
CHRONIQUE / REVIEW
Quivira
Quivira

Release information
Release date:
September 4, 2026
Format:
CD, Digital
Label:
From:
Melodic Revolution Records
États-Unis / USA
Serge Marcoux - September 2026
9,0
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Quel bonheur que celui de vivre une belle surprise ! Pensez à cette bouffée d’émotions qui vous envahit délicieusement quand l’être aimé et des amis célèbrent votre anniversaire ou un accomplissement digne de mention. Il y a aussi la découverte d’un album ou d’un artiste dont vous n’aviez pas entendu parler et qui s’inscrit parfaitement dans la trame de la saison en cours ou des moments que vous vivez. C’est dans un tel contexte que je vous parle d’un nouveau groupe et de son premier album. Les deux portent le patronyme de QUIVIRA.
La nouveauté et la découverte pour celle ou celui qui rédige des chroniques est comparable à l’enfant qui rentre dans un magasin de bonbons. Tout est à dire et à écrire pour l’un et tout est voir et à goûter pour l’autre. Commençons donc par le commencement ! QUIVIRA est un nom qui semble rendre hommage à la « cité d'or » recherchée par les explorateurs espagnols au XVIe siècle. Il s’agit de beaucoup plus qu'un trésor perdu. QUIVIRA incarne la quête éternelle de la découverte créative et la fusion de l'histoire, du mythe et de la vision moderne. Mais plus encore, QUIVIRA était la terre ancestrale du peuple Wichita. Un lieu qui est maintenant la partie centrale du Kansas. Le groupe est d’ailleurs basé à Topeka, la capitale de cet état. Les explorateur espagnols, Francisco Vázquez de Coronado en tête, croyaient que ce lieu se situait dans les collines de silex du Kansas car un prisonnier autochtone les y avait diriger afin de sauvegarder son peuple. L’album « Quivira » raconte en parole et en musique cette histoire d’un autre siècle mais qui reflète encore cette quête de la richesse à tout prix et comment tous n’y succombent pas nécessairement.
Les deux principaux musiciens sont Lisa LARUE (REMATRINATION, 2KX, FEDERICO FANTACONE et solo) ainsi que son mari, John BAKER (FOREVER TWELVE, MARS HOLLOW et LITTLE GIRLS). Elle joue des claviers, compose et s’occupe de la programmation informatique. Il joue de la guitare, acoustique, électrique et basse, en plus de contribuer au chant. À ce titre, le chanteur principal est Jake LIVGREN (EMERALD CITY COUNCIL, PROTO-KAW). Quatre des onze morceaux offrent des paroles pour suivre l’album concept mais la musique et les titres servent aussi les moments clés de l’histoire. On peut aussi entendre Joe DENINZON, l’actuel violoniste de KANSAS sur une des pièces ainsi que EVAN STANLEY à la guitare sur une autre. Le projet est un heureux amalgame de thèmes historiques, de rock classique, de rock progressif et d’envolées cinématographiques suggérées par la nature principalement instrumentale de leur musique.
« The Coming of the Spaniards » est une formidable introduction. La musique, à la fois symphonique et cinématographique, propose des orchestrations de haut niveau. Lisa m’a d’ailleurs confié que c’était une passion pour elle. On ressent presque la ferveur religieuse souvent associée à la découverte du nouveau monde. La relance de la musique, après une brève accalmie, est fournie par une intervention de John BAKER à la guitare acoustique. Elle est de toute beauté, divine même. On comprend mieux la passion qui anime son jeu lorsqu’on sait que cette guitare était celle de sa mère. Son jeu sur cet instrument est une des clés de la réussite sur cet opus. Un violon, d’abord lointain, ouvre « The Benefits of Breathing Quietly ». Jake LIVGREN possède une vraiment belle voix. Ici, il la prête au membre d’une nation autochtone qui parle de son lien avec la terre et du bruit des chercheurs d’or. Le morceau permet d’entendre et de comprendre ce que Dame LARUE m’a expliqué en ce qui a trait à l’usage des instruments virtuels, batterie électronique comprise : ‘’J'utilise différents fichiers MIDI de batterie que je modifie ensuite, le fichier original ne sert donc que de modèle. Et Lisa ajoute : Personnellement, je ne vois aucune différence avec un claviériste jouant de la flûte, du saxophone ou tout autre instrument sur son clavier ! Et son talent pour utiliser les fichiers est assez sidérant. Les interventions au violon sont vraiment nombreuses et particulièrement réussies. L’instrumental « The Plains' Truth » est un de mes morceaux favoris. Le violon et le piano se partagent le début pour ensuite être rejoints par une instrumentation complète. Le violon tisse une trame dramatique à souhait. La rythmique assure en souplesse et le piano en profite. Nous survolons la plaine grâce à une musique qui se fait tantôt légère, tantôt ample. Le tempo sait aussi être rapide sur une lancée symphonique. Le piano sert d’ancrage avec la terre. Et il y a cette autre touche magique de guitare vers la fin. Superbe morceau !
