
CHRONIQUE / REVIEW
35 Tapes
Veil On Life

Release information
Release date:
April 30, 2026
Format:
Vinyl, CD, Digital
Label:
From:
Apollon Records
Norvège / Norway
Pascal Favreau - August 2026
8,7
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Le tout a commencé à Oslo en 2018 par amour pour le rock progressif. D'où provient ce nom bizarre pour un groupe d'aujourd'hui admirant celui d'hier tout particulièrement GENESIS et CAMEL? Vous l'aurez deviné, ce groupe norvégien, 35 TAPES, tire son nom des 35 bandes magnétiques disponibles sur le Mellotron! Le credo du groupe est simple : « Pas trop de notes, mais les bonnes – pas des accords fixes, mais des accords ouverts et flottants – pas virtuose, mais authentique. » de dire les deux membres fondateurs Morten LUND et Jarle WANGEN, deux vieux amis, musiciens chevronnés issus de la scène musicale norvégienne. Sur ce quatrième album en carrière, enregistré à Nrydenlund Studio (Oslo, Norvège) tout comme leur album précédent, « Nabrico of Time », dont la pochette me fait penser aux intro des films de JAMES BOND. Ils sont bien accompagnés par des musiciens chevronnés tel que Kai LUNDEWALL (batterie), Jo WANG (claviers et thérémine), Andreas ERICSEN (claviers). L'album est composé de six titres totalisant 43 minutes et 9 secondes.
On commence l'écoute avec « HALWAY ». Dès le premier coup de baguette de Kai LUNDEWALL sur ses tambours, le ton est donné pour passer un bon moment. Ça sonne bien le rock progressif. Presqu’en sourdine de beaux riffs de guitare. Le rythme ralenti... L’aura du légendaire groupe GENESIS, plane sous les doigts agiles du claviériste Andrea ERIKSEN, qui n’ont d’égal que ceux d’un gamin de 4 ans réussissant le cube Rubik en un temps record, caché derrière la voix envoûtante et chaleureuse du chanteur Morten LUND. Un chant rappelant par moment Jim MORRISSON. Bref retour à la case départ et là à notre grand plaisir on se retrouve dans le monde musical planant du progressif des années 70 dominé cette fois-ci, en avant plan, par Jo WANG dont ses ‘touches’ sur les notes noires et blanches, nous en fait voir de toutes les couleurs tant la ressemblance avec Tony BANKS est frappante. Du pur plaisir…que l’on retrouve dans le morceau intitulé « Waters », ce qui nous donne l’eau à la bouche. À l’écoute de celle-ci, on reconnaît la même recette que sur la précédente sur un rythme toutefois plus lent. La séduction opère rapidement dans cet autre beau voyage musical. La magie est toujours au rendez-vous et fait disparaître tous nos doutes. Dès le départ l’influence CAMEL se fait entendre. Nous avons droit à un cocktail de synthétiseur et de batterie ou le claquement des cymbales se fait entendre comme un petit cube de glace dans un verre de Peter DAWSON. Quelques accords d’une guitare acoustique dont la sonorité est parfaite. Le ‘keyboard, s’en donne encore à cœur joie jusqu’à la finale. Nous en sommes maintenant rendus à la plage suivante « Brisé Volé » et les battements de mon cœur s’accélèrent tellement l’excitation me guide vers cette agréable impression que le meilleur reste à venir. Superbe interlude au piano ou chaque note me semble destinée tout comme le sourire d’une femme au Piano bar Chez Tonton, un certain soir au mois d’août à Paris. Irrésistible! Comment ne pas succombé à cette voix qui semble sortir d’un lointain passé quand l’ange GABRIEL descendait du ciel? L’atmosphère de la plus belle pièce de l’album s’enrichi d’un ‘back vocal’ juste assez discret pour en apprécier la richesse. Une guitare plaintive semble jouir pendant quelques secondes de ce moment grandiose. L’intensité monte à chaque parole enrobée du synthétiseur qui tire la couverture vers lui. À deux reprises on revient vers l’arrière savourant le plaisir de l’écoute jusqu’à cette séquence instrumentale, qu’encore aujourd’hui les albums d’Anthony PHILLIPS nous rappelle quatre jeunes génies britanniques des débuts du progressif. « Brisé Volé », que l’on voudrait éternelle, se termine dans un parfum de douceur à la lumière d’une chandelle qui laisse échapper son dernier souffle…
« Borrowed Time ». Le morceau du beau ‘disque’ comme le dit si bien Claude RAJOTTE et j’en rajoute, disait mon regretté pépé en écoutant SON Jean SABLON. Nous en sommes rendus au milieu de l’album et le tout commence au son d’une basse discrète, profonde et d’une guitare acoustique qui nous berce de façon hypnotisante vers une texture musicale séduisante. Dans la pure tradition du rock progressif, de beaux motifs rythmiques se succèdent tout au long de la pièce, entrecoupé par la voix imposante, bien maitrisée de Morten LUND, qui varie en intensité, souvent accompagnée, en ‘arrière-plan‘ par celle de Jarle WANGEN. Un bref silence ou rien ne se passe, ce qui est déjà beaucoup, nous propulse aussitôt vers l’ivresse d’une finale, qui fait un clin d’œil au début en y ajoutant les lamentations d’une guitare électrique... « Clueless » débute tout comme la précédente avec une guitare acoustique présente se permettant de crée une ambiance à tendance mystérieuse. Toutefois, le dynamique trio basse-guitare-batterie prend rapidement la relève. Bel accouplement des voix de LUND-WANGEN rappelant le duo GABRIEL-COLLINS. La pop/progressive du groupe CAMEL est ici plus présente que jamais mais ne délaisse point l’âme du groupe. À environ deux minutes de la fin, moment d’évasion planant, quelques notes de piano. Tout se termine dans un tourbillon presque cacophonique de décibel rappelant que nous écoutons du rock progressif! Déjà, nous sommes rendus au tout dernier morceau « Cities », le plus long de ce court album. L’architecture musicale du début demeure dans la même veine que « Clueless ». Inévitablement, pendant un court moment, « Wind And Wuthering » nous vient à l’esprit. Les meilleurs s’inspirent des meilleurs, n’est-ce pas? Le synthétiseur dans toute sa splendeur nous transporte dans une atmosphère féérique ou l’on retrouve une guitare gémissante sous les battements de tambours en ‘down tempo’ de Jarle WANGEN. Un très beau segment musical profondément bouleversant. La voix de Morten LUND poursuit le plaisir de l’écoute. L’enrobage atmosphérique, les variations de rythmes, la précision du ‘back vocal’, l’utilisation de l’échos, la petite note de piano qui se fait entendre discrètement constituent une belle finition pour un album qui sera, sans aucun doute, à plusieurs reprises sur vos différents appareils de lecture.
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PISTES / TRACKS
- 1. Hallway (06:42)
2. Waters (05:13)
3. Brisé volé (07:40)
4. Borrowed time (06:23)
5. Clueless (6:06)
6. Cities (08:22)
musiciens / musicians
Morten Lund: Guitars, Lap Steel, Keyboards, Vocal
Jarle Wangen: Bass, Guitars, Vocal
Kai Lundewall: Drums
Jo WANG: Keyboard, Theremin
Andreas ERICSEN: Keyboard



