ENTREVUE / INTERVIEW

NINE SKIES

WITH: ERIC BOUILLETTE / ALEXANDRE LAMIA

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ALBUM REVIEW

HERE !

Gerald Hawey & Philippe André

November 2019

FRANÇAIS - SEE BELOW FOR TRANSLATED VERSION

Profilprog (PP) : Bonjour Eric et Alexandre et merci de nous accorder de votre temps pour répondre à nos questions

Nine Skies : Merci à vous !

PP : Le second album de NINE SKIES parait rapidement après le premier (ndr : moins de deux ans), est ce à dire que les nouveaux titres étaient déjà prets à etre enregistrés ?

NS : Il est vrai que quand Return Home est sorti, nous avons eu de nouvelles idées quelques mois après, et la composition a vraiment commencé avec le morceau Burn my Brain que nous avons composé en Avril 2018 à Reading tous les deux.

PP : Sur ce nouvel album "Sweetheart Grips" vous travaillez avec des invités prestigieux, était ce dans l'idée de départ où l'apport de ces musiciens s'est il fait au fur et à mesure de la conception et de l'écriture de l'album ?

NS : Quand l'album a commencé à maturer musicalement au niveau des idées, nous avons voulu progressivement être accompagnés par des musiciens que l'on admire depuis toujours, donc oui au fur et à mesure, nous avons voulu oser ces collaborations et nous sommes très satisfaits de leurs superbes contributions.

PP : L'album est un concept basé sur la seconde guerre mondiale, pourquoi ce sujet en particulier car d'autres l'ont déjà abordés avant, voire au meme moment (KNIGHT AREA) ?

NS : Au tout début de la composition, nous n'avions pas dans l'idée de faire un concept album, comme Return Home. J'ai (Alex) juste trouvé les mots "Sweetheart Grips" au détour d'un documentaire qui m'a frappé tant le paradoxe du bien et du mal y était représenté. Et ce paradoxe est le fruit de la musique de Nine Skies depuis le début, un mélange brutal entre les ambiances aériennes et les ambiances plus anxiogènes, plus lourdes. C'était l'occasion rêvée d'exploiter un concept très intéressant, qu'Anne-Claire a pu également superbement développer à travers l'artwork (avec Steve Anderson) et les paroles.

PP :  Vous étiez 9 sur "Return Home", vous n'etes plus que 8, les 2 chanteurs ont été remplacés par une chanteuse, pourquoi ?

NS : Les 2 premiers chanteurs de Nine Skies ont décidé de quitter le groupe pour des raisons personnelles après la sortie de Return Home. Nous connaissions Aliénor depuis très longtemps et avions travaillé avec elle sur plusieurs projets auparavant, ce fut l'occasion de mettre en lumière sa voix par ce biais également.

PP :  Comment avez vous rencontré Aliénor FAVIER ? Quel est son parcours musical et autre avant de faire partie de NINE SKIES ?

NS : Nous connaissons Aliénor depuis très longtemps comme dit précédemment, elle était la chanteuse du groupe de metal progressif DXS et a suivi une formation vocale de conservatoire, et nous avions après collaboré sur plusieurs essais de projets avec toute l'équipe.

PP :  Peut on dire de NINE SKIES que c'est Eric BOUILLETTE et Alexandre LAMIA aidés des 6 autres ou est ce une plus grande démocratie ?

NS : C'est une démocratie car tout le monde apporte sa touche à l'édifice selon l'instrument qu'il pratique. En ce qui concerne la composition pure, nous composons tous les deux la base des morceaux, les structures, les ambiances recherchées, les mélodies, patterns, arrangements etc .. Et quand vient l'enregistrement, tous les musiciens proposent leurs idées et les enregistrent à travers ce squelette, ce qui donne le produit final. Il y a certains morceaux uniquement composés par Eric, d'autres composés uniquement par Alexandre, et d'autres composés à deux. Mais le morceau final est un résultat de chacun des musiciens, de leur talent et idées.

PP :  Quelles sont les activités des autres membres du groupe en dehors de NINE SKIES ?

NS : Nous sommes tous les deux professeurs de musique, notre batteur Fabien Galia également, notre bassiste Bernard Hery dirige des ateliers musicaux, notre guitariste David Darnaud travaille dans le domaine des cheminots, Anne-Claire enseigne les langues à Newbury et Aliénor travaille  dans le domaine de la vente viticole.

PP :  Eric comment gères tu le fait de meler vie personnelle et vie musicale au sein du groupe, puisqu'avec Anne Claire vous etes ensemble depuis longtemps ?

NS : Nous avons tous les deux des activités professionnelles dans l'enseignement bien différentes mais nous nous retrouvons autour de notre passion commune à savoir la musique lorsque nos calendriers nous le permettent. Pour la scène ce ne sera qu'une question d'organisation mais nous devrions nous en sortir !

PP :  Tu es professeur de musique à la HOGAN ACADEMY, NINE SKIES est il le prolongement de ton métier ou est ce un échappatoire pour t'aérer l'esprit en dehors de ta profession ? As tu d'autres passions en dehors de la musique ?

