
CHRONIQUE / REVIEW
Beat
Neon Heat Disease Live

Releases information
Release date:
September 25, 2025
Format:
CD, Digital, Vinyl
Label:
From:
InsideOut Music / Sony Music
USA
Alain Bourguignon - December 2025
8,4
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Compte tenu qu’il existe un version 2 CD / 1 Blu Ray, c’est à ce dernier format que je fais référence. L’image en plus de la musique, l’action qui complète chaque détail sonore, le partage avec le public qui est d’autant plus manifeste.
Nombreuses sont les formations de Rock Progressif (au sens large) qui ont rencontré moult difficultés pour aborder, puis traverser, les années 80. Certains y ont perdu leur âme, d’autres ont ménagé des concessions aux courants dominants : New Wave (et dérivés), Post Punk, Electro (Dance, Synt-Wave) avec des fortunes diverses. Des leaders du genre ont failli y laisser des plumes ! Comment KING CRIMSON a-t-il géré la période considérée ?
Tout d’abord avec un équipage dans lequel Adrian BELEW s’est imposé comme un co-auteur incontournable à partir du début de cette décennie. Le virage, sec, en épingle à cheveux, a été négocié sans hésitation. La fausse trilogie colorée « Discipline » (1981), « Beat » (1982) et « Three Of A Perfect Pair » (1984) marque le début de cette collaboration parfois houleuse. Oubliez la voix de miel de Greg LAKE ou de John WETTON, BELEW est davantage dans la narration, l’invective et l’approximation. Out également les claviers de Peter SINFIELD, le violon rêveur de David CROSS, la guitare ou le Mellotron de John WETTON, le saxophone chaleureux de Mel COLLINS (il reviendra !), les interventions multi-instrumentistes de Ian McDonald. Le line up de ces trois disques se décline comme suit : Robert FRIPP dans son propre rôle, Adrian BELEW (chant et guitare), Bill BRUFORD (batterie, percussion) et Tony LEVIN (chant d’accompagnement, basse, Chapman stick). C’est sec, à l’os, épuré. L’une des bases du Math Rock vient d’être posée.
Nous le savons, Adrian BELEW avait reçu l’adoubement de Robert FRIPP pour faire revivre cette musique exigeante en live. Pour se faire, il a choisi Steve VAI comme autre spécialiste de la guitare, rappelé Tony LEVIN pour solidifier la section rythmique en compagnie de Danny CAREY (TOOL et plein d’autres choses). La tournée américaine (du Nord, du Centre [Mexique] et du Sud) a suivi (2024-2025) sous la houlette d’Angelo « Scrote » BUNDINI, quelqu’un de fiable dans le genre « tourneur/organisateur » qui sait ce qu’il fait. Le meilleur support est, bien entendu, le Blu Ray. Outre le choix entre une piste stéréo de qualité et l’option 5.1 souvent séduisante, il y a l’image. Dans le cas qui nous occupe, priorité a été donnée à la prestation des musiciens. Backdrop à l’effigie de cet éléphant joliment coloré, scène sans chichi, éclairages efficaces fonctionnels, confortables qui préservent une vue bien dégagée d’ensemble ou détaillée, des faits et gestes des musiciens. Excellente idée qui colle impeccablement au contexte.
La setlist mélange l’intégralité des pièces de « Discipline » avec un nombre significatif de morceaux extraits de « Three Of A Perfect Pair » et, dans une moindre proportion, des compositions de « Beat ». Il restera un « Red » particulièrement incandescent pour la fin puis une version épatante de « Thela Hun Ginjeet ». Détailler chaque interprétation serait terriblement fastidieux. Adrian BELEW, généralement hilare, est le meneur de jeu. Il parle, chante, crie, vocifère, maltraite ses guitares (avec une foreuse par exemple, sans doute inspiré par les solos au godemichet de Lips d’ANVIL, bref il est à la fête ! Steve VAI, sobre, assure ses parties avec imagination et créativité tout en restant dans les clous. Il semble quelque peu coincé dans un respect non feint pour la musique qu’il interprète. Tony LEVIN joue de ses instruments, accompagne le chant lead, toujours pondéré et photographe lorsqu’un instant le lui permet. Danny CAREY, qui en a vu d’autres, offre une prestation brillante et décontractée.
La première partie décoiffe vigoureusement. Il y a de la folie, des dissonances, des notes de guitare extrêmement rapides et entrecroisée « Frame by Frame », des polyrythmies étourdissantes et beaucoup de technicité. C’est assez aride si l’on n’est pas habitué. La mélodicité n’est pas une priorité et ces pièces ont été élaborées dans le but de secouer, d’interpeller, de susciter d’autres canaux perceptifs « Industry », « Lark Tongues III ». La sécheresse de « Dig Me », pourrait être un véritable repoussoir pour certains auditeurs qui n’y percevrait que du bruit (ce qui n’est pas fondamentalement faux). Ils se retrouveront davantage dans « Heartbeat » qui semble une ballade au milieu du reste. L’improvisation est reine dans le cas de « The Sheltering Sky » qui totalise largement 15 minutes. Tony LEVIN fait des merveilles au Chapman stick dans l’instrumental orientalisant « Satori In Tangier » et participe à la basse et aux claviers dans « Industry ». Son jeu funky donne une magnifique coloration à « Sleepless ». La reprise, après la première partie, voit Coray TAYLOR seul jouer sur une batterie ténor quadruple, rejoint par le Monsieur Loyal de la soirée avant l’entame des premières notes de « Wainting Man ». Je n’ai pas, encore évoqué, la présence du public. La captation, loin de le négliger, nous montre l’enthousiasme des spectateurs et leurs réactivité positive. On se lève régulièrement pour marquer son approbation. Et, tant qu’à évoquer les interactions lors de ce concert, Adrian n’est pas le seul à montrer son enthousiasme, les échanges entre musiciens font plaisir à voir. Ce projet est, clairement, fédérateur. Un Concert qui mérite, largement, d’être entendu, vu et revu !
PISTES / TRACKS
- 1. Neurotica (04:30)
2. Neal And Jack And Me (06:18)
3. Heartbeat (04:07)
4. Sartori In Tangier (04:11)
5. Model Man (03:25)
6. Dig Me (03:38)
7. Man With An Open Heart (03:02)
8. Industry (10:08)
9. Larks’ Tongues In Aspic Part III (05:48)
10. Waiting Man (08:12)
11. Sheltering Sky (14:20)
12. Sleepless (06:04)
13. Frame By Frame (03:52)
14. Matte Kudasai (03:44)
15. Elephant Talk (05:02)
16. Three Of A Perfect Pair (04:13)
17. Indisicipline (08:56)
18. Red (05:54)
19. Thela Hun Ginjeet (08:17)
musiciens / musicians
Adrian Belew: Voice, guitars
Steve Vai: Guitars
Tony Levin: Bass
Danny CAREY: Drums