« Quivira Bound » marque le retour du chant. Cette chanson peut rappeler KANSAS à de nombreux auditeurs. Que ce soit par le son, l’usage du violon et cette capacité d’offrir un progressif accessible et hautement mélodique. Elle parle aussi du mirage doré des hommes et que cette terre n’était pas à prendre. L’histoire suit son cours et la musique avance. « Moving Forward » offre un tempo rapide. Le violon de Joe DENINZON occupe une place prépondérante jusqu’à l’intervention bien placée de la guitare électrique. Les interventions de la batterie sont particulièrement réussies. Les changements sont nombreux et claviers, violon et guitare interviennent à divers moments. Puis, nous suivons le guide des espagnols sur la pièce suivante. El Turco, comme il le nommait, ne cesse de faire miroiter ce qu’ils veulent mais n’atteindront pas. Ne serait-ce que parce que ce qui existe est ici la musique et non pas l’or de l’histoire. Le chant est courtoisie de John BAKER et nous avons droit à un puissant solo de violon pour conclure le morceau. De retour sur une piste instrumentale avec « Nothing is Everything ». Le morceau déborde d’énergie que ce soit grâce à la rythmique ou au piano de Lisa LARUE. C’est d’ailleurs ce dernier qui est joliment accompagné par un peu de violon dans la douce section médiane. L’apport rythmique relance l’action dans une poussée à saveur symphonique du plus bel effet. Puis le piano s’emballe et nous avons droit à une série d’arrêts et de départ. Enfin, la guitare acoustique revient et réussit à faire sa place. « Carved from the Sun » poursuit dans la veine instrumentale. Ce sont les claviers qu’on remarque le plus, notamment de belles lignes de synthétiseur. Les arrangements sont plutôt symphoniques mais la guitare électrique offre du tonus et il y a aussi une petite touche jazzée qui sied bien à l’ensemble.
« Kicking Rocks » est un court morceau dont le titre est assez révélateur. C’est énergique et rapide. La guitare électrique et un piano bien rythmé donnent le ton. Le solo de la guitare électrique ajoute plus de force encore. Il s’agit d’une bonne proposition après les deux longues pièces précédentes. Le passé et le présent se conjuguent sur « Weekend Conquistadors ». Le prélude où le piano s’offre magnifiquement à nos oreilles est savoureux. Puis une guitare électrique prépare le retour du chant. Le conquistador a troqué son cheval pour un Chevy et il roule vers l’ouest dans l’espoir d’y trouver quelque chose comme de l’or ou de l’espoir. Après avoir fait résonner le moteur rock, deux courtes phrases concluent la pièce tels des points d’interrogation. L’instrumental « Still Breathing » termine l’album en beauté et en caresse musicale. Avec QUIVIRA, Lisa, John et Jake offrent un mariage convaincant de la façon de créer un album, celle d’hier et celle d’aujourd’hui. Le trait d’union entre l’histoire et la géographie du seizième siècle et celles de ce jour campe un décor inspirant. De plus, le regard porté sur cette réalité autochtone y confère de justes émotions. Finalement, cette musique s’inscrit dans la filiation qualitative de KANSAS. Par le son et la musique de façon générale mais non dérivative. Jake LIVGREN est le frère de Kerry LIVGREN, un des fondateurs du groupe, en plus d’avoir participé à l’album « Somewhere to Elsewhere ». Finalement, John BAKER est le neveu de Kerry LIVGREN. Mais, plus important encore, les talents de Lisa LARUE sur ses claviers ainsi que pour les arrangements et les orchestrations font de cet album un incontournable pour votre plaisir musical. Voilà donc autant de raisons pour vous d’écouter attentivement QUIVIRA.
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PISTES / TRACKS
- 1. (Intro) The Coming of the Spaniards (3:54)
2. The Benefits of Breathing Quietly (5:56)
3. The Plains' Truth (6:49)
4. Quivira Bound (5:33)
5. Moving Forward (6:51)
6. The Turk/Follow the Wind (5:58)
7. Nothing is Everything (7:34)
8. Carved From the Sun (8:03)
9. Kicking Rocks (4:20)
10. Prelude to Anywhere/Weekend Conquistadors (5:45)
11. Still Breathing (5:58)
musiciens / musicians
Lisa LaRue: composer, keyboards, VST instruments and computer programming
John Baker: guitars, bass, and vocals
Jake Livgren: Vocals
With
Joe Deninzon : Violin (5)
Evan Stanley: Guitar (9)



