
CHRONIQUE / REVIEW
Overture
A Mezz'aria Sul Tempo

Releases information
Release date:
September 5, 2025
Format:
CD, Digital
Label:
From:
Melodic Revolution Records
Italie / Italy
Serge Marcoux - September 2025
9,0
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Parmi les nombreux attraits qu’offre l’Italie, je confesse deux grands coups de cœur pour le vin et la musique. Comme nos papilles gustatives, nos oreilles et l’histoire l’ont démontré, les années peuvent apporter d’importantes variations dans ces domaines. Par exemple, le cru musical progressif italien de l’année dernière ne fut pas aussi enthousiasmant que ne le furent certaines années passées. Que cela ne tienne ! 2025 a déjà permis de savourer avec délice les crus de LIMITE ACQUE SICURE, DORACOR, DAAL et NUOVA ERA, notamment. Je vous invite à prendre le temps de verser une cinquantaine de délicieuses minutes vers vos oreilles avec « A Mezz’aria Sul Tempo » du groupe OVERTURE.
Paru en 2018, le premier album éponyme avait joyeusement titillé le goût de plusieurs amateurs de rock progressif italien. Depuis, il n’y a eu qu’un seul changement à la formation. Il est néanmoins important puisque le chant est maintenant la responsabilité de PIER MAURO MARRAS (MATERIA OSCURA). Les cinq autres musiciens sont de retour. On retrouve les membres fondateurs SAMUELE DESOGUS aux guitares, SIMONE DESOGUS à la batterie, et STEFANO SANNA à la basse. On peut aussi entendre FIORELA PIRAS à la flute, au hautbois et aux harmonies vocales et SIMONE MELI aux claviers et aussi aux harmonies vocales. « A Mezz’aria Sul Tempo » qui, en gros, signifie suspendu dans le temps, se veut une réflexion sur la résilience, la mémoire et l’espoir de l’esprit humain.
D’emblée, on voit le fil conducteur artistique entre les deux œuvres. Mauro Mondiello a réalisé le design des deux pochettes, inspiré par la musique du groupe et l’histoire contée par les chansons. L’arbre en rose symbolise la nature qui devient prédominante, d’une façon ou d’une autre, et envoie un message symbolisé par la ville à l’envers. Cet album concept, basé sur les relations entre les humains, la terre et les autres êtres vivants, est inspiré, et artistiquement lié, au livre de PIER MAURO MARRAS, « In bilico... a mezz'aria sul Tempo ». Celui-ci connaissait le groupe pour les avoir vu en spectacle et vice et versa. Le lien entre eux s’est fait aisément et, comme je viens de le signaler, sa contribution va au delà des cordes vocales. En ouverture, « Agapan », constitue un intéressant contraste avec le début de l’album précédent. En effet, ce superbe morceau nous plonge dans l’univers classique du rock progressif italien, pensez PREMIATA FORNERIA MARCONI par exemple. La flute de Dame PIRAS y joue un rôle primordial. C’est un peu pastoral avec une rythmique douce mais néanmoins bien assurée, le piano de Sieur MELI et une guitare électrique suave et caressante. Bravissimo ! « Coscienza Cibernetica » est un morceau sur la solitude crée par la dépendance à l’électronique et la déshumanisation de nos relations. Le trait d’union musical avec l’album éponyme est plus évident avec un morceau plus électrique mais doté d’une belle section médiane plus calme. Là, le duo flute et basse y fait merveille. Nous faisons aussi connaissance avec le chant de PIER MAURO. Les amateurs de RPI entendront une voix qui convient très bien à l’histoire, au groupe et au genre de façon générale.
