille, et comme veut suggérer le titre, c'est un enclos sonore grossièrement claustrophobe, le piano hyper possédé tout au long, laissant LOVARI à plaider son innocence, comme une victime incarcérée par les circonstances, sans accès ni au téléphone ni à un laisser passer vers la liberté. Coincé par l’effroyable solitude. Le solo de guitare strident cache mal l'angoisse du désir de s'échapper, la basse cherchant irrémédiablement un moyen d'ouvrir les serrures menant à la libération. Quand ces maudits mellotron font sauter le toit de la prison, les guitares enragées en pleine collusion, l'acte est bel et bien accompli. Free at last!
En gardant le doigt sur la condition humaine, « The Day We Never Met » offre une ambiance plus jazzy, alourdie par des mutations sombres de piano électrique et de synthétiseurs, un joli contraste entre mélodie et dissonance, mais dans un style totalement différent du reste de l'album. Vous l'aurez peut-être deviné maintenant, eh oui, l’épais mellotron souffle à nouveau au milieu de la tourmente avec une vivacité tonitruante. Un moment flou et séduisant.
Le morceau-titre met fin à cet album exceptionnel, une sieste bien méritée après une telle bravoure des plus divertissantes. En tant que conclusion appropriée, la pièce englobe en quelque sorte le frisson sous-jacent de l'album entier, renforçant la qualité des divers talents présentés ici. C'est tout ce que l'on peut souhaiter du rock progressif moderne. Continuez, et ne sortez jamais de votre grotte bruyante.
TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !
PISTES / TRACKS
- 1. Wasted Potential (4:44)
2. Please Be Gentle (5:26)
3. The Case of the Silent Queen (11:30)
4. We Need to Talk (4:44)
5. Caged (8.21)
6. The Day We Never Met (4:39)
7. Panic Loves Telling Lies (5:04)
musiciens / musicians
- Alessandro Palmisano - Guitars
- Eric Bersan - Drums
- Niccolo Gallani - Keyboards, synthesizers
- Loris Bersan - Bass
- Francesco Lovari - Vocals



