
CHRONIQUE / REVIEW
The Samurai Of Prog
Omnibus 4

Releases information
Release date:
May 15, 2025
Format:
CD
Label:
From:
Seacrest Oy
Multi
Pascaline Hauriez
9,1
Google translation options below french text
TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !
Alors que Steve UNRUH s’éclipse discrètement du navire The Samurai of Prog, ses deux cofondateurs Marco BERNARD et Kimmo PÖRSTI poursuivent leur route en mettant en lumière, sous l’effigie d’un magnifique coffret titré Omnibus 4, une trilogie de récits progressifs antérieurement publiée et désormais remastérisée : Gulliver, La Tierra et Robinson Crusoé. À cela s’ajoutent, en prime, 40 minutes d’inédits. Avec Gulliver, Steve UNRUH se trouve déjà au bord du quai, prêt à débarquer, mais encore présent sur un seul titre : « Gulliver’s Fourth Travel ». C’est donc autour du duo fino-transalpin KIMMO PÖRSTI et Marco BERNARD que gravite la kyrielle d’invités. Rappelons que, sur ce projet, ils se cantonnent au double rôle de production et d’interprétation. N’oublions pas non plus que l’exégèse de cette impétueuse déferlante de rock progressif symphonique, aux arabesques tonitruantes et aux syncopes vertigineuses, s’incarne dans un maelström orchestral d’une intensité dramatique rare.
Sans verser dans la grandiloquence, et sans s’égarer dans le menu du livret, on constate que chaque titre est confié à un compositeur différent — la plupart ITALIENS : Andrea PAVONI, Oliviero LACAGNINA, Mimmo FERRI, Alessandro DI BENEDETTI, Luca SCHERANI et Alessandro LAMURAGLIA — sous la houlette du tandem BERNARD & PÖRSTI. Le résultat est bluffant : une cohérence stylistique étonnante malgré la diversité des signatures, qui illustre les aventures du héros de SWIFT. Le collectif signe là un grand disque de prog symphonique. Deux titres — en introduction et en épilogue — encadrent les quatre longues suites narrant chacune une étape de l’épopée de GULLIVER.
Enhardie par la réécoute de cette réédition, j’avoue que la longue introduction instrumentale résonne dès l'entame comme un hommage vibrant aux tutélaires du prog italien — compositeur transalpin oblige. Des enluminures baroques illuminent l’ouverture du voyage de Lilliput, et cette manière théâtrale, presque intempestive, m’envahit d’allégories. Cette fresque sonore m’évoque, sans équivoque, la période Gabriel de Genesis. Portée par la tessiture de Marco VINCINI, c’est vraiment à s’y méprendre… un vrai coup de cœur, dois-je dire. À mi-parcours, le compositeur ravive l’âme surannée du prog italien, et la voix résonne alors dans la langue de Dante. Le duo vocal, inspiré de l’esprit baroque du contrepoint, me rappelle sans conteste pourquoi la musique progressive me touche autant. Ajoutez à cela le violon expressif de Steve UNRUH, quelques incursions jazz-rock fusion, des réminiscences du Roi des Fleurs, les nappes de Mellotron, les belles interventions du saxophone de Marek, et la guitare lyrique de Carmine CAPASSO… tout y est.
V’là maintenant un album à part : La Tierra, singulier dans la galaxie de The Samurai of Prog. La réécoute m’a replongée dans cette dramaturgie progressive aux contrastes marqués. Porté par un chant tout en émotion dans la langue de Cervantès, il revêt une parure poétique, plus organique, presque mystique par moments — et c’est sans doute l’un des opus les plus émotionnels de la période Bernard/Pörsti. Bref, un OVNI.