« Bagliori » est le premier single de l’opus. Il s’agit d’une superbe pièce au tempo assez lent et avec une mélodie engageante. Un passage où le chant et le piano dominent et caressent l’oreille. J’ai été encore plus sous le charme quand le hautbois, puis la rythmique et enfin un solo de guitare se sont ajoutés. Le morceau suivant continue à bercer et charmer l’auditeur. « Ninna Nanna (A mezz'aria sul tempo) » est une balade qui met en évidence la voix, la guitare sèche et le hautbois. C’est vraiment très beau. Les six membres ont volontairement choisi le chant en italien pour les huit morceaux. Sur le premier album, deux pièces en anglais, bonnes au demeurant, tranchaient un peu sur l’ensemble. Ce choix vient de leur passion du progressif italien des années 70, de la cohérence souhaitée pour l’album et, bien sûr, de leur magnifique pays d’origine. Faits à noter, chacun d’eux a proposé des chansons avec une idée sous-jacente claire, jouant en quelque sorte le rôle de réalisateur, puis laissant le reste du groupe donner forme à l'idée de base. La gestation de l’album s’est faite au cours de la période pandémique. Ce fut un temps où nombres d’entre nous ont pu réfléchir à la nature, aux humains et aux liens avec elle et entre nous. Avons-nous déjà oublié ? « Cosa Pensi? », qui signifie qu’en penses-tu, poursuit dans une veine plutôt douce. Mais ce calme cache une forme d’intensité portée par le morceau. Encore une fois, PIER MAURO vient nous chercher avec sa voix. Il y a une telle gravité dans le ton et son timbre fait vibrer nos émotions. Puis vient un moment où FIORELLA PIRAS souffle superbement dans sa flute alors que SIMONE DESOGUS lui donne une belle assise à la batterie. Ajoutez une ligne de synthétiseur jusqu’à la reprise du chant et voilà une autre réussite.
Les riffs de guitare de SAMUELE DESOGUS, le frérot de SIMONE avec qui il joue depuis l’enfance, rappellent le premier album et donnent le ton au plus long morceau, « Il Rei di Topi ». Nous sommes dans l’univers rock du progressif. L’orgue tire dans la même direction avec un son qui n’est pas s’en rappeler un peu JON LORD. Le duel hautbois/guitare électrique provoque un intéressant contraste jusqu’à un break plus atmosphérique. Le retour de l’orgue et du chant ramène le rock à l’avant-plan. Une belle intensité que la guitare et la batterie soulignent puissamment, accompagnés par le synthétiseur et cet orgue bien présent. La section instrumentale se prolonge et puis PIER MAURO reprend du service. Un morceau à la hauteur d’un très bon album. Le registre musical change avec « Ali nere », un autre morceau plus dépouillé, au ton grave. Le solo de guitare de SAMUELE évoque ROBERT FRIPP et nous transporte littéralement jusqu’à la conclusion. Celle de l’album est « Il canto di nessuno ». Le groupe s’illustre de nouveau avec une pièce à teneur symphonique. Les musiciens d’OVERTURE offrent ici des moments de grâce et de brillance de diverses façons. Que ce soit au niveau des performances individuelles, du déroulement du morceau où des transitions, c’est un pur bonheur.
Comme les vignerons soignent nos papilles avec leur art, OVERTURE apporte du bonheur à nos oreilles et notre cœur avec un excellent cru artistique. Le défi du deuxième album est relevé avec brio. « A Mezz’aria Sul Tempo » mérite l’attention des amateurs de rock progressif italien. Si vous l’écoutez avec le même soin que ses artisans lui ont accordé pour le faire, grande sera votre récompense.
PISTES / TRACKS
- 1. Agapan (3:41)
2. Coscienza Cibernetica (7:25)
3. Bagliori (5:20)
4. Ninna Nanna (A mezz'aria sul tempo) (2:51)
5. Cosa Pensi? (6:23)
6. Il re dei topi (10:35)
7. Ali Nere (3:43)
8. Il canto di nessuno (9:47)
musiciens / musicians
- Pier Mauro Marras / Lead vocals
- Fiorella Piras / Flute, bassoon, vocals
- Samuele Desogus / Electric, classical and acoustic guitar
- Simone Meli / Keyboards, vocals
- Stefano Sanna / Bass, fretless bass, synth bass, double bass
- Simone Desogus / Drums, percussion, vocals
With:
- Serena Porcu / Vocals (1)



