
CHRONIQUE / REVIEW
Bungula
Lumen Novum

Releases information
Release date:
January 30, 2026
Format:
CD, Digital, Vinyl
Label:
From:
Self-Released
Grèce / Greece
Pascal Favreau - June 2026
7,0
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Bungula est un duo de rock alternatif, expérimental, d'origine grec, fondé en 2024 et composé de Jovan DJORDJEVIC (guitare) et Dimitris RAIKOS (guitare, basse, programmation). ‘Lumen Novum’ est leur troisième création sur disque (2026) après ‘Noumenia’ (2024) et ‘Sub Luna (2025). L’album contient treize pistes pour un total d’évasion musicale de près de soixante-dix minutes. Ce qui est énorme, pour ne pas écrire généreux, pour un album de ce genre.
Si vous aimez le son pop rock américain des années 60, et bien la pièce 1 ‘Lumen Novem’ débute avec cette sonorité stridente personnalisée par une guitare qui, comme un éclair perce les nuages. Une basse, grasse comme du foie de canard, presque qu’indigeste, aux notes répétitives, se fond dans cette piste qui traîne en longueur. Heureusement, ‘As we sing’ au rythme lent d’une guitare/basse accompagnée d’une batterie (Richard STARKEY ?) qui accompagne ce rythme de détente est la bienvenue. La dextérité du guitariste ne fait aucun doute lorsqu’il s’intègre dans la pièce. ‘Amantes amentes’ frappe fort, et ce dès le départ que même les oreilles de Louis BOUCHER figeraient. Une ’claque’ à la Muhammed ALI ...en avant plan, la guitare au son cristallin d’un band d’adolescents jouant dans un bal de finissant en 1963. Que dire de la basse aux grondements monotones du début à la fin et de la batterie qui se fait discrète sinon, que les deux musiciens semblent trouver le temps long. Le morceau suivant ‘The green lion devours the sun’ qui débute différemment sur un agréable rythme plus rapide que les pièces précédentes. Agaçantes sonorités atmosphériques à tendance psychédélique. Bon ‘groove’ en arrière-plan traversé par une batterie aux cymbales épuisées, qui guide jusqu’à la fin cette pièce pour y mourir doucement. ‘Horn and Ivory’ même recette que les précédentes pièces, et là, la sauce se gâte! En sixième position ‘Restless flesh’, on a droit à un beau son de basse à la Angine de Poitrine, qui bourdonne pendant toute la toune en maintenant un rythme discrètement répétitif...pourquoi pas!
En milieu d’album se dresse ‘Slow light’ la recette est la même que dans les précédentes pièces mais voilà, qu’avec grand plaisir, on y retrouve une saveur particulière. La basse nous séduit par ses rondeurs intenses à un niveau agréable, sans réverbération. Une belle invitation à savourer la mélodie, soutenue avec complicité par une guitare, qui s’écoute les yeux fermés. ‘Moonless night’ suit avec un beau jeu de guitare acoustique gracieuseté de Jovan DJORDJEVIC. En fond sonore, un ‘bass drum’, au rythme saccadé et précis, se laisse aller tout comme si les battements de cœur de Dimitri RAIKOS, s’accélérait en mode continue. Des notes de guitare électrique pleuvent au-dessus de tous ces tremblements qui s’arrêtent soudainement. Cette deuxième partie de l’album fait du bien...nous voici arrivé à ‘A glass full of fire’ un titre qui suggère, peut-être, que la modération a bien meilleur goût...je vous laisse à votre imagination. Au début, on croirait entendre quelques pas feutrés se glisser furtivement sur un plancher à la fragilité d’un cœur brisé. Au fond, de discrètes percussions, une batterie planante et en avant plan, une discussion entre deux guitares à la personnalité distincte. On dirait un jeu de séduction entre deux futurs amants...Dixième morceau, ‘Stellium’ d’une courte durée. Surprise! Je m’attendais à une musique énergique mais voilà qu’on nous offre ici une douce ballade simplement composée d’une batterie en down tempo et d’une guitare à la sonorité métallique, ou chaque note semble d’une tristesse débordante, et cette basse profondément discrète. Nous en aurions voulu encore plus...Sans perdre de temps on continue avec ‘Waste no time’ qui débute brutalement avec une basse bien sentie tout au long de la pièce, qui prends sa place au front gardant profondément au loin la fidèle guitare de Jovan DJORDJEVIC.
L’avant dernière plage, ‘Narcissus in your hand’ évoque évidemment la beauté de l’être humain dans le parfum d’une fleur et la douleur d’une épine, que le Petit Prince d’Antoine de St-Exupéry, un écrivain français, découvre dans le désert du Sahara. Clin d’œil au personnage de la mythologie grecque? Assurément. Il n’en demeure pas moins que cette pièce, au rythme lent des tambours de Dimitri RAIKOS, et, par moment, aux sonorités multiculturelles, que l’on retrouve sur Terre, s’ouvre à nous, dans toute sa simplicité en noir et blanc et s’éteint lentement en toute beauté…Le dernier titre du duo grec intitulé ‘Hypnagogia’. Un titre très approprié pour cette œuvre. Je ne peux m’empêcher de vous dire combien le son métallique de la guitare électrique me fait penser au mythique festival de rock libertaire de 1969 à Woodstock aux Etats-Unis. J’ai l’impression d’être dans un monde parallèle et revenir au présent sur la boule avec cette belle interprétation de cet excellent duo de guitariste sur un fond sonore programmé…
En conclusion, le duo Bungula nous présente un album de musique « alternative » qui demande plusieurs écoutes. Au début, à bas volume pour en saisir toutes les subtilités. Bien que dans un premier temps, il semble monotone, difficile d’accès, je vous invite à être persévérant. Peut-être inaccessible pour les oreilles paresseuses mais tout un défi pour les curieuses. Cette création artistique demeure très intéressante et je vous invite à la découvrir à votre rythme. Bonne écoute!
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PISTES / TRACKS
- 1 - Lumen novum (3:44)
2 - As we sink (2:53)
3 - Amantes amentes (3:08)
4 - The green lion devours the sun (4:27)
5 - Horn and Ivory (3:25)
6 - Restless flesh (3:34)
7 - Slow light (3:12)
8 - Moonless night (2:46)
9 - A glass full of fire (3:03)
10 - Stellium (2:08)
11 - Waste no time (3:16)
12 - Narcissus in your hand (4:40)
13 - Hypnagogia (2:51)
musiciens / musicians
Jovan Djordjevic: Guitars
Dimitris Raikos: Guitars, bass, programming



