
CHRONIQUE / REVIEW
The Rome Pro(G)ject
VI - And Thus The End

Releases information
Release date:
December 7, 2025
Format:
CD, Digital
Label:
From:
TRP Records
Italie / Italy
Serge Marcoux - December 2025
9,4
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La notion de temps est troublante, fascinante et complexe pour l’être humain. Ainsi, selon les connaissances actuelles, la terre est vieille de 4,5 milliards d’années. De son côté, l’histoire de Rome s’étend sur plus de vingt-huit siècles et pourtant nous la qualifions de ville éternelle. Autre exemple, vers 2009 le musicien et compositeur VINCEZO RICCA devait proposer un album sur les fontaines de Rome à STEVE HACKETT. Au fil du temps, THE ROME PRO(G)JECT s’est transformé et est devenu le plus long album concept de l’histoire. La fin, la nôtre, celle d’un lieu ou d’un projet s’inscrit dans le continuum du temps. Douze ans après le début, ce sixième et ultime album de ce concept, est très justement intitulé « And Thus The End ».
En 2020, lorsque le temps a semblé s’arrêté sur la planète, j’avais eu le plaisir de faire une entrevue avec VINCENZO, le créateur de ce concept, ainsi qu’une chronique sur le quatrième volet. Je suis heureux et honoré de clore ce chapitre de l’histoire musicale de M. RICCA. Ce sera peut-être aussi une conclusion pour moi. Lorsqu’il se projette vers le futur, il souligne : J'aime à penser que je pourrais réaliser quelque chose de différent. Une trame sonore de film, de la musique pop ou électronique...qui sait! On verra bien ce qui va arriver... J’aime cette ouverture aux autres possibles et je l’adopte. Cependant, ici et maintenant, j’invite les amateurs de musique à prendre le temps et explorer ce nouvel opus du maestro.
Cet ultime volet commence en puissance. En moins de quatre minutes, nous imaginons sans peine voir et entendre les armées de César marcher triomphalement sur la Voie Apienne. La basse, courtoisie de VINCENZO, est d’une telle force qu’elle capte immédiatement l’attention. Imaginez l’ascendant d’un centurion sur ses légionnaires et vous aurez une bonne idée ! SYLVESTER ‘PAMMY’ BUDD complète la section rythmique et cette combinaison est diablement efficace. Les claviers confèrent une allure vraiment martiale au morceau. La suivante, « We Wandered », est interprétée par BERNARDO LANZETTI, ce chanteur associé à l’histoire du rock progressif italien, PFM et ACQUA FRAGILE. VINCENZO m’avait d’ailleurs précisé avoir cette voix si caractéristique en tête lorsqu’il a décidé de modifier le format purement instrumental des premiers albums. Ici, il chante les soldats qui portent la puissance, la gloire et le savoir de Rome à l’étranger pour préserver cet héritage pour l’éternité. Il n’y a pas que la présence de sieur LANZETTI à souligner mais aussi celle d’un solo de synthétiseur particulièrement savoureux et réussi.
La durée ne se décline pas qu’en siècle et en année. Ainsi « 1229 Years » offre sa musicalité sur vingt-huit minutes. Il s’agit de la plus longue pièce pour THE ROME PRO(G)JECT. D’entrée de jeu, on remarque la présence du saxophone et de la flute. Ces deux instruments sont tenus de main de maître par un collaborateur présent depuis le premier album, à savoir DAVID JACKSON (VDGG, KAPREKAR’S CONSTANT, etc.). Parlant de présence, celle du grand STEVE HACKETT se remarque, s’entend et fait sourire à belles dents. Il va sans dire que la présence de deux musiciens de ce calibre laisse une forte impression lors de l’écoute. J’irais jusqu’à dire qu’ils sont impériaux, digne de recevoir une couronne de laurier. Mais il ne faut pas oublier le jeu de basse de FRANK CARDUCCI. Jumelé à la batterie de M. BUDD, il accompagne le morceau en beauté et en finesse ou alors le propulse sur la route de l’excellence. Que ce soit au piano, à l’orgue ou aux synthétiseurs, VINCENZO RICCA démontre la vaste étendue de ces talents. Je m’en voudrais d’oublier le mellotron si cher à nos oreilles. C’est souvent grandiose et symphonique mais des passages délicats de flute et de guitares sèches, les multiples variations de textures et de rythmes enrichissent l’expérience auditive. Le morceau offre un hommage incroyable à Rome, à son histoire et son influence, les arts et les sciences notamment, sur un empire qui s’étendait sur l’ensemble des pays bordant la mer Méditerranée, et même en Grande-Bretagne. Un tour de force, un joyau musical qui est probablement le point d’orgue du projet de Maestro RICCA. Le plaisir, voire l’excitation que les multiples auditions m’ont procurée en font mon morceau favori, et tout aussi sûrement un des meilleurs de l’année. Le fameux passage du temps risque de propulser « 1229 Years » parmi mes œuvres progressives préférées.
