CHRONIQUE / REVIEW

Victor Go

The Leap

Releases information

Release date:

March 27, 2020

Format:

Digital, CD

Label:

From:

Uneasy Dreams

Ukraine / Ukrain

Marek Deveaux - June 2020

8,9

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TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

Cet album me fait penser à un citron. Vous découpez une rondelle, puis vous la pressez pour en tirer le jus qui aura des saveurs Pop Art aux ressemblances vocales de PREFAB SPROUT (excellent groupe !), vous récupérez la pulpe en guise de texture instrumentale aux oripeaux de YES, vous épluchez un zeste dont la couleur jaune vous évoquera le soleil et les plages de la côte Californienne aux fulgurances des BEACH BOYS, vous rajoutez un peu de sucre édulcoré pour une voix sobrement retouchée par le vocodeur et des sensations quelque peu synthétisées par de nombreux claviers. Vous mélangez le tout, vous goûtez et vous remarquerez qu'il manque l'alcool qui donne la force nécessaire à un cocktail totalement réussi. Même si cet opus contient quelques belles réussites, le recrutement de un ou deux comparses aguerris avec de l'expérience en la matière, auraient pu corser cette affaire en apportant une plus grande assise générale, mais ce n'est que mon humble avis... Nonobstant cette présentation, le multi-instrumentiste VICTOR GO qui est à l'origine de toute chose nous livre une quatrième épreuve singulière et digne d'intérêt, estampillée Crossover Prog. Ce monsieur déclame ses influences auprès des BEATLES, les groupes prog des années 70 comme YES, ELP, GENESIS, GENTLE GIANT, les icônes de la fusion jazz PAT METHENY, Al DI MEOLA, CHICK COREA. Le thème principal de cette galette porte sur l'année bisextile 2020 avec ses espoirs et ses alarmes.

Avec « Once Again » et cet album en général je ne peux m'empêcher de penser à PADDY MCALOON le chanteur de PREFAB SPROUT avec son phrasé reconnaissable entre mille, qui sera audible sur de nombreux titres à venir. Sur une base pop acidulée dépourvue de mélodie accrocheuse viennent se greffer des petits airs jazzy, un ou deux riffs de guitare très brefs, et de nombreux effets synthétiques et cinématiques. À 3:35 vous remarquerez un passage bien construit par un synthé éclatant joliment imbriqué dans un faux rythme, apportant un réel petit plus à ce premier titre. « 2020. Hopes and Alarms » commence comme du VANGELIS aux harmonies douces et aériennes, cousues par une jolie mélodie pianistique s'incorporant dans une orchestration cuivrée et électrique. Le ton s'assombrit et devient chaotique comme indiqué dans le titre, avec quelques roulements de batterie et une six cordes bien appuyée. « Last Hope » est quasiment un bis repetita de la première chanson avec, de plus, l'Impression flagrante d’écouter « Fly From Here » de YES mélangé une nouvelle fois à du PREFAB SPROUT... Je ne parlerais pas de plagiat, mais d'influences exagérément évidentes! « Pilot. Dream » contient du début jusqu'au final des multicouches de claviers éclairées, interprétées avec beaucoup de subtilité, un accord jazz fusion de bonne facture viendra parachever cet interlude très agréable. À se demander si ce n'est pas mieux sans le chant...?

