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ENTREVUE / INTERVIEW

Jacob Roberge

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Patrick Cossette - May 2026

NOTE: L'entrevue est trop volumineuse pour être traduite en un seul lien "Google Translate". La limite est de 5000 caractères. Merci de votre compréhension.

ENTREVUE/INTERVIEW WITH JACOB ROBERGE
RÉALISÉE PAR: PATRICK COSSETTE/PROFIL PROG

Patrick Cossette - Profilprog (PP): Nous avons le plaisir d'avoir en entrevue Jacob Roberge, cet artiste québécois qui a surpris la scène prog rock, au Québec comme à l’international, avec son premier album The Passing, largement salué par la critique en 2025.
Bienvenue Jacob, et merci d'avoir accepté notre invitation!

Jacob Roberge (JR): Merci beaucoup pour l’invitation, Patrick!

PP: Comment avance la composition de ton prochain album? Et est-ce que tu as déjà une idée de sa période de sortie?
JR: Ça avance bien! J’ai déjà quelques chansons de complétées, plusieurs thèmes écrits et une bonne dizaine de démos entamées. Ce qu’il me reste surtout à trouver, c’est la structure conceptuelle qui viendra rassembler tout ça. Je cherche encore un narratif capable d’englober toutes ces idées pour en faire une œuvre cohérente et satisfaisante. Pour l’instant, je vise une sortie autour de 2028.

PP: Le prog rock symphonique est souvent associé à des pièces longues et très structurées, parfois proches de la musique classique. Quand tu composes, comme pour ta longue pièce The Passing, est-ce que tu pars d’une narration, d’une structure globale, ou plutôt de thèmes musicaux que tu développes ensuite?
JR: La plupart du temps, ce sont les thèmes musicaux qui arrivent en premier. Une fois qu’ils existent, ils deviennent un point d’ancrage qui me permet de relier les différentes idées entre elles, autant à l’échelle d’une chanson que d’un album complet. J’aime aussi analyser les émotions que dégagent ces thèmes afin d’orienter le narratif dans une direction qui correspond naturellement à la musique. Dans le cas de The Passing, l’idée de faire une chanson sur les 5 étapes du deuil est venue très tôt dans le processus et donc, les thèmes auxquels je m'attachais étaient plutôt les différentes étapes (ou émotions) que chaque section de la chanson représentait.

PP: Dans ton approche du son, quelle place occupent les éléments orchestraux ou symphoniques? Est-ce que tu les vois comme un habillage, ou comme une composante aussi essentielle que les instruments rock traditionnels?
JR: De plus en plus, je considère les éléments orchestraux comme étant au même niveau que les instruments rock. Pendant la composition de The Passing, je ne savais pas encore jusqu’où il serait possible d’aller avec l’orchestration, donc elle occupait d’abord un rôle plus secondaire. Mais en réalisant l’album avec William, intégrer l’orchestre est devenu possible, ce qui m’a permis de pousser cet aspect beaucoup plus loin que prévu. Pour le prochain album, cette approche d’égalité est présente dès le départ. Il pourrait très bien y avoir une pièce entièrement voix-piano-orchestre, tout comme d’autres plus purement rock. J’ai aussi envie d’explorer davantage des instruments plus exotiques, donc je pense qu’on y retrouvera une grande variété de textures sonores.

PP: Est-ce que tu te vois continuer exclusivement dans le prog rock, ou est-ce que tu envisages d’explorer d’autres styles dans tes prochains projets? Car je sais que tu es très versatile.
JR: Ma passion première reste définitivement le prog. C’est une musique qui me pousse constamment à me dépasser et à repousser mes propres limites créatives et ça, c’est quelque chose que j’adore. Cela dit, je suis certain que je sortirai aussi des projets dans d’autres styles, probablement sous forme d’EPs. Une idée que je traîne depuis longtemps serait de revisiter des chansons singer-songwriter que j’ai écrites entre 12 et 16 ans, mais enregistrées aujourd’hui avec mon expérience actuelle. J’ai aussi vraiment envie de continuer à écrire pour d’autres artistes, dans une grande variété de styles.

