CHRONIQUE / REVIEW

kaizen

aquila

Releases information

Release date: August 31, 2019

Format: CD, Vinyl

Label: Auto-Production / Self-Released

From: Brésil / Brazil

9,3

Serge Marcoux - December 2019

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

CHRONIQUE / REVIEW

CD

 

Quel est le trait d’union entre la province et la ville de L’Aquila en Italie et le Brésil? La réponse à six lettres, il s’agit de KAIZEN. Et quel est le trait d’union entre le groupe brésilien KAIZEN de 1994 et celui de 2019? Il s’agit du violoniste KLEBER VOGEL qui a réuni un nouveau groupe de musiciens et d’invités pour célébrer l’histoire, l’architecture et la résilience humaine. « Aquila » est donc le nouvel album produit d’un retour inattendu après un quart de siècle d’absence. Fondée en 1254, L’Aquila est le chef-lieu de la province homonyme et capitale de la région des Abruzzes. Une cité historique caractérisée, notamment, par son architecture, son histoire, des conquêtes et la religion. De plus, les lieux ont été profondément marqués par des tremblements de terre. Le plus récent date de 2009. Il a fait plus de 300 victimes et détruit partiellement la ville et presqu’entièrement le centre médiéval.

Dès le départ, « Gryphus » campe le décor musical. Le gryphon, animal mythique s’il en est un, symbolise le pont, un autre trait d’union, entre l’Est et l’Ouest, entre le monde des vivants et celui des morts. C’est aussi une pièce résolument symphonique et enjouée. Les amateurs de prog se souviendront du premier album, « Gargula », qui était placé sous le sceau du progressif symphonique. Ce nouvel opus n’échappe pas à cette mouvance, pour notre plus grand bonheur. Ne parlons pas d’un album figé dans le passé mais plutôt d’un album comme il s’en fait trop peu de nos jours, une époque où les guitares métalliques et les batteries lourdement martelées se retrouvent un peu partout. Ce n’est pas le seul indice d’une certaine façon de faire de la musique. La durée, une quarantaine de minutes et le découpage des pièces, trois de moyenne longueur et une suite elle-même divisée en quatre donnent aussi ce disque intemporel, un doux parfum un peu suranné.

 

Un premier invité de marque se joint au groupe pour « Gryphus », soit SERGIO HINDS, guitariste du groupe O Terço. Comme il se doit, il nous gratifie d’un bon solo de guitare judicieusement placé. Ce morceau aux multiples mouvements permet de découvrir un des nouveaux complices de M. VOGEL, soit le claviériste WAGNER ANDRE. Les échanges entre son synthétiseur et le violon de KLEBER VOGEL sont abondants et réjouissants au plus haut point. J’oserais même dire jouissif! Nous les retrouvons à divers moments de cette pièce mais aussi sur plusieurs morceaux. Avis aux amateurs, le disque regorge d’interventions sur cet instrument. On découvre également un peu de son talent au piano dans une portion plus calme. D’emblée, j’ai eu le sourire aux lèvres. Celui-ci est resté accroché jusqu’à ce que je fasse rejouer le disque pour reprendre le doux processus. 

 

Avec « Mazara », j’ai eu la confirmation de tenir un top ten de ma sélection 2019. Que ce soit grâce à un autre invité, ROBERTO CRIVANO de QUATERNA REQUIEM à la guitare dix cordes, où au jeu époustouflant de KLEBER VOGEL, aux multiples rebondissements musicaux, à la mouvance mélodique irrésistible ou encore aux remarquables performances de WAGNER ANDRE, tant par un solo d’orgue que son jeu de synthétiseur, j’ai été conquis par ce morceau. À plus forte raison grâce à un deuxième invité, le violoniste MARCUS VIANA du grand SAGRADO CORAÇÃO DA TERRA. Son jeu de violon nous parvient par le canal de droite et celui de KLEBER VOGEL du canal gauche.  « Vecchio castello », le morceau le plus rock, avec une petite touche à la KANSAS, continue dans la même veine de plaisir. Ce vieux château est le même prétexte musical que MOUSSORGSKI a utilisé dans « Les tableaux d’une exposition », soit les forteresses d’Aquila. Soulignons que cette cité était caractérisée par ses 99 châteaux, 99 fontaines, 99 églises et 99 places publiques. Il faut dire que la cité est le résultat de la fusion de nombreux villages. Il est intéressant de noter que le plus récent album de QUATERNA REQUIEM, « O arquiteto » paru en 2012, où l’on retrouvait M. VOGEL au violon, portait sur l’architecture et a un petit air de famille avec l’album dont il est question dans cette chronique.

