
CHRONIQUE / REVIEW
Arianuova
Volevo Andare Altrove

Releases information
Release date:
November 3, 2025
Format:
CD, Digital
Label:
From:
Lizard Records
Italie / Italy
Thomas Szirmay - December 2025
9,3
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Daniele OLIA (guitares et claviers) fut un ancien membre de Qirsh, un groupe talentueux de Savona que j'ai particulièrement apprécié, et qui s'est désormais entouré d'une nouvelle équipe fort talentueuse pour cette nouvelle aventure, à savoir Luca BONOMI (batterie), Massimo ZANON (chant) et Michele SPINONI (guitares). Si cela va ressembler moindrement à Sola Andata (2013) ou à Aspera Tempora de 2020, considérez-moi ravi de cette perspective. J'avais donc très hâte de placer mes écouteurs sur mon crâne et de découvrir encore un nouveau groupe italien!
Arianuova donne le ton avec l'instrumental « Rota Fortunae », un arrangement oscillant entre les rendements classiques du RPI puis une approche et un son plus modernes, reposant sur une variété d'ornements de guitare électrique et de clavier, avec des basses caoutchouteuses et une robustesse élastique de la batterie. L'urgence illustrée sur « La Strada Buona » flirte proche d’une obsession insolite, le chanteur ZANON démontrant sa technique avec une maîtrise impressionnante, le morceau assez direct en intensité et en groove.
Mené par une rythmique de métronome qui fait un clin d'œil au classique Nick MASON, « Rainbow Bridge » éclate comme une supernova lointaine, aspergée de guitares métalliques et de claviers électroniques luxuriants. On ose même adjoindre une basse ambulante puis une voix persuasive qui suinte le psychédélique. OLIA et SPINONI tissent un véritable entrelacement de six cordes, mais ce rythme brutal et décontracté est vraiment juste un morceau exaltant qui prouve que la source d'inspiration de Pink Floyd ne va pas s'épuiser de sitôt, la guitare acérée tranchant la jungle synthétisée avec férocité. Démontrant une verve stylistique nette et convaincante, « Downfall » s'aventure dans des contrées des plus cosmiques, BONOMI dirige une rythmique lourdingue à la Hawkwind, incarnant le voyage et l'étendue galactique. Les différents effets vocaux rappellent même le très excentrique Robert CALVERT au timbre presque punk, une basse bourdonnante et implacable infectant pernicieusement les plaies du plaisir.
L'instrumental de 8 minutes+ « La Quiete dopo la Tempesta » est un point culminant de l’œuvre, un titre qui masque à peine la définition du calme suivant la tempête, mais avec nos Italiens, on ne sait jamais ce qui se cache derrière leur sourire parfois espiègle. Bien plus paisible que les trois morceaux précédents, les acrobaties rythmiques demeurent néanmoins parfaitement au rendez-vous, comme si la norme devait être maintenue pour fournir l'opiniâtreté nécessaire, BONOMI en particulier livre la marchandise. Les guitares colériques accélèrent le rythme en allumant des propulseurs pour mieux pénétrer l'œil paisible de l'ouragan, un ajout astucieux de guitares acoustiques et de flûtes sinueuses, la plateforme rêvée pour déverser un solo incandescent qui coule, gratte et brûle, tout à la fois. Sublime.
Mon valeureux grand-père m’a un jour décrit l'Italie, non comme un pays, mais plutôt un théâtre, et « La Commedia e Finita » prouve le point, l’expression cinématographique d'une tragédie comique parfois fâcheuse, dotée d’un laissez-faire partie intégrante de leur vieille tradition culturelle. Des champions en la matière, avec juste assez d'exagérations bien dosées pour faire rire ou pleurer le clown de Fellini. Musicalement, les synthétiseurs empruntent une route sinueuse telle un dompteur de lions dans l'arène ovale, claquant un fouet de temps en temps pour maintenir la tension, les chœurs massifs d’un public assoiffé d’émotions mais en plein accord avec l'événement, ovationnant à l'unisson. Incroyablement inventif et original.
Pourquoi ne pas offrir une épopée volcanique? Avec « L'Orologio che andava All'indietro », on peut aisément imaginer une horloge remontant le temps, une ambiance d'opérette jonchée d'immenses mellotrons avec ZANON récitant son histoire de façon convaincante, la cadence débitant un plaisir des plus ludiques. Les guitares électriques se déchaînent dans un bonheur gracieux, repoussées par les murmures électroniques clignant de nouveau de l'œil vers un « space rock » style Eloy et Hawkwind, heurtant des étangs ambiants miroitant de sérénité, avant de revenir sur la poigne d’une voix solennelle, une pointe agitée de désespoir, voire d’inquiétude. Cette extravagance de près de 16 minutes déferle sur toute la longueur de notre galaxie musicale, dans le seul but d'éliminer toute notion de temps passé ou à venir. Dans la dernière séquence, le contenu mélodique évolue en intensité, débordant d'une profonde tension vocale qui met habilement en valeur le flux de la douleur. ZANON donne tout un spectacle, très perspicace et superbement exécuté, aucune variation ne s'éternisant inutilement.
Un dernier tour de la roue de la fortune, « Fortunae rota volvitur » n'a pas Pat SAJAK comme animateur mais flotte un peu plus de 2 minutes comme un sombre reptile cherchant une crevasse humide pour se reposer, et de plus, je suis un vrai fanatique de toute finale ornée de chœurs massifs et celle-ci est impeccable !
Que dirais-tu d'une musique d'Halloween inattendue, hein ? « Ghost Track » met en scène des chiens hurlants de peur, des orages crépitants, des montres bruyantes, des cris de synthé fantomatiques, des crépitations soudaines de voix coléreuses et finalement, une splendide guitare houleuse et pénétrante comme la brume. Un album qui se termine par un public applaudissant sur une longue ronde de basse, eh bien, c’est du gâteau! ARIANUOVA a largement dépassé toutes mes attentes et pourrait bien se placer sur le podium du meilleur de 2025. Cela dit, c'est une heure (moins une minute pour respirer) d'extase, une étoile qui naît.
PISTES / TRACKS
- 1- Rota Fortunae (instrumental) (3:30)
2- La Strada Buona (5:20)
3- Rainbow Bridge (6:12)
4- Downfall (4:57)
5- La Quiete dopo la Tempesta (instrumental) (8:10)
6- La Commedia e finita (6:45)
7- L’Orologio che Andava Indietro (15:45)
8- Fortunae Rota Volvitur (2:10)
musiciens / musicians
- Daniele Olia- Keyboards, guitars, lute
- Massimo Zanon- Vocals
- Michele Spinoni- Guitars
- Luca Bonomi- Drums



