
CHRONIQUE / REVIEW
Big Big Train
Woodcut

Releases information
Release date:
February 6, 2026
Format:
CD, Vinyl, Digital
Label:
From:
English Electric Recordings
Angleterre / England
Serge Marcoux - February 2026
9,5
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Que c’est admirable d’assister à la création d’une œuvre ! Ne serait-ce qu’un peu. C’est un privilège de voir apparaitre les couleurs sur une toile ou les formes dans la pierre ou le bois. Pour la musique, c’est une autre histoire. Hormis via un documentaire, ce n’est que sur scène que l’on ne peut voir les artistes recréer le résultat de l’œuvre. C’est pourquoi les spectacles sont si importants. Avec « Woodcut », BIG BIG TRAIN nous présente un récit en continu qui explore la créativité, le sacrifice et la fine frontière entre l’inspiration et la folie.
Le bassiste et membre fondateur, GREGORY SPAWTON, nous explique ce qu’est ce dix-huitième album du groupe : « Woodcut » raconte l’histoire d’un personnage que nous appelons l’Artiste, en proie à des difficultés créatives et existentielles. Un jour, il parvient à créer une gravure sur bois qu’il juge belle et originale. Rêve ou réalité ? Toujours est-il qu’il se retrouve plongé dans l’univers de la gravure sur bois et dans un monde parallèle.
Six des sept artistes présents sur l’album précédent, « The Like of Us » sont de retour, CLARE, GREGORY, NICK, ALBERTO, OSKAR et RIKARD. Tout ce beau monde est multi-instrumentiste et participe au chant mené par M. BRAVIN. Le petit nouveau est PAUL MITCHELL aux trompettes et au chant. Nous avons eu le plaisir de le découvrir lors des spectacles donnés au Québec l’année dernière. Ces soirées sont devenues des souvenirs impérissables. Comme je le disais, c’est un privilège de voir des artistes à l’œuvre lorsqu’ils sont talentueux, impliqués et au sommet de leur art.
Les sept membres du groupe ont apporté leur contribution à cette œuvre. Si on pense qu’il a fallu éditer, rationaliser et assembler 400 pistes musicales individuelles pour produire « Woodcut », on parle vraiment de création. C’est ALBERTO BRAVIN qui a produit ce disque en tenant compte de la cohérence du concept et des sections instrumentales thématiques. Quatre personnes se sont partagé le rôle de parolier, soit ALBERTO, GREG, NICK et CLARE. D’ailleurs, cette dernière chante avec assurance « The Sharpest Blade ». L’utilisation des voix est assez remarquable. Pas seulement de la façon traditionnelle, chant principal et chœur. Les voix de chaque membre du groupe ne servent pas à personnifier des protagonistes de l’histoire. Les différentes tonalités colorent les morceaux et illustrent les divers moments et expériences de l’artiste. OSKAR HOLLDORFF sur « Chimaera » ou GREG SPAWTON sur « Counting Stars » sont de bons exemples.
Musicalement aussi, cet album est savamment et brillamment élaboré. Tout au long des soixante-six minutes, on retrouve un judicieux équilibre entre la douceur acoustique et la vigueur électrique. Les enchainements sont réussis en utilisant quelques superbes pièces instrumentales. « Inkwell Black », l’introduction de l’album et « Second Press » permettent de savourer le violon de Dame LINDLEY. Sur « Hawthorn White », c’est d’abord le piano qui est enfin rejoint par le violon, un autre beau moment de douceur. Mais il y a aussi le furieux et déjanté « Cut and Run ». Le morceau illustre une tentative de l’artiste pour se libérer de la confusion. Six minutes d’une musique intense marquée par les cuivres de MITCHELL, la basse de SPAWTON, de l’orgue résolument rock et un break psychédélique. Savoureux ! Le premier simple, « The Artist », que l’on a pu découvrir avec une superbe vidéo nous plonge d’emblée dans le cœur musical de « Woodcut ». D’VIRGILIO et SPAWTON forment une redoutable rythmique, force et finesse, qui assure jusqu’à la conclusion du disque. RIKARD nous gratifie d’un bien beau solo de guitare mais ce ne sera pas le seul. Portez attention à celui qu’il nous offre sur « Counting Stars ». Cette pièce me coupe le souffle et me donne des frissons à chaque écoute. C’est beau, c’est intense et tellement BIG BIG TRAIN à son meilleur.
