CHRONIQUE / REVIEW

lattemiele 2.0

paganini experience

Releases information

Release date: September 27, 2019

Format: Digital, CD, Vinyl

Label: Black Widow Records

From: Italie / Italy

8,5

Serge Marcoux - December 2019

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

CHRONIQUE / REVIEW

CD

 

Assiste-t-on à une deuxième période de la Renaissance en Italie? La première qui débuta aussitôt qu’au treizième siècle pava la voix d’un renouveau culturel non seulement dans ce pays mais à travers l’Europe. L’analogie avec le rock progressif n’est pas gratuite car pour la seule année 2019, BANCO, CELESTE, DALTON, GOBLIN, LE ORME, PHOLAS DACTYLUS, NUOVA IDEA, RACCOMANDATA RICEVUTA RITORNO ont offert de nouveaux albums. Tous ces groupes des années 70 ajoutent leur production à d’autres de la même époque qui ont fait des retours au cours des récentes années. Pensons à ACQUA FRAGILE, BIGLIETTO PER L’INFERNO, CHERRY FIVE, DELIRIUM, MAXOPHONE, MUSEO ROSENBACH, OSANNA et quelques autres. Il ne faudrait surtout pas oublier les nombreux jeunes groupes du même pays qui enchantent nos heures d’écoute. Hasard, ou pas, ce renouveau italien correspond à un renouveau du rock progressif en général qui semble vouloir bien s’installer avec, il faut le dire, des paramètres associés à notre époque, que ce soit la diversité des styles ou des ventes définitivement moindres que dans les grandes années. Cependant, ce dernier point s’applique à la majeure partie de la musique d’aujourd’hui si ce n’est les méga stars.  Ce préambule pour mettre la table à une nouvelle mouture d’un autre excellent groupe des années soixante-dix, LATTE E MIELE. C’est une version 2.0 qui nous offre l’excellent « Paganini experience » dont je vais vous parler. En effet, LATTEMIELE 2.0 est le nom du groupe qui a concocté ce nouvel opus en hommage à NICCOLÒ PAGANINI, le grand violoniste et compositeur italien du dix-huitième siècle. Après avoir rendu hommage à Bach et Beethoven sur les deux premiers albums qui datent de 1972 et 1973, c’est au tour de ce grand musicien de se voir accorder le même traitement. Beaucoup de connaisseur disent qu’il fut le plus grand violoniste de tous les temps. Il a fait ses débuts en spectacle dès l’âge de neuf ans. On disait de lui qu’il était le violoniste du diable que ce soit à cause de son apparence singulière, de son jeu hypnotisant ou des légendes sulfureuses ou sordides qui circulaient sur son compte. On dit aussi de lui qu’il fut une des premières rock stars dues à son intense train de vie impliquant drogues, alcools et femmes. 

 

MASSIMO GORI, bassiste et chanteur, et LUCIANO POLTONI, claviériste, font partie du LATTEMIELE nouveau. Ils se sont joints au groupe à compter de l’excellent « Aquile e scoiattoli ». C’est donc dire qu’on ne trouve aucun musicien associé à la création du groupe et aux deux très bons premiers albums que sont « Passio secundum Mattheum » et « Papillon ». Pour compléter l’équipe actuelle, on retrouve un nouveau batteur, MARCO BIGGI, qui a collaboré aux récents efforts de GARYBALDI, autre retour, et de PAOLO SIANI & NUOVA IDEA. Et que serait un album sur PAGANINI sans violon? C’est pourquoi la talentueuse ELENA AIELLO a rejoint les rangs de cette nouvelle mouture. Elle est d’ailleurs diplômée du Conservatoire NICCOLÒ PAGANINI de Gênes. D’emblée, je précise que ce disque s’inscrit merveilleusement bien dans la continuité du groupe et du son progressif italien si caractéristique que nous connaissons. Quoique relativement court, avec une quarantaine de minutes de musique, son écoute est éminemment satisfaisante. 

 

Comme il se doit, ce sont des notes de violon qui percent le silence. Mais après une trentaine de secondes la rythmique s’en mêle et « Inno » prend son envol. Lorsque que LUCIANO POLTINI ajoute son orgue, on se demande s’il s’agit d’un hommage à KEITH EMERSON plutôt qu’à PAGANINI tant les trente secondes suivantes vous rappelleront son jeu sur « Tarkus ». Cette courte pièce avec du punch joue la carte du power trio, à la ELP ou LE ORME, additionné d’une violoniste et ce, pour notre grand plaisir. Avec « Via del colle », nous avons droit à un changement de registre. C’est un morceau doux et romantique avec la voix de MASSIMO GORI qui convient parfaitement bien à un morceau progressif typiquement italien. Un bien joli travail de Dame ELENA Aiello servi par le son symphonique italien à son meilleur. La plus longue pièce de l’album débute avec du piano qui est rapidement remplacé par le trio orgue, basse et batterie sur lequel chevauchent les notes de violon. Sur cette pièce aux changements multiples, on remarque particulièrement le beau travail de l’orgue et du violon. Douceur, nostalgie et mélodie caractérisent la première des pièces cantabile, soit « Cantabile 2019 ». Ce sera aussi le cas de celle qui clôt le disque, « Cantabile 1835 ». Il va sans dire que ces deux morceaux mettent en valeur le violon et l’approche symphonique de LATTEMIELE 2.0. Ce sont de très beaux moments de musique. De son côté, « Porto di notte » se caractérise par un solo de guitare électrique bluesé de M. GORI, très GARY MOORE, et par un joli solo de synthétiseur. « Charlotte », fille d’un chef d’orchestre londonien dont RAGANINI tombe amoureux à l’aube de la cinquantaine, exsude encore romantisme et douceur sur nappes de claviers et violon.  La danse de la lumière, « Danza di luce », est une pièce très symphonique qui débute avec un son de grand orgue, et qui comporte aussi plusieurs sections, dont une aux accents un peu gitan, une autre réussite. La reprise du « Angel » de JIMMY HENDRIX peut surprendre. Mais PAGANINI traitait et utilisait son violon avec un brillant mélange d’amour, de violence et de technique. Ça vous rappelle quelqu’un? La version qu’en fait LATTEMIELE 2.0 est très personnelle et progressive. La guitare cède sa place au violon et au synthétiseur et bien qu’on reconnaisse la mélodie, la chanson s’intègre de belle façon au « Paganini experience » et devient autre. 

 

L’avenir nous dira si nous avons assisté à la renaissance de ce groupe italien ou si, comme nombre d’autres l’ont fait par le passé, ce ne sera qu’un excellent disque sans lendemains. Chose certaine, les amateurs de prog italien peuvent se régaler d’un autre excellent cru à consommer sans modération.

 

PISTES / TRACKS

 

1. Inno (3:55)
2. Via del Colle (5:15)
3. L'Ora delle Tenebra (6:26)
4. Cantabile 2019 (3:09)
5. Porto di Notte (4 :01)
6. Charlotte (2 :29)
7. Danza di Luce (6 :22)
8. Angel (5 :31)
9. Cantabile 1835 (4 :07)

Musiciens / MUSICIANS :

 

- Massimo Gori / Bass, guitars, vocals
- Luciano Poltini / Keyboards
- Elena Aiello / Violin
- Marco Biggi / Drums

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