L’aspect conceptuel de l’œuvre n’est pas à négliger : La Tierra interroge notre lien à la planète et augure peut-être d’une prise de conscience plus profonde entre l’humanité et la Terre. Maintenant que le concept-album est avéré, je ne voudrais pas m’attarder sur l’aspect tellurique, mais plutôt sur l’aspect musical et ses variations atmosphériques (prog sympho, folk, hard, narratif…), le tout avec cette empreinte hispanique rare dans le genre. Malgré une incursion aux couleurs de Kansas avec “Vuelo Sagrado” et le violon de Steve UNRUH qui plane dès les premières mesures… Ou “El Error”, porté par une voix féminine, Ariane VALDIVIÉ, avec une belle intensité dramatique. On ressent plutôt, sur les autres morceaux, une texture plus symphonique, faite de contrastes, avec des passages hard rock et d’autres plus lyriques et aériens. Avant d’attaquer le morceau éponyme, une sorte de long interlude néo-classique précède “La Tierra”. Le morceau XXL ne déroge pas à l’atmosphère : un spectre de coloris progressive symphonique luxuriant, au lyrisme dramaturgique digne d’un mini-opéra immersif. L’opus se conclut par le bonus “Fuego”, proposé par l’ineffable Rafael PACHA. Un morceau mélancolique chanté par Ariane VALDIVIÉ.
Quelques bribes de souvenirs émergent à la surface, emportant avec elles les émois qu’ont suscité les aventures de Robinson Crusoé. La jeune lectrice de l'époque est tenue en haleine par les tumultueux personnages de la littérature de Foe. J'imagine qu'elles ont évoqué les mêmes assentiments de rêveries à Marco, Kimmo et les autres dans leurs explorations intérieures et musicales ? Bref, laissons de côté les effluves du passé et revenons au projet Robinson Crusoé, qui constitue le troisième volet du triptyque Omnibus 4. Ils nous livrent ici un prog symphonique narratif, très descriptif, mêlant piano, cordes, cuivres, chœurs et voix selon les scènes, avec une vraie dimension cinématographique. Dès le lever du rideau, pianissimo, les fioritures évanescentes au piano s’évanouissent avant qu'elles ne revêtent leurs apparats pour une entrée solennelle, et symphonique. Un contraste dramatique s’installe… Quelle énergie ! Des envolées lyriques, intimistes. Ici et là… des soli : flûte, violon, guitare viennent égrener leurs arabesques, comme pour ponctuer l’atmosphère. Alors vient “Like an Endless Sea”, pièce charnière du triptyque, qui surgit sans crier gare, subrepticement me titille l’ouïe. Ouïr les entrelacs du Hammond, de la six cordes, du violon… Quelle délicatesse ! La tessiture de John Wilkinson apporte une touche à la fois éthérée et expressive, dans une ambiance luxuriante, complexe et délicate, aux effluves jazzy. Une pièce d’une bravoure symphonique, presque hypnotique par moments. À mi-parcours, un long interlude au piano ciné-bucolique annonce le départ vers l’île du désespoir : “The Island of Despair”.
L’ambiance s’assombrit. La mélancolie s’empare du violon, s’installe sans bruit. Là, la guitare pleure, parfois comme un appel au secours, parfois plus sauvage, déchirante, avant de s’évanouir dans des passages atmosphériques et planants, d’un équilibre presque irréel. Puis les allégories s’effacent et…La voix puissante de BART SCHWERTMANN traverse ce paysage comme une clameur intérieure, à la fois humaine et épique. Dès lors, le paysage se métamorphose. Une fresque intense de prog : “Friday”. Waouh ! Une orchestration de derrière les fagots ! D’une richesse, d’une densité progressive, aux contrastes vocaux très théâtraux, dans un esprit purement génésien. La bande des samouraïs, armés jusqu'aux dents, suit la trame narrative aux confins de la littérature de Foe. Des textures savamment orchestrées en alternant des rythmes haletants, tribaux. Les crescendos, intenses, palpitants. Les passages mélodiques, adoubés prog, se font profondément introspectifs. Je m’immerge à nouveau dans les flots sonores, là où la vague m’avait laissé, troublé, éberlué sur des terres inconnues. J’embarque à “The Rescue”. Une atmosphère théâtrale s’en dégage ; la voix à peine voilée, en italien, de Stefano Le GALIFI, comme suspendue, s’émancipe et se déploie dans l’embrasure, prônant à mon ouïe une intensité puissante et dramatique. Les réminiscences tutélaires du RPI envahissent l’atmosphère. L’alchimie du prog italien et du folk/rock, adoubée de passages puissants entre cordes vibrantes de violon et claviers. Normalement, l’opus original s’achève dans un halo de lumière et d’apaisement : “New Life”. Le piano, la flûte et les cordes tissent ensemble les allégories du retour à la civilisation, comme une brise douce qui efface les derniers ombrages du voyage.
