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CHRONIQUE / REVIEW

Aurora Clara

Seven Hills

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Releases information

Release date:

April 2, 2026

Format:

CD, Digital

Label:

From:

Youkali Music

Espagne / Spain

Thomas Szirmay - August 2026

9,3

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Ce groupe sublime a rapidement mérité la première place en tant que mon groupe prog espagnol préféré, un cran au-delà de Rafael PACHA, uniquement en vertu de la qualité irréprochable de leur discographie de 5 albums, passant du premier « Transformation » en 1997 jusqu'au sujet actuel, l’imposant « Seven Hills ». Un seul changement de personnel à annoncer : le batteur Miguel DIAZ remplace Marco ANDERSON, le reste de l’équipe étant composé de l'incroyable guitariste Raul MANNOLA, du fluide claviériste Denis BILANIN, puis Nill OLIVEIRA à la basse élastique, et Juan Carlos ARACIL à la flûte, donnant un détail exceptionnel à leur style jazz-rock/fusion flamboyant. Si certains experts mentionneront sans doute le Mahavishnu Orchestra comme influence, je crains de ne pas emprunter cette voie bien connue, car il existe quelques différences évidentes, notamment les couleurs espagnoles prépondérantes ainsi que la douce brillance de la flûte qui transportent le style dans un univers parallèle. Un point commun à noter est que les cinq instrumentistes sont tous exceptionnellement talentueux, et Raul MANNOLA va sans aucun doute stupéfier les fanatiques de la guitare.

Le morceau-titre ne perd aucun temps pour installer l'auditeur dans un état d'esprit confortable, démontrant vivement à quel point l'interaction entre eux a perduré au fil des années. Près de 10 minutes de cohésion instrumentale souple, la section rythmique imposant la cadence légère, une sorte de carnet de voyage musical où chaque instrument a une voix et une mission, ARACIL tourbillonnant autour du divin, la guitare électrique dansant jusqu'à ce qu'elle décide enfin de rompre l'étreinte et de sortir de sa zone de confort, le piano passant à une alliance d'orgue entraînante qui fait monter l'énergie. La folie ne fait que commencer, alors que Raul déchire ses cordes avec la fureur d’un taureau déchaîné, ajoutant la vitesse à la colère, la flûte à la rescousse comme pour guérir les blessures sanglantes. BILANIN dévoile son fétichisme pour Brian AUGER sous un projecteur d’Hammond éloquent, tout comme l'assaut soutenu des six cordes, OLIVEIRA et DIAZ se débattant violemment dans l’arrière-plan. Quelle gifle monumentale, je me sens déjà mieux !

OLIVEIRA initie l'arrangement suivant, sa basse mouvementée illumine le podium sur « Day Five », poussant ses camarades dans un festin de sons de la jungle, où les fruits musicaux pendent des arbres environnants, chaque musicien choisissant le sien au hasard, savourant semble-t-il, chaque bouchée. BILANIN se lance dans une démarche de piano, comme s'il courait à travers une clairière amazonienne. Quand la basse explose, c’est le cerveau qui pousse un cri de plaisir. Quel autre frisson exaltant!

Mon e-piano adoré semble mener le groupe sur « Blues for LC », un hommage peut-être à Larry CARLTON ou Larry CORYELL (peut-être aux deux), finissant par consolider la formation dans un groove enivrant, une plateforme pour que MANNOLA, ARACIL et BILANIN échangent d'énormes bourrasques de notes, l'une plus sauvage que l'autre. Une coda à combustion lente réussi à éteindre le feu, avec une douceur magnifiquement maitrisée.

Le tour revient à DIAZ pour introduire le saccadé « Feel the Cool Wind », une brise capricieuse qui peut se transformer en tempête à tout moment, la flûte maintient le suspense en bonne santé. La guitare électrique sculpte d'abord une inclinaison de motifs obliques, quasiment à la PICASSO, jusqu'à ce que la basse et la flûte décident de se réintégrer une fois de plus, l'occasion parfaite pour Raul de livrer une grande variété d'interventions ludiques, capturant parfaitement les caractéristiques d'une tourmente imminente. L'insatiable e-piano revient pour une nouvelle aventure, rappelant un certain Brésilien nommé Eumir DEODATO. Amusant.

« Wise Raven » est définitivement à vanter, soit une pièce de 9 minutes +, une perle de jazz-rock bluesy qui résume parfaitement ce que ce groupe offre. Comme l'oiseau renfrogné, le morceau est tout à fait audacieux, arrogant, parfois même agaçant, l'insistance frôlant la folie, avec des flux et des reflux sans fin, des va-et-vies incessants. La flûte ARACIL semble à nouveau se comporter comme une nourrice apaisante, calmant toute crainte inutile. Cela n'empêche pas le jeu d'être rapide et intense. La tirade scintillante de guitare électrique est entraînée par ce seigneur de claviers, et Raul s'envole carrément vers le céleste. DIAZ a même l'occasion de rosser sa batterie avec une démence notoire, comme s'il jouait en concert, espérant recevoir une tornade d’applaudissements.

« No Return » met Raul en valeur ses aptitudes de guitare acoustique, une tradition espagnole pour le moins légendaire, et son moment est édifiant, aidé par une pulsation rythmique hardie, qui finit par faire vibrer les moteurs, une montée électrique lente et délibérée qui a furieusement envie d'exploser. Le seul point négatif, c'est que j'aurais pu profiter de dix minutes de plus!

Quarante et une minutes d'action incessante, de bouleversements, et de sensations fortes. Que maravilla ! C'est un groupe qui mérite pleinement une plus grande appréciation, gardant l'esprit légendaire des grands noms du jazz-rock du passé avec le sourire favorable venant d'en haut (Chick, Jaco, Joe, Wayne, Larry, Allan, etc.). Muchas gracias, señores !

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PISTES / TRACKS

    1- Seven Hills (9:57)
    2- Day Five (6:39)
    3- Blues for LC (5:12)
    4- Wise Raven (9:10)
    5- Feel that Cool Wind (7:12)
    6- No Return (2:37)

musiciens / musicians

- Raul Mannola – Guitars
- Denis Bilanin – Keyboards
- Nill Oliveira – Bass
- Miguel Diaz – Drums, percussions
- Juan Carlos Aracil – Flute

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