CHRONIQUE / REVIEW

BRUNO MOSCATIELLO & KAOLL

brazilian progressive soundtrack vol . 1

Releases information

Release date: March 30, 2019

Format: Digital, CD

Label: Masque Records

From: Brésil / Brazil

8,9

Serge Marcoux - November 2019

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

CHRONIQUE / REVIEW

CD

 

Le cinquième plus grand pays de la planète est une terre fertile, y compris pour la musique. Il va sans dire que les gens penseront aux genres qui y ont été créés, samba et bossa nova. Cependant, les amateurs éclairés de notre genre favori savent que le renouveau des années quatre-vingt-dix doit beaucoup aux musiciens brésiliens. À l’aube de cette décennie, le mouvement progressif existait en grande partie via les groupes néo-prog anglais et les rares survivants de la première vague. Bien sûr, la Scandinavie, l’Italie et d’autres fourbissaient leurs guitares, claviers et autres instruments. Mais l’Amérique allait contribuer à l’essor que nous connaissons actuellement. Et il serait justice que de souligner l’apport brésilien.

 

Dès 1990, QUATERNA REQUIEM produisait son premier album. En 1991, le grand SAGRADO CORAÇÃO DA TERRA produisait son classique « Farol da liberdade », APOCALYPSE, BLEZQUI ZATSAZ et VIA LUMINI présentaient leur premier disque. L’année suivante, la même que LANDBERK et ANGLAGARD, IL CASTELLO DI ATLANTE, etc., c’était au tour de DOGMA, ANIMA DOMINUM, TISARIS. D’autres suivraient sous peu, KAIZEN, ANGRA, RECORDANDO O VALE DAS MAÇÃS, HADDAD, etc. Cependant, l’effervescence de cette décennie n’a pas perduré de la même façon que d’autres lieux dans le monde. Malgré cela, nous avons eu récemment les excellentes productions de VITRAL et CARAVELA ESCARLATE. Et voici que nous arrive cet intriguant « Brazilian progressive rock soundtrack vol. 1 ».

 

À prime abord, on pourrait penser à une compilation progressive brésilienne. Ce n’est pas le cas. En 2017, la maison d’édition Red Clown lançait une série de publications indépendantes sur les questions politiques en Amérique latine. Leur plus récent projet, une bande dessinée nommée Rio de Lágrimas – Fábula (Rivière de larmes – Une fable), a été mis en musique par le guitariste BRUNO MOSCATIELLO. Les cinq premiers morceaux de son cru constituent la première moitié de l’album. Les six autres viennent de la mise en musique du livre Sob os olhos de Eva (Sous les yeux d’Ève) par le groupe KAOLL sorti en EP en 2017. L’ami BRUNO est le guitariste de ce groupe ainsi qu’un des compositeurs. C’est donc un projet fort intéressant dont les ramifications, comme on le constate, sont nombreuses. De plus, les visuels de la pochette et du livret sont très réussis, comme vous vous en doutez probablement. Ce qui est encore mieux pour les auditeurs que nous sommes, c’est que musicalement, il s’agit d’un excellent album de prog brésilien. Malgré deux sources musicales différentes quoiqu’apparentées par BRUNO, le résultat est étonnamment homogène. Les pièces proposées par M. MOSCATIELLO regorgent d’invités dont KLEBER VOGEL de KAIZEN au violon, CLAUDIO DANTAS de QUATERNA REQUIEM à la batterie et aux percussions, EDUARDO AGUILLAR de VITRAL à la basse et FABIO RIBEIRO de BLEZQUI ZATSAZ aux claviers, pour ne donner que ces exemples. Les musiciens de KAOLL ne sont pas à la traîne quant aux performances instrumentales offertes. On peut parler d’instrumental aussi par le fait qu’on ne retrouve aucun chant sous quelque forme que ce soit sur l’album.

 

La première pièce campe un décor progressif certain avec le ton très solennel donné par l’orgue d’église, le violon et les percussions. On continue dans une veine très symphonique avec une guitare floydienne en prime. Il faut dire que le style de BRUNO MOSCATIELLO appartient plus à l’école des guitaristes à la GILMOUR, LATIMER ou même SANTANA. Ce n’est donc pas nécessairement le nombre de notes et la vitesse du jeu mais plutôt les notes qui comptent, les notes qui font vibrer notre cœur et notre âme. Cependant, certaines de ses interventions permettent d’entendre sa capacité à aborder un style plus purement technique. Je pense à son intervention à la guitare sèche sur cette deuxième pièce, notamment. Pour la suivante, on demeure dans une atmosphère à la PINK FLOYD avec une guitare langoureuse sur une délicate tapisserie de claviers et de guitare sèche avec juste ce qu’il faut de basse. La rivière de larme s’écoule tranquillement mais ce n’est pas un long fleuve tranquille puisque le rythme s’accélère, la batterie vient appuyer les musiciens. La guitare semble suivre le tempo de la rythmique ou le dicter peut-être. Une excellente pièce qui met le jeu de MOSCATIELLO à l’avant-plan pour notre plus grand plaisir. Avec « Morte de sonho », c’est la guitare électrique qui pleure la mort du rêve sur fond de basse et de claviers. Une autre pièce où l’on peut ressentir les émotions transmises par la musique grâce au climat créé par les musiciens. « O último ato », c’est déjà le dernier acte des compostions solos de BRUNO. Une pièce raffinée qui permet de démontrer son talent de compositeur. Le piano apporte une intéressante variation et on y trouve aussi un solo de guitare joyeusement exécuté. C’est du prog brésilien à son meilleur avec juste ce qu’il faut de consonances latines.