« Tension » ne propose rien de vraiment nouveau avec le sentiment qu'on tourne un peu en rond. Ici on étale ses connaissances et ses capacités musicales sans y placer de structures qui tiennent vraiment la route, tout cela paraît superficiel et sans consistance, pas de mélodie fascinante pour nous interpeller, rien qui accroche les oreilles, je passe mon tour... « Pilot. Conceit » me captive déjà plus, sûrement en raison de l'absence de voix qui laisse libre cours à une instrumentation semblant improvisée et libérée de la contrainte vocale. Un jazz rock singulier partant dans tous les sens fusionne gentiment avec un panel électronique complet et des effets spéciaux des plus modernes, malgré une courte prestation on monte ici le niveau d'un cran! « Flywheel » débute par une guitare acoustique et un synthé aux allures néo-prog se dirigeant vers des sensations pop et folkloriques, épaulées cette fois ci par une vraie mélodie et un chant qui déambule plus facilement dans ce décor. Les arrangements sont bien plus cohérents et offrent des harmonies spatiales mieux positionnées. « Pilot. Anticipation » est une chanson ensoleillée aux sensations sucrées que les BEACH BOYS n'auraient sûrement pas reniée. VICTOR GO nous donne ici l'envie de voyager vers l'infini avec des instruments synthétiques et électriques imbibés de plénitudes harmonieuses, mais aussi par un chant irradiant qui nous invite à découvrir une vie idéale qui n'existe que dans les rêves ou dans les cieux... c'est agréable et finement joué!

Avec « 2020. Move On » on déboule sur le titre le plus long avec une approche incontestablement progressiste. En effet de nombreux genres sont audibles dans cette partition, on peut y entendre quelques fragments allant de KING CRIMSON à GENESIS, de YES à PREFAB SPROUT... encore ??? Mais heureusement cette marmite contient un bouillon bien mitonné, avec des claviers brillantissimes, des morceaux de guitares aux expressions diverses et pétillantes. Les parties calmes sont associées à des voix venant tout droit du paradis, sûrement des anges....? On y trouve quasiment tous les styles possibles et imaginables, constamment échafaudés par une musique avant-gardiste... la crémaillère vient de monter de deux crans d'un seul coup! « Pilot. Triumph » est une chanson enjouée, construite autour de violons et des chérubins positionnés en arrière-plan accompagnant un chant ressemblant à un barde ioulant son triomphe, pendant que le batteur tape sur ses fûts comme un KEITH MOON en éruption, un peu trop parfois! Cette épreuve harmonieuse pourra s'incorporer facilement dans une compilation pour voyager agréablement. « Everlasting Quest » se profile comme un entracte atmosphérique et futuriste, une gratte interprète quelques arpèges planants accompagnés par des voix vocodées et des effets spéciaux se réverbérant sur une toile cinématique... cette prestation se laissera écouter sans désemparer!

Cet album est parvenu à me surprendre allégrement et m'a conquis, et ce malgré les quelques faiblesses évoquées un peu plus haut. VICTOR GO mérite bien son nom d'artiste car il a, à lui seul, réussi le tour de force d'avoir tout produit de A à Z, d'avoir joué de tous les instruments et d'être à l'origine de toutes les voix! Cette oeuvre est un condensé complexe d'influences paradoxales au concept unique, fusionnant la pop à la musique prog, les deux genres se fondent admirablement de manière presque naturelle avec un résultat étonnamment atypique. Le modernisme et l'utilisation d'instruments qui le sont tout autant sont la base de cette production. Elle contient tous les symptômes d'une joyeuse griserie rayonnante, agissant sur nos neurones de façon quasi permanente. On ne pourra pas reprocher à VICTOR GO de nous transmettre le blues, car ici la musique donne la sensation de venir au-delà de nos frontières terrestres et nous suggère que le prog est ailleurs et qu'il doit rester positif.

    1. Once Again (5:15)
    2. 2020. Hopes and Alarms (3:39)
    3. Last Hope (6:54)
    4. Pilot. Dream (3:30)
    5. Tension (6:39)
    6. Pilot. Conceit (2:49)
    7. Flywheel (6:27)
    8. Pilot. Anticipation (4:24)
    9. 2020. Move On (8:37)
    10. Pilot. Triumph (3:09)
    11. Everlasting Quest (Bonus Track) (6:00)

    Total Time 57:58

PISTES / TRACKS

musiciens / musicians

Victor Go / All vocals
Victor Go / All instruments

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