« Albion Press » démontre, une fois encore, comment le chant de ALBERTO BRAVIN peut venir nous prendre aux tripes. Après la caresse folk de « The Sharpest Blade », nous passons à une haute intensité soulignée par le ton résolument rock, mâtiné de passages où le piano électrique apporte une petite teinte jazzée. La suivante, « Arcadia », est une perle de mélodie et d’harmonie. Guitare douze cordes, violon, montées symphoniques et Cie forment un tout d’une pure beauté. Que dire de « Warp and Weft » ? Les arrangements sont brillants, le jeu des voix en contrepoint est réussi et le solo de synthétiseur ajoute la bonne touche. Beaucoup de bonne musique en moins de quatre minutes. J’ai parlé du travail vocal sur « Chimaera », je souligne aussi le duo LINDLEY/SJÖBLOM pour un autre classique BBT. « Dead Point » est un morceau plus sombre aux accents mystérieux. Une fois encore, on note le travail sur les voix, dont celle de RIKARD. La mélodie devient reine et maitresse pour la conclusion de la pièce. « Light Without Heat » est un morceau au tempo lent avec une très belle douze cordes et un autre savoureux solo de RIKARD SJÖBLOM, impérial sur ce « Woodcut ». Xylophone et voix, puis rythmique lente, une guitare teintée de DAVID GILMOUR et une montée irrésistible caractérisent « Dreams in Black and White ». J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de « Cut and Run » et de « Albion Stars » mais la bien nommée « Last Stand » donne une bienveillante et belle conclusion à cette histoire et à un opus de très, très haut niveau. C’est mélodique, c’est intense et prenant jusque dans ces paroles : Ne prenez pas chaque jour comme il vient – faites-en quelque chose de nouveau et appropriez-vous-le… il y a de l’or dans le ciel, trouvez-le, continuez d’avancer.
« The Like of Us » avait été une démonstration de résilience et la relance de ce groupe que nous aimons tant. Avec « Woodcut » BIG BIG TRAIN a créé une œuvre prouvant qu’il est une des forces vives du rock progressif actuel. Les nombreuses écoutes le propulsent déjà non seulement vers un de mes albums de l’année mais aussi vers un de mes favoris du groupe. Offrez-vous le plaisir de la créativité musicale !
TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !
PISTES / TRACKS
- 1. Inkwell Black (0:56)
2. The Artist (7:16)
3. The Lie of the Land (2:55)
4. The Sharpest Blade (4:16)
5. Albion Press (5:46)
6. Arcadia (5:46)
7. Second Press (0:37)
8. Warp and Weft (3:45)
9. Chimaera (5:37)
10. Dead Point (5:28)
11. Light without Heat (3:22)
12. Dreams in Black and White (2:34)
13. Cut and Run (6:19)
14. Hawthorn White (1:54)
15. Counting Stars (5:40)
16. Last Stand (3:34)
musiciens / musicians
Alberto Bravin – Lead vocals, acoustic and electric guitars, keyboards, Moog, Mellotron
Nick D’Virgilio – Drums, percussion, keyboards, acoustic and 12-string guitars, vocals
Oskar Holldorff – Grand piano, Wurlitzer and Fender Rhodes electric pianos, Hammond organ, Mellotron, synthesisers, vocals
Clare Lindley – Violin, acoustic guitar, vocals
Paul Mitchell – Trumpet, piccolo trumpet, vocals
Rikard Sjöblom – 6 and 12-string guitars, Hammond organ, vocals
Gregory Spawton – Bass, bass pedals, 12-string acoustic guitar, Mellotron, vocals