PP: Tu as déjà joué et dirigé une comédie musicale (La Mélodie du Bonheur). Certains aspects du prog rock et de la comédie musicale se recoupent, notamment dans les histoires et les structures musicales. Est-ce un univers que tu aimerais explorer davantage, par exemple à travers la composition d'une comédie musicale ou d'un opéra rock?
JR: Absolument. La comédie musicale et le prog rock partagent cette même volonté de raconter des histoires à grande échelle, avec des thèmes musicaux récurrents et une forte charge émotionnelle. J’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de plonger dans cet univers avec Mission Tradition, une comédie musicale créée pour le Carnaval de Québec, mettant en scène ses figures emblématiques et présentée quotidiennement au Carnaval depuis maintenant deux ans. J’ai aussi un autre projet que j’avais commencé à écrire en 2016 et qui avait beaucoup de potentiel, mais qui n’a malheureusement jamais dépassé l’étape de quelques démos… À suivre!

PP: Quelles sont tes principales influences musicales, en dehors de Steven Wilson? Y a-t-il des artistes ou compositeurs qui t’inspirent particulièrement, ou que tu adores tout simplement?
JR: Une influence qu’on me rapporte souvent dans ma musique est Neal Morse, et je comprends pourquoi. J’adore son écriture grandiose, basée sur des thèmes à la fois accrocheurs et très émotionnels. Ces temps-ci, je suis aussi beaucoup inspiré par The Dear Hunter et Kalandra. The Dear Hunter propose un indie-prog extrêmement riche et sophistiqué sur le plan des arrangements, tandis que Kalandra, avec son folk-prog norvégien, m’inspire énormément par ses choix harmoniques et mélodiques. Je pourrais en nommer à l’infini, mais parmi les artistes que j’admire profondément, il y a aussi The Beatles, Rush, Big Big Train, Avenged Sevenfold, Styx et, plus récemment, Moron Police.

PP: Tu as des spectacles de prévus en 2026 au Québec. D'abord, en mai à Terra Incognita, tu joueras des pièces de Steven Wilson et de Porcupine Tree. Est-ce qu’on peut s’attendre à des versions acoustiques, comme lors de ton passage au Bal du Lézard l'an dernier, ou plutôt à une performance électrique?
JR: Le spectacle à Terra Incognita sera entièrement électrique, avec des versions fidèles des pièces de Porcupine Tree. C’est un concert monté spécialement pour le festival, une occasion pour nous de jouer la musique d’un de nos groupes préférés tout en partageant cette passion avec un public qui l’aime autant que nous. On me verra surtout à la guitare électrique, contrairement à mes spectacles solos où je suis davantage au clavier. Et inversement, Étienne, habituellement guitariste, prendra majoritairement les claviers! On aime bien échanger les rôles comme ça, ça garde les choses vivantes!

PP: Tu participeras aussi au premier Progfest à Québec en novembre. Est-ce que ce sera un concert centré sur tes propres compositions, ou aussi des reprises comme celles de Steven Wilson?
JR: Au Progfest, le spectacle sera principalement axé sur mes compositions originales. Je garde toutefois la porte ouverte à une ou deux reprises, mais rien n’est encore décidé!

PP: Tu as aussi une présence à l’international, notamment en Europe. Est-ce que des tournées ou concerts là-bas sont envisagés à court ou moyen terme?
JR: C’est définitivement un objectif, surtout en voyant l’engouement pour ma musique en Europe. Cela dit, la réalité logistique et financière rend ce genre de projet assez complexe pour un artiste indépendant. Je doute que ça puisse arriver dans la prochaine année ou deux, mais c’est quelque chose que j’aimerais au moins concrétiser après la sortie du deuxième album.

PP: Merci beaucoup, Jacob, d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. On te souhaite de bons concerts, et au plaisir de te voir à Terra Incognita!
JR: Merci beaucoup et à très bientôt!

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