 

Pour s’imprégner de la « Suite Aquila », il faut d’abord franchir la porte sainte. Comme il se doit, « Porta santa » commence avec le son de l’orgue d’église et se termine avec des cloches. Les fidèles qui franchissaient cette porte obtenaient le pardon de leurs fautes tel que promulgué par le pape Célestin en 1294. Cette première section accueille aussi des invités, soit PAULO TELES à la flute et MARQUINHOS DOS SANTOS à la basse. Elle correspond totalement à la veine symphonique citée précédemment. « La Fontana » débute sur de beaux accords de basse de DIDIER FERNAN, le bassiste régulier du groupe. Il est aussi celui qui a mixé et masterisé l’album. C’est un morceau sur une fontaine un peu mystérieuse car on ne sait pas d’où provient l’eau qui s’écoule de 99 gargouilles. Celles-ci ont été construites en rappel des 99 châteaux qui ont contribué à la création de la cité. C’est une très belle section, douce et introspective. C’est joliment réussi et en plus du violon, M. VOGEL y joue du bandolim, une mandoline à fond plat que l’on joue principalement au Brésil et au Portugal.

 

Les choses se corsent avec « O grande sismo ». Comme je l’indiquais en début de chronique, cette cité historique a subi de nombreux séismes au cours de son histoire. La musique reflète cette intensité, cette gravité si ce n’est un passage plus calme qui précède la fin alimentée par la guitare énergique d’un autre invité, DANIEL ESCOBAR. « Canto das almas », la chanson des âmes, marque le calme après la tempête et le retour des deux violonistes qui occupent les mêmes canaux que précédemment. Cette douce section reflète néanmoins la gravité des événements qui ont marqué la cité et occasionné des pertes de vie. Tel un phénix, L’Aquila a toujours su renaître de ses cendres et montrer la résilience de sa population. « Fenix » offre donc une finale joyeuse, festive et énergique. Un festival de claviers et de violon. WAGNER ANDRE et ANDRÉ MELLO, claviériste de TEMPUS FUGIT, font virevolter leurs doigts sur des minimoogs et KLEBER VOGEL son archet sur les cordes de son violon, accompagné de belle et bonne façon par ANDERSON MACHEDO à la guitare et la solide rythmique de João Couto Neto à la batterie et Marquinhos dos Santos à la basse. C’est une excellente conclusion pour un album sans faiblesses.

 

Je souhaite sincèrement remercier M. VOGEL d’avoir été le lien, le trait d’union si vous voulez, entre le passé et le présent de KAIZEN, entre tant de musiciens talentueux du Brésil, entre la culture européenne et la culture brésilienne et surtout entre cette musique et nos oreilles. Muito obrigado M. VOGEL e KAIZEN.

 

PISTES / TRACKS

 

1. Gryphus (7:22)
2. Mazara (8:18)
3. Vecchio Castelo (6:00)
    Suite Áquila :
4. Porta Santa (4:15)
5. La Fontana (3:10)
6. O Grande Sismo (4:57)
7. Canto das Almas (1:47)
8. Fenix (3:48)

Musiciens / MUSICIANS :

 

- Kleber Vogel / Violin, bandolim (5)

- Wagner Andre / Piano, synthetizer
- Anderson Machado / Guitar (3,4,8)
- Didier Fernan / Bass (5,7)
- João Couto Neto/ Drums

With:
- Sergio Hinds / Guitar (1)
- Roberto Crivano / Acoustic & electric guitars (2)
- Daniel Escobar / Guitar (6)
- André Mello / Minimoog (8)
- Yasmin Andre / Flute (2)
- Paulo Teles / Flute (4)
- Marcus Viana / Violin (2,7)
- Marquinhos dos Santos / Bass (1,3,4,6-8)
- Jorge Mathias / Bass (2)

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