
CHRONIQUE / REVIEW
Halloween
Psy-Ko

Releases information
Release date:
January 15, 2025
Format:
CD, Digital
Label:
From:
Musea Records
France
Thomas Szirmay - May 2025
9,3
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Rien n'est vraiment fini, car selon la légende, le phénix renaît des cendres pour reprendre sa place dans le courant dominant. Appelez cela une Renaissance si cela vous enchante mais aussi une liberté artistique, car après 24 ans de silence immaculé, ce vétéran groupe français ranime sa muse pour un retour de taille dans la communauté progressiste en 2025. Le trio de base original bâti autour du chanteur/violoniste Jean-Philippe BRUN, Gilles COPPIN aux claviers (tous deux de la classe de 1988) et du directeur de la batterie Philippe di FAUSTINO (en 1989), ainsi que de l'ajout éventuel de Géraldine LeCOQ au chant (1994), voit Psy-KO mettre en valeur leur héritage de prog symphonique, mais en ajoutant des éléments jazz-rock, une sensibilité mûre en proposant des colorations plus feutrées à leur compositions. Les nouveaux venus Romain TROLY à la basse et le guitariste Cédric MONJOUR élèvent la barre de la complexité technique, exposée pour la première fois sur cet album pharamineux. Une extravagance tentaculaire de 72 minutes qui se présente comme une introspection encore plus psychotique de la condition humaine, toujours un excellent sujet pour trouver la moindre inspiration artistique.
Conservant leur approche à tendance sombre, il est donc approprié que le violon prenne les devants sur le tourbillonnant « Transe », émergeant d'un lointain point d'obscurité, la basse prenant immédiatement l'arrangement en main dans une diatribe de guitare entraînante et hargneuse qui n'a pas peur de basculer, de fulminer et de parer les coups de boutoir fournis par la section rythmique. Géraldine chante en français et elle sait certainement comment étirer les attributs pulmonaires qu'elle possède sans la moindre pudeur. MONJOUR ne perd pas de temps à illustrer sa technique scintillante, pliant et torturant ses six cordes avec une furieuse verve. Une flaque de piano électrique jazz et les gémissements aigus de LeCOQ s’installe confortablement dans une section médiane savoureuse, un mode de réflexion des plus inspirants. La guitare principale insuffle un solo grésillant dans le mix, haussant rapidement l'ambiance jadis sereine en une frénésie torride, ce qui est, après tout le flambeau même de la psychose. Un titre d'ouverture exubérant, Géraldine offrant ainsi son plus bel hommage à Robert Plant ! Bonjour, nous sommes bel et bien de retour !
L'ensorcelant « Crise de Foi » offre une version mécanique à la cocasserie sonore, un trait qui est la marque de commerce de ce groupe, où les synthés éructent au milieu des gargouillis de la basse, la gymnastique polyrythmique et les scintillements de guitare règnent tous en maîtres, dans un arrangement axé sur la complexité, nécessitant de la part de l’auditeur une tonne de concentration pour bien suivre le rythme effréné. Soigneusement épicé de tout ce que la cuisine peut bien offrir, y compris des « Tubular bells » et des chuchotements vocaux. Grincheux et inquiétant, à la limite de l'hystérie hypnotique, le martèlement caverneux de la basse et de la batterie permet au violon farouche de tirer une révérence et de s'envoler puissamment dans un maelström chaotique de boursouflures et de fanfaronnades. Où sont donc mes maudites pilules ?!
Après une telle chevauchée, « Plume de Plomb » revient à des contrées plus spectrales, le violon jouant son rôle à la perfection, tandis que la voix autant étouffée qu’épuisée cherche une disposition de réconfort, alors qu'elle hoquète comme dans le bon vieux temps de Christian DECAMPS du célébré groupe fétiche Ange. Certainement pas une zizique accessible ou adaptée à la radio pour les débutants mélomanes, la basse tourbillonnante ramène cette manifestation de lamentations osées vers un sentiment de normalité, avec une véritable mélodie des plus agréables qui s'installe au beau milieu de toute cette anxiété. Pièce incroyable.