 

La partie KAOLL du CD débute avec un synthétiseur sur lequel se greffe la rythmique et la flute. Le travail de YURI GARFUNKEL est notable dans le son de KAOLL. Son jeu est plutôt varié et ne porte pas automatiquement aux comparaisons. Le groupe apporte une nette touche de musique du monde à son univers progressif. « Sob os olhos de Eva », pièce titre du EP paru en 2017 et réédité pour l’occasion offre de multiples changements de rythme et l’occasion d’apprécier le jeu de tous et chacun y compris un solide solo de guitare électrique. L’exil du serpent qui suit est une courte pièce douce qui fait la part belle à la guitare sèche et à la flute. Elle met en valeur, tout naturellement, le caractère latin du groupe.

 

Avec « Kopernik », GARFUNKEL continue de nous enchanter, subtilement appuyé par ses comparses y compris à la guitare sèche et aux percussions et ce, jusqu’à un autre beau solo de guitare électrique qui la conclue de belle façon. L’année dernière, j’ai eu le plaisir de chroniquer le « Giordano Bruno » de OSCILLAZIONI ALCHEMICO KREATIVE et voilà que ce groupe brésilien consacre une chanson à ce philosophe, poète, mathématicien et théoricien cosmologique italien du seizième siècle. À l’instar des précédentes, elle est réussie, aucun faux pas à date. Quoique courte, « A rua contre os reis », la rue contre les rois, offre tout ce qu’on peut demander à un morceau progressif, flute, guitare électrique bien campée, effet sonore de foule, changement de rythme, le tout en moins de trois minutes. L’album se termine en beauté avec une pièce qui démarre sur des chapeaux de roues en évoquant le grand SANTANA, percussions et guitare électrique bien senties comprises. Mais le côté progressif de KAOLL emmène un changement de rythme et la flute prend le relais jusqu’à ce qu’un synthétiseur termine le tout en douceur. BRUNO MOSCATIELLO et KAOLL, une richesse naturelle supplémentaire gracieuseté du Brésil. Laissez-vous tenter!

 

PISTES / TRACKS

 

1- O acordo (1:37)

2- Bathala dos minautoros (4:35)

3- Rio de lágrimas (7:23)

4- Morte do sonho (2:59)

5- O último ato (3:46)

6- Sob os olhos de Eva (6:02)

7- O exílio da serpente (3:28)

8- Kopernik (2:54)

9- Julgamento e morte de Giordano Bruno (3 :36)

10- A rua contre os reis (2:52)

11- Dharma em chamas (5:50)

Musiciens / MUSICIANS :

 

Bruno Moscatiello – Electric and acoustic guitars (2, 3, 4, 5)

Kleber Vogel – Violon (1, 2)

Saulo Battesini – Keyboards (1, 2, 3), first electric guitar solo (3)

Claudio Dantas – Krums and percussion (1, 2)

Eduardo Aguillar – Bass (2)

Edu Varallo – Percussion (3)

Nana Mathias – Violin (3, 5)

Erico Jones – Bass (3)

Fred Barley – Drums (3, 5)

Fabio Ribeiro – Keyboards (4, 5)

Willy Verdaguer – Bass (5)

Tainan Cristina – Cello (5)

 

Kaoll:

Bruno Moscatiello – Electric and acoustic guitars (6, 7, 8, 9, 10, 11)

Yuri Garfunkel – Flute, brazilian10 string guitars (6, 7, 8, 9, 10, 11)

Gabriel Catanzaro – Bass, upright bass (6, 7, 8, 9, 10, 11)

Rodrigo Reatto – Drums (6, 7, 8, 9, 10, 11)

Janja Gomez – Percussion (6, 7, 8, 9, 10, 11)

Fabio Leandro – Piano (7, 9), keyboards (7)

Gabriel Costa – Glissando bass (6, 11), glissando guitar (6)

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