
CHRONIQUE / REVIEW
Built For The Future
2084 Empire

Releases information
Release date:
June 5, 2026
Format:
CD, Digital
Label:
From:
Newspeak Music
États-Unis / USA
Philippe André - May 2026
8,8
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Retour vers le futur mais aussi retour au TEXAS avec ce quatrième opus de BUILT FOR THE FUTURE le groupe mené par Kenny BISSETT et Patric FARRELL une quatrième livraison qui s'intitule sobrement "2084 Empire". Il se veut la suite du disque du mois d'aout 2023 que j'avais eu le plaisir de vous chroniquer sur Profilprog.com, comme je l'avais fait également pour "Brave New World", second album du groupe en 2020, de la fidélité musicale et manuscrite.
Vous dire qu'il va vous falloir beaucoup de patience voir de résistance pour avaler le plat proposé est une simple gageure, les quatre-vingt minutes sont dépassées, honnêtement j'ignorais que c'était possible, si le décompte est bon, nous arrivons à quatre-vingt-neuf minutes. Le disque étant évidemment conceptuel puisqu'il s'agit de la suite orwellienne du précédent, un siècle après la vision de George, comment découper les différentes parties ?
L'avantage principal que j'ai trouvé à cette œuvre, BUILT FOR THE FUTURE est reconnaissable, ce qui n'est au demeurant pas gagné avant l'écoute, si vous avez apprécié les disques de 2020 et de 2023, vous allez naviguer en terrain connu (en mer connue). Dès le morceau d'ouverture éponyme "2084" la basse de Patric FARRELL donne le ton, présentée très en avant. Ceci étant dit, le moins bon titre de l'album, extrêmement répétitif en termes de chant, probablement voulu néanmoins est (5/10)."Propaganda". Rien à voir avec le groupe germanique du même nom dans les années quatre-vingt, qui s'avère bien plus plaisant, beaucoup chanté sans être répétitif (8/10). La tessiture vocale de Kenny BISSETT est suffisamment agréable pour emporter l'adhésion.
Avec les deux courtes plages suivantes (proches des cinq et six minutes quand même), "The Empire State" est quasiment dansante. La prestation de Lalo derrière les futs est un réel plaisir (8/10) et "Subterranean" (9/10) est proche d'un RADIOHEAD dans sa meilleure période, y compris certaines intonations de Kenny qui rappellent celles de Thom YORKE.
Place à l'épique "Airstrip One" et ses plus de onze minutes, ou la foule crie, l'église tinte, les sirènes de police hurlent et la voix de Kenny se fait doucereuse pour la première fois depuis le début de l'œuvre. Les chœurs à partir de la quatrième minute donnent de l'épaisseur musicale et un surcroit de mélodicité qui était plutôt absent jusque-là (10/10), ma pièce préférée sur la totalité de ce "2084". La guitare basse toujours aux premières loges pour donner l'exemple et éventuellement battre la mesure. Le sauvage "Zealot" qui suit est trop chanté et trop fouillis à mon gout (oui je sais...) et ne m'a pas du tout convaincu (6/10) malgré ses fulgurances de synthétiseurs à mi morceau.
"The Brotherhood" pour se reposer des quarante-trois minutes qui viennent de s'écouler, enfin une plage calme, le chant parfait de Kenny BISSETT, la brillance et le lyrisme des guitares, radiophonique surtout, le sucre d'orge de l'opus (9/10).
Le péplum maintenant, plus de vingt-cinq minutes au sablier, "Oceania" (9/10) le pays fictif aux frontières floues d'ORWELL. Même si l'intrigue principale se déroule à LONDRES, quelque peu différent de ce que nous avons entendu jusqu'à présent, beaucoup de synthétiseurs sur plusieurs couches (très difficile de mon opinion à reproduire sur une scène malgré les technologies actuelles). La plage également qui se rapproche la plus du PINK FLOYD version Roger ou plus précisément du Roger solo, une voix un peu trainante qui reste mélodique, les harangues de la foule, les chœurs (Kenny et Patric FARRELL, l'hélicoptère qui survole le pays imaginaire puis s'éloigne.......tout y est, "This is a New World" dans le texte sous un orage claviéristique de grande ampleur.
L'avant dernière plage "Permanent War", involontairement ciblée radio mais qui fait son effet, nous battons la mesure, nous tapons dans nos mains, les bidouillis de synthétiseurs faciles à suivre, la plage excellente du début à la fin (9/10). Fermons le ban avec "The National Anthem", introduit par une six cordes acoustique (la seule du disque), beaucoup de chœurs démultipliés, le coté waterssien encore pour cette conclusion mid tempo au début et qui s'énerve au mitan avant un final monstrueux et symphonique qui ferait le vide dans une basse-cour.
Un album long, très long (quatre-vingt-neuf minutes) pas aisé à digérer, j'ai personnellement choisi de le déguster en trois tiers, la satisfaction est au bout du chemin.
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PISTES / TRACKS
- 1. 2084 (7:42)
2. Propaganda (5:38)
3. The Empire State (4:53)
4. Subterranean (5:56)
5. Airstrip One (11:29)
6. Zealot (8:01)
7. The Brotherhood (5:02)
8. Oceania (25:21)
9. Permanent War (6:55)
10. The National Anthem (8:07)
musiciens / musicians
Kenny BISSETT : lead vocals, guitar, keyboards
Patric FARRELL : guitar, bass guitar, keyboards, programming, backing vocals
Pete FITHIAN : keyboards
Lalo : drums