« Nostalgie » est le cœur de cet album avec ses 15 minutes de bizarrerie, des influences vocales et sonores qui écument les ombres de souvenirs jadis éteints, évoluant allègrement vers un ouragan sonore à part entière, où les percussions impitoyables dictent le tempo cacophonique. Un battement de cœur cherchant audacieusement des frontières aventureuses, loin des paysages sonores expérimentaux, le groupe offre des surprises à chaque coin de rue, un univers où le solide se heurte au serein, la voix susurrée qui prend la vedette de manière la plus théâtrale possible, un trait particulier du rock progressif français, n’est-ce pas! Il n'y aucune urgence, cependant du désespoir dans le ton tragique de l'arrangement, surtout lorsque le chœur colossal entre en jeu en tenue symphonique, à la recherche d'une apothéose inexorable de sentiments et d'émotions. Lorsque Géraldine propose sa partition de risées démoniaques, on a droit à du théâtre de premier plan, sous-jacent parfaitement la folie d'un esprit qui a perdu son équilibre mental, où la paranoïa, l'hystérie et l'hallucination s’unissent pour forcer la capitulation. Un rock progressif impressionnant et exigeant qui a besoin d'être entendu et apprécié.
Se transformant en espace plus animé, tout en conservant un sentiment imprégné d'effroi, « Frustration » est une propagation palpitante de mellotron qui éclate en une véritable perturbation rauque, une plateforme idyllique pour la voix sautillante, agile à un moment puis s'évanouissant sereinement par la suite, exprimant le titre avec une pénitence troublante, comme s'il s'agissait d'une forme moins ouvertement teutonne de Magma. La déflagration est l’effort combiné du violon en spirale, qui oscille entre les bordures rugueuses de la guitare et la pulsation flamboyante.
Parlant de monstrueux, « Gnomes » est la deuxième épopée, s'accrochant à10 minutes + d’aventure solennelle, perdant peu de temps à établir un duo violon/basse qui laissera bientôt infiltrer la guitare coriace et les cloches effrayantes, annonçant ainsi l'arrivée des créatures hideuses. La chanteuse escalade et dévale les gammes comme les gargouilles que l’on voit perchées sur les corniches des cathédrales antiques, le synthétiseur bouclant une ambigüité confuse, Romain TROLY taillant un sillon de basse athlétique, créant ainsi une folle cacophonie douloureuse. Le travail choral est carrément trépidant et perturbé, encore une fois à la délicate sauce Magma, le violon venant remettre les choses en place au niveau mélodique et à caresser doucement l'oreille. Une interprétation musicale stimulante qui mettra à l'épreuve votre facilité à vous endormir en toute quiétude.
Deux titres de 7 minutes viennent conclure ce glorieux retour en forme, « Cochon de Laid » offrant d'abord une conflagration turbulente à la Frank Zappa, un missile sonore hypersonique et turbocompressé, preuve de leur maîtrise instrumentale. La voix souffle avec un traitement apaisant, offrant un sursis de courte durée, car les bombes auditives ombrageuses reviennent avec vengeance, orgue costaud au premier plan. Cela provoquerait une panique de masse en ouverture d'un concert de Taylor Swift, alors que les fans-brebis chercheraient leurs précieux sièges, téléphone à la main. Musique de Bates Motel.
Sûrement une ode à Stravinsky, « Igor S. » règle le compte avec des paroles et une interprétation non pas en français mais bel et bien en russe, mêlant d'énormes chœurs masculins (rappelant le chœur de l'Armée rouge) et l'humeur fataliste coutumière qui imprègne cette culture slave richement établie, où la grandiloquence et la désolation vivent en harmonie apparente, faisant partie d’une constitution génétique qui semble résignée aux extrêmes de la douleur humaine. MONJOUR se permet un solo de guitare qui hurle, cabriole, plonge et s'envole comme un oiseau de proie. L'élégant piano s'empare de la tourmente avec une étude sincère, où la voix, la basse et le rythme de la batterie signalent la fin de la séance de thérapie.
Un retour sur scène stimulant, d'une intensité saisissante et convaincante pour ce groupe jadis célèbre, on ose espérer qu’ils continuent à enrichir leur discographie future. Pas pour les âmes sensibles ou ceux qui recherchent une gratification instantanée.
PISTES / TRACKS
- 1- Transe (9:03)
2- Crise de Foi (8:20)
3- Plume de Plomb (5:20)
4- Nostalgie (15:20)
5- Frustration (9:07)
6- Gnomes (10:20)
7- Cochon de Laid (7:30)
8- Igor S (7:11)
musiciens / musicians
Gilles Coppin - Keyboards
Jean-Philippe Brun - Violin
Cedric Monjour - Guitars
Geraldine LeCoq - Vocals
Romain Troly - Bass
Philippe di Faustino - Drums