Ceci n’est pas la fin du voyage, cher lecteur : trois bonus prolongent l’aventure, chacun apportant sa propre escale musicale. "Winter Day" : ballade hivernale douce et mélancolique. "Lost Soul" : instrumental introspectif et lyrique. "Three Castles on the Highlands" : épopée folk celtique en deux temps.
Pour conclure : À travers vents et marées, vous allez suivre les aventures des héros de la littérature britannique du XVIIIᵉ siècle au son du navire amiral des Samouraïs… trois fresques narratives, trois concept-albums qui vont vous échauder, sans effaroucher vos esgourdes, pour quelques deniers sortis de votre escarcelle. Le duo fino-transalpin Omnibus 4 vous offre les trois triptyques enfin réunis pour un périple aux confins du prog symphonique et de la grande aventure. À ceux qui n’ont pas encore levé l’ancre… il est temps.
PISTES / TRACKS
- GULLIVER
1. Overture XI (07:42)
2. Lilliput Suite (17:53)
3. The Giants (08:42)
4. The Land of the Fools (14:30)
5. Gulliver's Fourth Travel (10:17)
6. Finale (3:11)
Bonus tracks:
7. Ordinary Man (12:00)
LA TIERRA
1. Vuelo Segrado (08:57)
2. El Error (11:11)
3. Voz de Estrella que Muere (5:34)
4. Ansia de Soñar (10:23)
5. Canción desde la Caravana (3:30)
6. La Tierra (30:12)
Bonus tracks:
7. Fuego (5:18)
ROBINSON CRUSOE
1. Overture (06:18)
2. Like an Endless Sea (9:38)
3. The Voyage Begins (3:08)
4. The Island of Despair (10:00)
5. Friday (10:08)
6. The Rescue (07:23)
7. New Life (05:16)
Bonus tracks:
8. Winter Day (04:49)
9. Lost Soul (05:54)
10. Three Castles on the Highlands (10:15)
musiciens / musicians
- Marco Bernard / Shuker and Rickenbacker basses
- Kimmo Pörsti / Drums, percussion
With:
- Andrea Pavoni / Keyboards
- Kari Riihimäki / Guitars
- Marek Arnold / Sax
- Oliviero Lacagnina / Keyboards
- Marco Vincini / Vocals
- Ruben Àlvarez / Electric guitar
- Rafael Pacha / Acoustic, classical and electric guitars
recorders, whistles, viola da gamba and keyboards
- Marc Papeghin / French horn and trumpet
- Olli Jaakkola / Flute and piccolo
- Tsuboy Akihisa / Violin
- Mimmo Ferri / Keyboards
- Carmine Capasso / Acoustic and electric guitars
- Alessandro Di Benedetti / Keyboards, backing vocals
- Daniel Fäldt / Lead vocals
- Federico Tetti / Guitars
- Massimo Sposaro / Guitars
- Luca Scherani / Keyboards
- Stefano Galifi / Vocals
- Steve Unruh / Vocals, violin
- Marcella Arganese / Guitars
- Alessandro Lamuraglia / Keyboards
- Michael Trew / Lead and backing vocals
- Lauren Trew / Backing vocals
- Jan-Olof Strandberg / Fretless bass
- Tony Riveryman / Electric guitar
- Eduardo G. Salueña / Piano, organ, Mellotron, synths
- Ariane Valdivié / Vocals
- Rubén Álvarez / Electric and acoustic guitars
- José Manuel Medina / Orchestral arrangements
- John Hackett / Flute
- Octavio Stampalìa / Keyboards
- Marcelo Ezcurra / Vocals
- Pablo Robotti / Guitars
- Jaime Rosas / Keyboards
- Jaime Scalpello / Vocals
- Rodrigo Godoy / Guitars and backing vocals
- David Myers / Grand piano
- Steve Bingham / Violin
- John Wilkinson / Vocals
- Sara Traficante / Flute
- Marcel Singor / Guitar
- Bart Schwertmann / Vocals
- Steve Hackett / Electric guitar
- Marco Grieco / Keyboards, acoustic guitars and percussion
- Adam Diderrich / Violin
- Giovanni Mazzotti / Flute
- Mario De Siena / Keyboards
- Risto Salmi / Sax
- Mario Bianchi / Keyboards
- Daniela Rizzo / Flute
- Roberto Kriscak / Keyboards



