CHRONIQUE / REVIEW

Suburban Savages

Demagogue Days

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Releases information

Release date:

March 5, 2021

Format:

CD, Digital, Vinyl

Label:

From:

Apollon Records Prog

Norvège / Norway

Patrick Cossette - June 2021

9,7

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Ah, ces fameux SUBURBAN SAVAGES. Un groupe norvégien pas comme les autres. Originaux à souhait. Éclectiques au carré. Sur leur nouvel album, tout comme sur leurs deux premiers, la musique part dans tous les sens. Et je ne dis pas cela négativement. Ça ne part pas dans tous les sens avec comme seul objectif l’exhibition de leurs prouesses techniques. Pas du tout. Ça part dans tous les sens parce que ça bouge, ça groove, ça surprend, ça captive. Ça affiche un son recherché, des arrangements vocaux intéressants, des beats irrésistibles. Leur musique est joyeuse, elle donne envie de danser, elle est mélodieuse. Un parfait antidote à l’ennui. Et leur musique est originale (je sais que moi je ne le suis pas, original, car j’ai déjà écrit plus haut que leur musique était originale, mais elle l’est vraiment). Ah, et leurs pochettes : toutes plus colorées les unes comme les autres. Album #1 sous fond jaune, pochette #2 adoptants le rouge, et CD aujourd’hui chroniqué présentant un calme bleu. Tout comme WEEZER, on pourra donc, si on le désire, identifier les albums de SUBURBAN SAVAGES à l’aide de couleurs; à la différence que ces derniers ne sont pas éponymes…

Classé RIO/Avant-Prog, SUBURBAN SAVAGES a été formé en 2007 par Trond GJELLUM, batteur du groupe norvégien PANZERPAPPA. D'abord sous forme de projet solo pour enregistrer des chansons qui ne convenaient pas pour PANZERPAPPA, Trond s’est rapidement adjoint de deux autres musiciens qui, avec lui, représenteront dorénavant le noyau de SUBURBAN SAVAGES : Thomas MEIDELL, multi-instrumentaliste (THE SAMUEL JACKSON FIVE, MT. MÉLODIE) et Anders Kristian KRABBERØD, bassiste du PANZERPAPPA susmentionné. S'est plus tard ajoutée en 2017 Mari LESTEBERG (FRACTION DISTRACTION) aux claviers et voix.

Quatre ans après l’album précédent, l’écoute de « Demagogue Days » ne dépaysera pas musicalement les connaisseurs du groupe. Le même style éclectique auquel la bande à Trond nous a habitués est encore présent. Un style fortement basé sur les claviers, avec de légères présences de madame la guitare. Mais ce nouvel opus renferme tout de même une nouvelle fraîcheur, avec de nouvelles idées (on dirait un puits sans fin). Alors que le CD précédent, « Kore Wa! », avait été composé principalement par Trond, « Demagogue Days » est le fruit des idées des quatre membres actuels du groupe. Le chant, en anglais, est également beaucoup plus présent sur ce troisième disque, avec cinq pièces chantées sur huit morceaux, alors que leurs deux premières offrandes ne contenaient respectivement qu’une et deux pièces avec paroles. Et qui dit paroles dit thème : un album sous le thème de la communication (et du manque de communication), composé en pleine pandémie.

« Aroused and Confused » (9,5/10) ouvre le bal avec huit minutes de basse très mélodieuse, de claviers prédominants, accompagnés de voix multiples; très efficace. « Taciturnity » (10/10) est à mon avis la pièce la plus aboutie de leurs trois albums. Mettez dans la marmite une tasse de GENESIS, une demi-tasse de IQ, un quart de tasse de GENTLE GIANT et un léger soupçon de YES, faites mijoter et savourez « Taciturnity ». Quelle chanson incroyable! Avec des voix envoûtantes, et un solo de guitare exquis (dommage que ce soit un des seuls endroits sur l’album où on peut entendre cette guitare). On enchaîne avec la pièce titre (9/10), qui commence avec une basse mélodieuse à souhait, pour aboutir sur une chanson assez simple et directe, mais avec un intermède semi-atmosphérique. Très réussie.

Le premier des trois morceaux instrumentaux, « Krystle Fox » (7/10), est peut-être le moins original de l’album. La mélodie se répète, on sent un peu moins d’inspiration. Mais la montée en crescendo vers la fin en vaut la peine. « Iconoclast » (8,5/10) contient des arrangements vocaux rappelant GENTLE GIANT (d’ailleurs, un des premiers mots chantés dans ce morceau est « Proclamation ». Subtil signe d’un hommage au gentil géant? Peut-être…). Cette pièce est séparée de la suivante par un court intermède, qui laisse ensuite la place à « Under Mirrored Skies » (9/10), sur laquelle la basse nous accueille, laissant à mi-chemin la place à un solo de guitare simple mais pertinent. La deuxième moitié de la pièce est plus rapide, alors que deux claviers se donnent la réplique dans une bataille épique. En conclusion de ce magnifique opus, « The Silence Afterwards » (8/10), sans parole, s’offre à nous sous forme de guitare acoustique sur fond de rythmique électronique, avec quelques passages électriques, le tout me faisant penser un peu à IQ.

Lorsque vous aurez écouté cet album quelques fois, je suis certain que vous vous surprendrez à fredonner plusieurs de ses passages. Mais pendant votre première écoute, à peu près chaque moment sera imprévisible. Vous serez déstabilisé. Vos oreilles et votre cerveau seront en ébullition. Après avoir repris vos esprits, vous pourrez profiter d’un album à la production superbe, qui offre un son moderne, mais sans renier le passé. Avertissement final: cet album n’est pas à écouter avant le coucher, car vous voudrez danser dans votre lit, et vos oreilles seront alors remplies de vers toute la nuit. Alors bonne nuit, chers lecteurs et lectrices, et à demain, pour vivre un autre jour… démagogue.

    1. Aroused and Confused (8:02)
    2. Taciturnity (6:21)
    3. Demagogue Days (3:55)
    4. Krystle Fox (4:32)
    5. Iconoclast (4:38)
    6. Let's Talk (1:38)
    7. Under Mirrored Skies (7:43)
    8. The Silence Afterwards (7:33)

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

𝐓𝐫𝐨𝐧𝐝 𝐆𝐣𝐞𝐥𝐥𝐮𝐦: Vocals, drums, percussion, programming, synths, drum-machines, samples
𝐀𝐧𝐝𝐞𝐫𝐬 𝐊𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐊𝐫𝐚𝐛𝐛𝐞𝐫ø𝐝: Bass, chapman stick, nylon string guitar, synths, e-bow guitar,
backing vocals
𝐌𝐚𝐫𝐢 𝐋𝐞𝐬𝐭𝐞𝐛𝐞𝐫𝐠: Vocals, keyboards, synths
𝐓𝐡𝐨𝐦𝐚𝐬 𝐌𝐞𝐢𝐝𝐞𝐥𝐥: Vocals, electric and acoustic guitars, electric sitar, bass VI, synths, theremin, omnichord, field-recordings, samples
𝐀𝐥𝐞𝐤𝐬𝐚𝐧𝐝𝐫𝐚 𝐌𝐨𝐫𝐨𝐳𝐨𝐯𝐚: Backing vocals