La jolie pièce « Far From Home », chantée par VINCENZO, évoque la distance séparant les administrateurs de ce vaste empire de leur famille. On peut ressentir la tristesse de cet éloignement malgré l’importance du rôle qu’ils occupent. Quiconque a déjà travaillé en région éloignée peut témoigner de l’impact de l’absence. Je souligne la présence de STEVE HACKETT à la guitare et de BILLY SHERWOOD (YES, THE PROG COLLECTIVE, etc.) à la basse.
« Ad Gloriam Romae » renoue avec le volet instrumental auquel nous sommes habitués. Les claviers sont mis en valeur. Le jeu d’orgue est particulièrement jouissif. Les performances au synthétiseur rappellent un brin le grand RICK WAKEMAN pour lequel VINCENZO ne cache pas son admiration. La section rythmique SHERWOOD/BUDD est nerveuse et confère un ton assez rock au morceau. La nouvelle génération des RICCA, PAOLO, contribue par son apport à la guitare électrique, comme sur la plupart des morceaux d’ailleurs. Après le plus long morceau, voici le plus court, « And Thus The End ». Un délicat duo mené par la basse de TONY LEVIN et complété par la guitare de PAOLO RICCA. Un ultime clin d’œil au projet est offert par une démo de « Over 2000 Foutains » composé par VINCENZO et DAVID CROSS (KING CRIMSON et solo). La fin constitue donc un rappel du début du projet avec ces fontaines si évocatrices de Rome.
Au cours de cette odyssée artistique, VINCENZO RICCA fut le guide et le cerveau musical de ce projet étalé sur plus d’une décennie. À l’instar des précédents opus, RICCA a composé, arrangé et interprété tous les morceaux. Son univers musical est riche en nuances, en croisements stylistiques et en références historiques. Sa vision artistique ambitieuse et cohérente a été mise en musique par les nombreuses et généreuses collaborations de musiciens de diverses époques et lieux du prog. À ce titre, sachez que STEVE HACKETT a participé aux six albums tout comme avec GENESIS. De son côté, BERNARDO LANZETTI a tissé un lien entre le passé et le présent du rock progressif italien. Et même si le projet est terminé, la musique demeure et existera tant qu’il y aura des gens pour l’écouter. Elle devient éternelle comme Rome. Grazie mille VINCENZO e lunga vita a Roma!
PISTES / TRACKS
- 1- VI (Six) (3:43)
2- We Wandered (4:40)
3- 1229 Years (28:11)
4- Far From Home (5:21)
5- Ad Gloriam Romae (6:06)
6- …And Thus The End (1:23)
Bonus track
7-Over 2,000 Fountains early demo (bonus track) (6:36)
musiciens / musicians
- Vincenzo Ricca / Keyboards, composer, arranger, producer, bass (1), vocals (4)
Featuring:
- Paolo Ricca / Electric guitar (1,3,4,5,6)
- Sylvester ‘Pammy’ Budd / Drums (1-6)
- Franck Carducci / Bass (2,3),12 string guitar (7)
- Bernardo Lanzetti / Vocals (2)
- Steve Hackett / Guitars (3,4)
- David Jackson / Saxophone, flute (3)
- Billy Sherwood / Bass (4,5)
- Tony Levin / Bass, Chapman stick (6)
- David Cross/ Violon (7)
- Luca Grosso/ Drums (7)