NS : J;ai toujours enseigné car pour moi la transmission de ce que l'on a soi-même recu en cadeau est primordiale. Voir ses élèves progresser en mêlant plaisir et travail est toujours gratifiant. Je suis aussi un passioné d'histoire des civilisations et des religions.

PP :  Tu collabores depuis plus d'un an avec THE ROOM, groupe de néo prog britannique, quelles en sont les différences avec ton statut dans NINE SKIES ?

NS : Dans Nine Skies je suis impliqué avec mon partenaire Alexandre Lamia depuis le début de l'aventure alors que je n'ai rejoins The Room qu'il y a deux ans. C'était déjà un groupe experimenté qui avait réalisé deux albums et signé sur label .Je vis une grande expérience musicale et humaine avec eux !

PP :  Tu joues aussi au sein de SKYLINES, groupe de reprises de CAMEL, ces derniers sont ils ta formation préférée ou seulement une parmi d'autres ?

NS : Le tribute à Camel a été créé par Scott Hunter à la batterie qui a officié avec Jethro Tull sur l'album Catfish Rising. Je préfère toujours la création à la reprise mais jouer la musique de Camel avec ces musiciens de talent est un vrai bonheur.

PP :  Tes participations récentes aux disques de DRIFTING SUN et NOVA CASCADE sont elles purement amicales où induisent elles une envie de découvrir autre chose, une autre façon de travailler ?

NS : Etre invité à collaborer sur ces albums fut un honneur pour moi. J'aime particulièrement l'univers des deux groupes et c'est toujours très enrichissant musicalement de se renouveller dans son jeu au service de projets différents.

PP : Alexandre, pour ta part en dehors de NINE SKIES, tu composes pour des disques solo, peux tu nous en dire plus ?

NS : J'ai sorti en 2016 et 2018 deux albums de ré-arrangement acoustique complet du répertoire post-1990 du guitariste de jazz rock Al di Meola, "Return to Renaissance I" et "Return to Renaissance II", j'ai également composé deux albums orchestraux solos "Syberia - A Musical Expedition" et "We Will be Safe", et je suis sur mon premier vrai album solo en trio appelé "Ingaro", avec en invité Tina Guo et Julie Elven. Je compose également de la musique de films pour des productions françaises, des courts-métrages pour youtube, de la fiction, de l'animation ou de la publicité. Tout est disponible sur ma chaîne youtube.

PP :  Nous sommes en 2019, très peu de musiciens désormais vivent de leur musique, qu'en pensez vous ? Est ce uniquement la faute à Internet comme on l'entend(trop)souvent ?

NS : (Alex) Il y a malheureusement beaucoup de facteurs qui rentrent en jeu dans ce domaine, comme la manière de se promouvoir qui a beaucoup changé, les majors qui accaparent beaucoup la scène, les médias qui promouvoient énormément uniquement le marketing de la musique et qui finalement laissent de moins en moins de place à une écoute large et variée au sein du grand public. Le conditionnement musical de notre époque est un frein à notre culture, en tout cas en France. En tant que musicien, nous subsistons grâce à l'enseignement principalement, et Internet est un superbe outil de promotion mais je pense plus que c'est l'époque en elle-même qui joue sur ce problème.

PP :  Croyez vous encore en l'avenir du cd physique ou etes vous comme beaucoup d'artistes, devenus des fervents supporters du 100% digital, car si notre génération achète encore des cds, la suivante n'en achète quasiment pas ?

NS : Nous avons foi au CD physique, car cela reste un vrai objet, et c'est presque ritualiste d'avoir l'objet en main, de voir l'artwork, d'ouvrir le CD, de le mettre dans sa chaîne hifi et d'écouter le CD. Le digital est super pour la promotion mais il réduit grandement l'authenticité d'un CD ou vinyle, autant que la qualité quelques fois.

PP :  Le retour du vinyl est il pour vous une mode ou un mouvement plus profond ?

NS : Il y a comme tout revival, une partie des gens qui utilisent le mouvement comme une mode, mais pour la musique et plus particulièrement le vinyle, ce mouvement est vraiment important pour redorer l'époque du vinyle et les gens reviennent naturellement au produit d'avant, à ce qui nous a permis à tous, auditeurs et musiciens, d'être qui nous sommes musicalement maintenant à travers le monde. Il y a cette authenticité dans le vinyle que les gens recommencent à ressentir et qui est de plus en plus forte.

PP :  Y a t il une question que l'on ne vous a jamais posé et à laquelle vous voudriez répondre ?

NS : (Alex) Pourquoi n'existe-t-il pas de ravioli daube à chaque restaurant de la planète?

PP :  Eric la dernière question est non musicale mais elle te concerne quand meme en tant que résident britannique, pro ou anti Brexit ?

NS : Ha ha ha ! Le vilain piège ! Je répondrai que pour moi le Brexit est une abération en soi mais paradoxalement le peuple a voté et revenir sur cette décision est considéré par beaucoup comme anti democratique, ce que je peux concevoir aussi.

PP :  Un grand merci à tous les deux pour votre collaboration et longue vie à NINE SKIES

NS : Merci énormément à vous pour cette belle interview et tous vos mots, on se revoit très vite en 2020 !

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